Profitant de la propreté et de la fraîcheur provisoires procurées par la douche, je me vêts, sachant pertinemment que dans quelques minutes, cette sournoise humidité ambiante va reprendre le dessus et me refaire suer comme porc au soleil.
Je me réfugie donc dans le salon sous la climatisation tel un chat près du foyer d’une cheminée.
18:01
Je me rends subitement compte qu’un perfide coup de barre vient de me tomber dessus. Je regarde ma montre et après un calcul rapide, j’en déduis que je pourrais très bien piquer un roupillon salvateur avant de dîner. D’ailleurs qui dort dîne.
18:02
Afin de ne pas gonfler inutilement ma facture d’électricité, je coupe l’air conditionné du salon et rejoins la chambre à coucher.
18:03
Constatant qu’il y fait une température capable de faire fondre la Tour Eiffel en deux minutes, j’actionne la clim’ dans cette pièce. Ma note se chiffrera encore à 6000 yens ce mois-ci. Oubliant ces considérations d’ordre purement financier, je m’allonge sur le futon sous la brise divine, bavant d’extase à l’idée de rejoindre les bras de Morphée. Celle-ci doit d’ailleurs avoir de sacrés biceps maintenant, puisque je m’endors ainsi depuis trois ans et demi au moins une fois par semaine. L’époque où j’enseignais en primaire me poussait même, surtout en hiver, à répéter ce rituel quatre fois par semaine. Cette fatigue était provoquée par un nombre accru de cours, plus de temps passé dans les transports en commun, et l’énergie intarissable des gamins sans arrêt pendus à mes pieds, me harcelant sans cesse par des tentatives de caresse ou de capture de poils et des kancho fourbes.
18:05
Je commence à rêver des événements de la journée. C’est toujours une bonne base pour imaginer quelque chose de plus original.
19:00
L’alarme de mon téléphone portable me tire violemment du sommeil par les premières mesures de Gattsu Daze du groupe nippon Ulfulz. Le choc est brutal. J’étais loin, très loin. Je ne saurais dire l’heure ou le jour. Pendant une seconde, je crois même que nous sommes le lendemain et que je dois partir au boulot. Après une bonne minute, je reprends conscience, plutôt soulagé. Je ne comprends jamais pourquoi il m’est si difficile de sortir du lit après la sieste alors que le matin ne pose aucun problème…
19:05
Quelles merveilles mes talents culinaires vont-ils créer ce soir ? Pâtes ou curry ?
19:15
Je m’affale devant le tube cathodique en reprenant des forces.
22:50
Après plusieurs heures passées devant le petit écran ou le net, je récure l’émail en prenant soin de ne pas utiliser de produits plus durs parce sinon ça raille. Mais avec mon dentifrice : aucun risque. J’ai bien écrit « émail » et non « E.mail ». Je précise au cas où la phrase précédente vous semblait bizarre.
23:00
A contrecœur, je rejoins une nouvelle fois ma couche (je parle du lit hein, je ne suis pas encore incontinent) en priant pour que la journée de travail de demain se passe rapidement.
Fin.







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