Notez bien, chers ougleurs, ce jour d’une pierre blanche car je vais exceptionnellement cesser de casser du sucre sur le dos de l’éducation nationale nipponne. Après un nombre important de critiques sévères du système, il était temps de mettre un peu d’eau dans mon vin et de vous énumérer en vrac les bons côtés de la chose.
La force de ce système réside avant tout dans le fait de permettre à un grand nombre d’accéder aux études supérieures. Certes l’absence (à quelques exceptions près) de redoublement y est pour beaucoup et on trouve un peu de tout dans les lycées et universités. Pourtant au final, tout le monde a effectué plus ou moins sa part et peut intégrer sans problème le monde du travail. Bien sûr ceux issus des filières d’élite auront droit aux meilleurs postes. La recherche d’un emploi se réalise souvent avec l’aide de sa fac, un an à l’avance ce qui implique qu’à l’obtention du diplôme, les lauréats peuvent commencer à travailler immédiatement.
Dès le primaire, les enfants suivent des cours d’artisanat et de cuisine. Ils y apprennent le maniement des gros couteaux par l’épluchage de légumes ou de fruits, comment confectionner une omelette etc. La vue d’un gamin manipulant un coupe-chou plus grand que son bras pourrait rendre blanc de terreur certains occidentaux (n’est-ce pas Papa ?) mais au final, aucun accident n’est à déplorer. Je suis d’ailleurs toujours étonné de voir Naoko éplucher une pomme avec notre couteau de boucher.
Dans le même ordre d’esprit, on leur enseigne comment planter le riz (taue 田植え) ou comme dans l’une de mes écoles, récolter le thé. En outre, dans chaque établissement, on élève des poules, des lapins, des perruches ou encore des tortues.
Comme je viens de l’évoquer, les enfants sont chargés de la distribution des rations de cantine. Il n’existe pas de réfectoires en primaire : les pioupioux désignés doivent revêtir une blouse blanche, se couvrir d’un chapeau élastique blanc et porter un masque puis se rendre dans la pièce où de grandes marmites métalliques viennent d’être livrées. Pendant ce temps, d’autres vont prendre les bols et assiettes, d’autres les caisses de bouteilles de lait. Tout va être transporté en classe puis distribué et tout sera de nouveau rangé à l’issue du repas. Ces corvées ne s’arrêteront pas là pour autant puisque vient l’heure du ménage. Bien que réalisé très superficiellement et sans vraiment de sérieux dans de nombreux cas, le ménage démontre le pouvoir de la hiérarchie japonaise. Dans chaque zone à nettoyer (salle des profs, salle de la photocopie, toilettes etc.), un sixième année va superviser le travail de ses cadets, et attention si ceux-ci prennent cela à la légère. On retrouve ce schéma sur la route de l’école où des sixièmes années vont diriger un groupe d’enfants du même voisinage à bon port.
Enfin, les journées d’un écolier japonais restent courtes. Les cours ne vont pas au-delà de 15h35 et se terminent le plus souvent vers 14h40. Le jeudi après-midi (ou un autre jour de la semaine) est consacré aux activités sportives et musicales sous la forme de clubs. Ces activités ont lieu en plus des leçons normales de musique et d’éducation sportive. Ajoutez-y la préparation aux événements culturels comme le festival de l’école, la rencontre sportive annuelle (undôkai 運動会) et les différents matchs entre les écoles de la même région et vous comprendrez qu'on accorde beaucoup d'importance à la musique et au sport.






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