Ayant gardé un excellent souvenir du pavillon marocain lors de ma première journée à l’Expo en juin dernier, je me devais d’y retourner une deuxième fois. Un certain nombre de photos de cet endroit risque d’ailleurs d’occuper cet espace de temps à autre.
On apprécie en fait encore plus les lieux quand dehors le soleil fait fondre toute substance organique vous laissant ainsi comme un escargot séché. Dès l’entrée une sensation de fraîcheur se fait sentir avec un mur sur lequel coule un filet d’eau, sentiment renforcé une fois à l’intérieur par les climatiseurs et la relative pénombre du salon de thé. Une fois assis, on y passerait presque la journée.
De retour à l’extérieur, il s’avère très difficile d’affronter le mur de chaleur qui vous tombe dessus et la foule. Dans ces cas-là, rien ne vaut une bonne glace à l’italienne comme celle-ci. Avec ses quarante centimètres de long, il est vivement recommandé de l’ingurgiter le plus vite possible et de marcher en prenant garde de ne pas gratifier le bitume ou une de ces brutes de grand-mères d’une estocade sucrée et glaciale.
Les grand-mères… Après trois expéditions à l’Expo, j’ai remarqué que toutes se comportaient de la même manière : je double allégrement ceux qui font la queue, je bouscule tout sur un rayon d’un mètre autour de moi avec mon sac, j’obstrue le champ visuel de ceux qui se trouvent derrière moi en campant éternellement pile en face de la chose à voir etc. Bon, je dis « je » mais c’est pas moi hein. Je n’ai pas atteint l’âge de la retraite et encore moins celui de la ménopause. D’ailleurs je n’atteindrai jamais ce dernier mais passons…
L’une de ces furies en bob et lunettes de soudeur (car elles couvrent une grande partie du visage) me piétina si copieusement le gros orteil gauche que je crus un instant qu’il était passé en deux dimensions. Je portais des sandales et si la douleur fut intense, la surprise prit le dessus et je me contentai d’un « aïeuh » sans voix mais très explicite. Je m’attendais à recevoir un hochement de tête en signe d’excuse mais c’était croire au Père Noël. Mon agresseur continuait sa route en poussant sans un mot ceux qui se trouvaient sur son passage. Je l’imaginais se frayer un chemin à coup de machette dans une jungle hostile, peu concernée par les quelques insectes qu’elle pourrait écraser. Prenez garde donc à ce genre de personnes quand elles se déplacent en groupe : un troupeau de gnous demeure moins borné et plus délicat.






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