Dans la série « découvrons les symboles de l’été japonais », je ne pouvais passer sous silence les kakigôri かき氷 . Appelées shaved ice en grand-breton et dénuées à ma connaissance d’appellation dans l’Hexagone, elles se composent de copeaux de glace réalisés à l’aide d’une fine lame, et recouverts de sirop. Les stands spécialisés arborent toujours un drapeau sur lequel figure le kanji kôri 氷 (glace). Après quelques takoyaki, il nous fallait un dessert et Naoko opta pour le parfum mangue. Loin d’être fanatique de glaces à l’eau comme je peux le devenir en présence d’une crème glacée à la menthe avec petits morceaux de chocolat (je vendrais mon âme au diable rien que pour une bouchée), je dois avouer que cette saveur tropicale inédite n’avait rien de déplaisant.
Beaucoup de Japonais sont victimes du « coup du blizzard cortical » en ingérant ce type d’aliments. Etant génétiquement immunisé contre ce mal comme le reste de ma famille, j’éprouve des difficultés à comprendre ce phénomène. Un refroidissement brusque du palais provoque une sorte de choc thermique au niveau des sinus et dans le cerveau, similaire à une petite migraine de quelques secondes. Il existe même une onomatopée : ça fait kin キン. Beaucoup, pour éviter la douleur, s’efforcent de manger lentement et je ne manque jamais une occasion de jouer le mutant de service en vidant une glace dans mon gosier en moins de trois minutes. Cette insensibilité au syndrome de kin est parfois perçue comme un superpouvoir par mon entourage ou à l’école.
Voici comment je sauvai le bitume de l’Expo devant le pavillon canadien :
« Mon Dieu ! Que faire ? Elle fond à vue d’œil ! » s’écria-t-elle alors que des sanglots d’angoisse commençaient à rendre son appel au secours plus poignant encore.
« Ne t’inquiète pas ! Je m’en occupe. » lui répondit Super Iceman de sa voix chaleureuse et rassurante avant d’anéantir, sans sourciller, la partie coulante de l’iceberg à la vanille.







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