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Mardi 9 août 2005

Après une journée de repos à Nagoya bien méritée après le périple de vendredi, nous fîmes route dimanche vers le Nord de la préfecture de Gifu, vers Takayama, proche de la mer du Japon.

Nous avions renoncé à nous rendre à Shirakawago, une bourgade proche dans le style de Tsumago pour deux raisons : le coût prohibitif du trajet (15000 yens, environ 110 euros, l’aller-retour) et le manque de temps (huit heures de transport en tout). Rejoindre Takayama ne coûtait que 10720 pour quatre heures de route.

Ce village perdu en pleine montagne se caractérise par son nombre de temples, une palette de touristes très cosmopolites : Brésiliens, Indiens, Allemands etc. et une totale absence de jeunes. D’ailleurs il m’a été impossible de trouver une casquette, la chaleur quoique supportable se faisait néanmoins pesante sur le sommet du crâne. Tous les magasins proposaient un grand choix de bobs, ces couvre-chefs disgracieux, informes et grotesques, composantes inévitables de la panoplie du retraité sous ces latitudes. Cette forte présence du troisième âge influe néanmoins beaucoup sur la sérénité des lieux, à moins que ce ne soit l’inverse.
Un peu de calme ne fait pas de mal en tout cas, ce n’est pas ce brave qui me contredira.
Dans ce sanctuaire en pleine forêt, il me semble bien que nous avions atteint le niveau 1 sur l’échelle ouglesque de cambrousse. Pour ceux qui l’ignorent, cela ne m’étonnerait guère vu que je viens d’imaginer le concept, il existe plusieurs niveaux de cambrousse. Ceux-ci s’appliquent uniquement aux pays insulaires dont la nourriture principale demeure le riz et le poisson cru. Voyons cela en détails :

Niveau 4 : vous êtes entourés de voies ferrées, de gratte-ciels et d’autoroutes suspendues. Vous pouvez apercevoir une mauvaise herbe entre la série de trois distributeurs automatiques de boissons, lesquels apparaissent tous les 50 mètres. Il vous est impossible de prendre une photo sans qu’une pelote de fils électriques ne figure dans le champ. Les seules créatures animales présentes roucoulent sans arrêt de manière stupide.

Niveau 3 : Vous pouvez entendre les trains et quelques voitures passent à proximité. Vous oubliez souvent de noter l’existence des trois arbres qui ceinturent votre domicile.

Niveau 2 : L’air ne sent pas le super sans plomb, les étoiles sont visibles la nuit et le silence règne. La gare la plus proche se situe à trente minutes de vélo après les rizières, le magasin d’électronique et la salle de jeux.

Niveau 1 : Pas un fil électrique à l’horizon. De la verdure partout. Tout achat d’une canette de bière nécessite un trajet en voiture.

Niveau 0 : Pas un pékin, zéro béton… Vous ne pouvez vous trouver que dans une île déserte au large d’Okinawa.

Pour info j’habite dans un niveau 3.5 (je ne peux voir aucune autoroute de mon balcon).


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par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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