Pour Info

Oui d'accord, c'est écrit tout petit mais ce n'est pas une raison pour l'ignorer. Tout commentaire lié à ces critères, au rap, à Michel Drucker et à la défense des pigeons ne sera pas publié.
Une idée? Un conseil? Rendez-vous dans la
boite à idées ! Pour une explication des différentes rubriques, rendez-vous ici.




608.613
visiteurs et
2.541.670
pages parcourues
depuis le 8 mars 2005
 7  personne(s) exceptionnelle(s) actuellement en ligne.

1180 articles parus ou en attente de parution
101 en préparation


Calendrier

Septembre 2005
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    
<< < > >>

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Mercredi 14 septembre 2005

Lors de notre virée au temple d’Ichinomiya lors du festival de Tanabata en juillet dernier, nous eûmes le loisir de découvrir de nombreux stands offrant des victuailles de tout type ou des jeux. A proximité du vendeur de takoyaki, nous entendîmes une voix provenant d’un haut-parleur appâter les badauds et plus particulièrement les enfants pour la visite d’un train fantôme. Cette voix ressemblait fort, de par sa tonalité et son accent, à celle du comédien Aho no Sakata. Originaire d’Osaka, ce vétéran joue régulièrement sur les planches et continue de faire rire par ses zouaveries de nombreux fans dont je fais partie. A ce propos, Aho アホsignifie en dialecte du Kansai (région où se situe la deuxième mégapole du Japon) « crétin ». Aho no Sakata veut donc dire « ce crétin de Sakata ».

 

En nous rapprochant, nous constations que la personne qui tenait le micro n’était pas un petit homme mais bien une vieille femme enveloppée dans un pantalon aux couleurs douteuses. Apparemment très à l’aise dans sa peau, elle ne s’arrêtait de déverser des flots de paroles que pour reprendre son souffle. La chaleur et l’humour de ses mots transportèrent alors mes pensées dans le passé, en 1996.

 

En janvier de cette année, je n’avais pas encore atteint mes 22 ans, étant né en août, cela faisait quatre mois que j’habitais à Osaka en tant qu’étudiant d’échange en fac. Fraîchement débarqué chez les Tachibana, ma deuxième famille d’accueil, je commençais tout juste à faire connaissance avec le père et la mère. Celle-ci, d’une gentillesse extrême, et je dirais typique de la région, ne prenait que peu la parole. Son mari, intarissable moulin à parole, monopolisait souvent la conversation de ses monologues inoubliables. Avant cette année là, je n’avais pour ainsi dire quasiment jamais bu une goutte d’alcool. M. Tachibana, très expérimenté, me fit suivre un entraînement intensif. Tous les soirs, j’ingurgitais en sa compagnie, de la bière blonde, de la bière brune, du saké et du brandy. Curieusement, à cette époque, je n’étais pas sujet à la gueule de bois. Heureusement car je vois mal comment j’aurais pu tenir en cours le lendemain. Bref imbibé de boissons fermentées, les paraboles de l’homme tenaient du divin. Ce grand orateur perdait un peu de sa grandeur pour redevenir ossan quand après le dîner il venait ronfler de toute sa glotte devant la télévision.

 Image Hosted by ImageShack.us


Naoko et moi-même nous tînmes plus près encore de la harangueuse pour satisfaire mes appétits de voleur d’images. Alors que des cris de fillettes doublés de fous rires provenant de l’attraction se faisaient entendre, je me remémorais ma toute première expérience dans un tel train. A un âge où cette fascination pour les films d’horreur me poussait à en regarder une partie pour ensuite le regretter par des cauchemars insupportables, je ne refusais aucun défi. Apres tout, j’avais regardé la transformation de Michael Jackson en loup-garou dans Thriller sans trop paniquer et je suivais les épisodes de la Quatrième Dimension tous les samedis dans Temps X (avec Igor et Grishka, les jumeaux en pyjama argent entourés de figurants qui faisaient semblant d’actionner de gros boutons lumineux sur les murs d’un pseudo vaisseau spatial).
 

Pour me supporter dans cette périlleuse aventure, ma branche maternelle directe occupa le siège à ma droite. Au premier squelette qui fit « bouh », je fermai les yeux pour ne les rouvrir qu’à la sortie. Ce fiasco me fit honte pendant des années jusqu'à ce beau jour de juin 1999, à Osaka (la boucle est bouclée), où je pénétrais dans le manoir hanté de Bio Hazard. Inspirée du jeu vidéo éponyme (Resident Evil en dehors du Japon), cette bâtisse se parcourait à pieds, par groupe de quatre ou cinq. L’atmosphère glauque particulièrement réussie de certaines pièces (salle de bain sordide maculée de traînées de sang, lumières blafardes et bruitages malsains) était complétée par l’apparition soudaine de morts vivants. Il s’avérait particulièrement difficile de faire la distinction entre les mannequins inertes et les acteurs qui allaient vous attraper les chevilles en gémissant. Effrayant comme pas permis pour la plupart, ce monument de la peur était interdit aux enfants de moins de quatre ans. Je pense sincèrement qu’à moins de 13 ans et plus de 70 ans, on risque la syncope, règlement d’autant plus curieux que le jeu original est interdit au moins de 16 ans… Ayant absorbé un trop plein de films de ce registre dès le collège, aucune œuvre, à l’exception de The Shining de Kubrick et des Oiseaux d’Hitchcock, n’est parvenue à m’impressionner. Loin de me terroriser, cette attraction me plut cependant énormément.

 

Aujourd’hui, je continue ma quête du grand frisson. Je doute des capacités d’une vieille dame en caleçons longs en la matière, même si sa simple vue au détour d’un bois en pleine nuit pourrait me faire détaler jusqu'à perdre haleine et raison.

 
par Ludo publié dans : Cas sociaux
commentaires (7)   
Blog : Croyances sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus