Tous les étés, la municipalité de Nagoya organise un grand feu d’artifice en pleine ville. Cette année, pourtant, le ciel de la ville est resté bien morne, sans aucune belle bleue pétaradante pour le distraire. L’organisation d’un tel événement nécessite un encadrement important personnalisé par les forces de sécurité. Hors, la quasi-totalité des effectifs fut envoyée à l’Expo. La menace continue d’un acte terroriste en sol japonais rendait Aichi 2005 tout désigné. Rappelons que le Japon reste une cible potentielle suite à l’envoi de troupes en Irak.
Dès son entrée dans la gare de Linimo, les visiteurs traversent ce qui ressemble à une haie d’honneur composée de policiers. Cette forte présence rassure autant qu’elle intimide. Avant d’entrer sur le site, les bouteilles en plastique, même vides, doivent être jetées dans une poubelle prévue à cet effet, tout cela pour éviter les cocktails molotov. Les sacs passent ensuite aux rayons X après avoir été fouillés et leurs possesseurs doivent franchir un portique magnétique.

Dans l’enceinte même, les forces de l’ordre demeurent toutes aussi omniprésentes. Quand l’heure de la relève sonne, des garnisons entières se suivent en file indienne avant de subir un débriefing ponctué par un 了解 ryôkai (entendu !) très militaire.
Je soupçonnais la police nipponne de se complaire dans un état de léthargie en raison d’un taux de criminalité très faible, mais je constate avec joie que celle-ci peut se montrer convaincante quand elle le désire. Cela me fera oublier les fois où j’ai pu voir des flics suivre, plutôt que poursuivre des bandes de jeunes motards, fermer les yeux sur des grilleurs de feux rouges ou sur la propreté d’un restaurant.






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