Les mistigris courent littéralement les rues de toutes les agglomérations de l’archipel.
On compte ainsi beaucoup plus de chats errants que de chiens. On les trouve les plus souvent aux abords des immeubles, le jour de la collecte des ordures et dans les temples, lieux calmes, souvent entourés de verdure et malheureusement privilégiés lors d’un abandon.
Ils n’ont pas franchement la cote auprès des petits. Je me souviens avoir réalisé un sondage pour un article de presse au sujet des animaux de compagnie au Japon auprès de l’ensemble des élèves d’une de mes écoles. Je leur demandais quel animal familier ils préféraient et lequel ils détestaient. Les greffiers faisaient le plus souvent partie des malchanceux. Cette tendance s’inverse pourtant avec l’âge.
Le matou tient une place non négligeable dans le folklore. Dans le zodiaque nippon,
Il en est absent. Pourquoi donc me direz vous ? Laissez moi donc vous conter la légende (version Ougl).
Dieu, qui s’ennuyait ferme après avoir créé le monde tel un joueur fatigué de Sim City, fit rassembler tous les animaux lors d’un meeting. Il leur tint à peu près ces termes : « Afin de dynamiser mon entreprise, j’ai décidé que douze employés seraient choisi et promus successivement une année après l’autre et ce, de manière cyclique. ».
Le phacochère prit la parole : « Mais boss, vous voulez dire que ce seront toujours les mêmes qui bénéficieront d’une prime tous les douze ans ? ».
Dieu acquiesça : « C’est cela même. Je choisirais les douze premiers à arriver au boulot la semaine prochaine après le pont du 15 août. ».
Le pigeon, que toute la boite considérait comme pistonné et stupide, voulut faire part de sa détermination et lança un « Rrrooouuu », car c’est tout ce qu’il savait dire. Dieu, prit alors conscience du manque de qualification flagrant du volatile et ajouta son nom dans la liste des licenciements éventuels.
Le chat, las des réunions à répétition, n’avait écouté que d’une oreille et se renseigna auprès de la souris sur la date de la reprise du boulot. Cette arriviste sournoise, machiavélique et si culottée qu’elle se contentait d’un short rouge comme tenue de travail lui répondit : « C’est le 16. ». Hors cette année là, le 15 août tombait un lundi ce qui empêchait tout pont.
Le 15, la souris, profiteuse comme pas deux, fit route sur le dos du bœuf, prétextant que le co-voiturage était nécessaire pour lutter contre l’effet de serre les jours de forte chaleur. Arrivés sur place, l’infâme rongeur doubla le bovin et fut le premier animal à débarquer dans le bureau de la direction. Le chat lui, arriva le lendemain et ayant appris que les douze avaient été choisis la veille, promit de se venger de la souris sur plusieurs générations.
Le félin demeure pourtant symbole de chance et de prospérité, surtout lorsque qu’il passe sa patte avant au niveau des oreilles. On trouve dans toutes les maisons des statuettes, les manekineko 招き猫, représentant cette posture.
Beaucoup possèdent une queue atrophiée, très courte. On dit d’ailleurs que ceux munis d’une longue queue peuvent se changer en être humain. Ci-dessous le chat de Naoko, répondant au nom de Fukuchan (fuku 福 voulant justement dire chance), reste malheureusement incapable de réaliser ce prodige mais demeure incontestablement très doué quand il s’agit de se transformer en lampe. En réalité Naoko n’a pas pu résister à le prendre en photo après son passage chez le vétérinaire pour cause de blessures dues à une bagarre.







Commentaires