Suite (voir épisode précédent).
Nos papiers en main, nous repassâmes devant le bougre et insistâmes sur le mot « transit » tout en montrant notre autocollant. Toujours sans nous regarder et avec la même sympathie, il nous montra du doigt les files d’attente devant nous au bout desquelles nous pouvions apercevoir un deuxième barrage : l’immigration.
Nous commençâmes à nous aligner en queue de troupeau. Les files étaient perturbées ici et là par la présence d’énormes piliers qui rendaient leur tracé approximatif, les poussant à fusionner par endroit pour se rediviser plus loin.
Une heure plus tard, je me présentais devant un deuxième policier. Il se saisit de mon passeport et me demanda dans un anglais simplifié au maximum mais correct si j’avais le papier jaune : la carte de débarquement. Agacé par ce cirque, je l’informai que nous étions en transit et que par conséquent nous n’avions pas besoin de ce document. Il me tendit ledit document en me faisant signe du doigt de reculer pour laisser passer les suivants. Naoko m’imita et nous obéissions à cette logique implacable :
- Adresse en Chine : X TRANSIT
- Motif de votre séjour : TRANSIT
- Marchandises à déclarer : X TRANSIT
Je remis en premier ce deuxième papier inutile. Toujours aussi bavard, le type examina en long, en large et en travers et à la loupe pendant dix minutes mon passeport avant de marmonner qu’il fallait cette fois que je patiente sur la droite du comptoir, puis il donna un coup de fil et appela la personne suivante, Naoko. Dans le cas de mon épouse, les formalités furent achevées en 20 secondes alors que je me tournais les pouces. Pendant dix minutes, j’imaginais les pires scénarii, on m’avait confondu avec un dangereux dissident, on allait me faire subir les pires prisons et Midnight Express aurait eu l’air gnangnan à côté. Tout à coup, je vis au loin, un petit gros en uniforme s’approcher de nous. Il portait un petit coffret vieillot en bois. Le douanier lui remit mon passeport et celui-ci sortit de sa petite boite un tampon qu’il s’empressa d’utiliser, avant de remballer le tout et de disparaître. On n’imagine pas quelles responsabilités a cet homme !
J’étais enfin admis en sol chinois.
Naoko et moi comparâmes nos documents : le tampon utilisé sur le sien était rectangulaire alors que le mien était hexagonal (une coïncidence si vous voulez mon avis). A part ça, rien ne les différenciait.






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