Ayant manqué le dernier métro après la soirée du mariage de mon collègue, je décidais de rentrer à pied. Le trajet ne me prendrait pas plus d’une demi-heure de toutes manières.
Sakae demeure le quartier de Nagoya le plus animé mais certainement pas à n’importe quelle heure de la nuit. Si les néons éclairent toujours certains grands magasins, les rues semblent vidées de toute vie. On ne peut apercevoir que quelques rares piétons, souvent des étrangers, et le trafic routier se compose à 100% de taxis.
C’est dans cette ambiance légèrement oppressante que je suis tombé par hasard sur ce temple isolé en pleine pénombre. Cette atmosphère lugubre digne d’un film d’épouvante me fascina tellement que je la capturai avec mon Eos. Aux yeux d’un Japonais, le cocktail lieu de culte/nuit ou lieu paumé/nuit produit obligatoirement des apparitions ectoplasmiques. De nombreuses âmes crédules, terrifiées par la simple évocation du mot fantôme, ne songeraient pas un seul instant à apporter leur appareil photo dans un tel endroit. En fait, ils ne viendraient même pas.
J’espérais naïvement obtenir une shinreishashin mais il n’en fut rien. Je ne dois pas avoir l’esprit assez éveillé pour cela.







Commentaires