Chacune de nos virées à De La Fantasia se solde par un passage obligé au stand de victuailles turques, non seulement pour se remplir l’estomac de plein de bonnes choses bonnes pour la santé mais aussi pour éviter l’omniprésence de Pikachu, la bête à rayures que l’on retrouve jusque dans les boites aux lettres.
Des Anatoliens de pure souche vous servent avec le sourire d’authentiques kebabs non pas au mouton mais au bœuf ou au poulet. Lorsque nous sommes retournés sur les lieux la première fois après avoir tous deux travaillé à proximité, soient quatre mois plus tard, ils se souvenaient encore de nous ! Les Turcs n’oublient pas.
Nos préférences se portent sur la version volaillère dénommée « big ». Il s’agit en réalité d’une pita entière dont la taille a été adaptée au marché japonais puisqu’elle représente la moitié de ce que l’on peut voir en Europe. Le prix aussi n’a rien à voir avec le vieux continent. Il faut compter 600 yens (4 euros 50) contre 450 pour la version normale. Les Turcs sont malins.
A ce propos, « pita » se dit ピーターパン pîtâ pan et le personnage Peter Pan se prononce aussi ピーターパン. Les Turcs en rient aussi, surtout que la pita vient de Grèce.
Si vous vous retrouvez avec des morceaux de lycra verts entre les canines, cela signifie que vous avez ingéré ce personnage stressant repris par Disney et dans ce cas je vous adresse tous mes remerciements. Les Turcs, las de voir l’un de leur plat populaire réduit à un héros pour enfants, aussi sans doute.
Dans le fond, on peut apercevoir le vendeur de glaces taquiner les jeunes filles en faisant mine de leur tendre le cornet avec sa longue cuillère (non il n’y a rien d’obscène là-dedans) pour la retirer au dernier moment. Les Turcs sont séducteurs.
A force de vivre au Japon, j’avoue être de plus en plus la proie de fringales de viande salée (saucisson, merguez, lardons, jambon fumé, kebab ou petit salé). Si l’achat occasionnel de packs de 12 tranches grandes comme la paume d’une main de nourrisson, de 10 microns d’épaisseur d’un simili jambon de Parme à 400 yens (2.8 euros) parvient à me calmer temporairement, les effets du kebab demeurent plus intenses. Les Turcs sont forts.






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