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Mardi 1 novembre 2005

Ougl accueille aujourd’hui un grand moment de cuisine. Succulentes et d’une facilité de conception déconcertante, les nans au camembert (non, non ! Ne partez pas ! Revenez !) font partie de ces expériences culinaires que l’on se félicite d’avoir tentées.

Commencez par vous procurer des nans au supermarché (je les trouve par paquets de quatre) ainsi que du camembert. Personnellement je prends du camembert d’Hokkaidô, mais pas n’importe lequel : du Yukijirushi car c’est celui qui se rapproche le mieux des productions françaises.

Les indications suivantes s’appliquent pour un repas d’une personne. Disposez deux nans dans une assiette que vous placez dans le four à micro-ondes pendant trente secondes. Pendant ce temps, déballez le fromage et sortez la moutarde. J’utilise ce que je considère comme la meilleure au monde : la moutarde de Meaux à l’ancienne.

Sortez les nans du four, retournez les et tartinez en la base de ce délicieux condiment. Coupez votre camembert en quatre (ou en deux comme je le fais à cause de la taille initiale deux fois plus réduite que le standard français) et déposez un morceau sur chaque nan. Roulez le tout et dégustez. Vous m’en direz des nouvelles !

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par Ludo publié dans : Tribulations gustatives
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Lundi 31 octobre 2005

Les Japonais pédalent méchamment dans la choucroute quand il s’agit d’apprendre l’Anglais et sa grammaire traîtresse, comme nous l’avons vu la dernière fois.

J’attendais quand même plus de rigueur de la part du rectorat, mon employeur indirect, lorsque celui-ci faisait la réclame des menus des cantines de collège sur le thème de l’Expo (ici, le menu coréen). Cette campagne proposait en bas de la photo de chaque plat un petit encadré avec une recette (ici, le bibimba) avec pour titre le désastreux « Let’s cooking ». Pour les anglophobes, je rappelle que la syntaxe exacte demeure « Let’s cook ».

Le rectorat emploie 90 enseignants étrangers. Vous croyez qu’ils leur seraient venus à l’idée de nous demander de vérifier leur texte avant de publier ? Ca n’est pourtant pas le temps qui nous manque…


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par Ludo publié dans : Flançais et Engrish
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Dimanche 30 octobre 2005

Si mon nez subit les persécutions chimiques d’une bouche proche de celle d’une momie remplie de rillettes dans mon collège principal, l’odorat n’est pas le plus mal loti des cinq sens. Harcelée en permanence, mon ouïe a vite compris que l’harmonie et le calme au Japon font partie du passé.

On distingue deux catégories de nuisances sonores : les classiques et les avertissements.

Les premières arborent souvent un visage humain et demeurent ponctuelles.

Mes élèves et mes voisins appartiennent à cette catégorie, tout comme les pachinkos. On y retrouve des machines à sous du même nom, des sortes de Jackpot actionnés par le passage de billes de métal que le joueur actionne au moyen d’un bouton. Evidemment quand une trentaine de ces machines fonctionnent en même temps, le vacarme du défilement des billes s’en trouve multiplié. Comme si cela ne suffisait pas, une musique deux fois plus forte couvre le tout. Ces endroits restent bien insonorisés mais il suffit que les portes automatiques s’ouvrent quelques secondes au passage d’un badaud, pour que la rue toute entière revêtisse des airs de boites de nuit.

Plus énervant encore : les livreurs de mazout pour radiateurs individuels en hiver. Leurs camions effectuent des rondes dans le voisinage sur un air de musique vieillotte, une espèce de chansonnette interprétée par des enfants, digne des années cinquante. Seulement voilà, elle passe en boucle parfois pendant des heures, le temps que tout le monde ait fini de remplir ses jerricanes. Le week-end, elle vous réveille à 8h30, une heure inhumaine, et vous donne des envies de vous frapper la tête contre les murs.

Les rues restent souvent la proie de plusieurs malades. En période d’élection, les candidats installés dans leurs fourgonnettes en mouvement, ou aux abords des gares, crachent leur discours à une audience indifférente.

Durant les fêtes nationales, les fourgons noirs de l’extrême droite font hurler leurs haut-parleurs de chants guerriers de la Seconde Guerre. Le volume hallucinant produit par ces abrutis et leur concentration à Hiroshima a poussé la municipalité à interdire toute manifestation de ce genre. J’ignore si l’arrêté concerne aussi les campagnes électorales mais il s’agit d’une première. J’espère que cela inspirera Nagoya.

Le Japon vit dans un vacarme perpétuel. Les enfants semblent formés dès l’école primaire aux bruits. On les encourage à parler en groupe, on leur passe les mêmes sempiternelles musiques pendant la récréation et aucune plage n’est allouée à l’apprentissage du respect du silence. J’ai connu pendant deux ans et demi le lavage de cerveau occasionné par ces interludes abrutissants qui interviennent jusqu’à trois fois par jour, parfois pendant dix minutes d’affilée (deux à trois fois la même piste donc) : « the Sound of Music » version vibraphone, quelques airs classiques massacrés par une saturation des enceintes etc.

Plus innocents et pittoresques, certains commerçants ambulants comme les vendeurs de patates cuites ou de mochi (riz gluant malaxé) se font de temps en temps remarquer : « Du mochi grillé. C’est bon ! C’est chaud ! ».

 

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La deuxième catégorie demeure la plus insupportable à cause de son caractère inévitable et de sa cyclicité.

Prenons l’exemple des magasins. Si la plupart n’atteignent pas le niveau de Biccamera qui passe son slogan fétiche sur fond de saxophone assourdissant toutes les 20 secondes, beaucoup se rattrapent d’une autre manière. Dans la totalité des grands magasins, on trouve des escalators. La paranoïa produite par quelques rares accidents graves incriminant des enfants en bas âge (perdus de vue par leurs parents inconscients) a provoqué la mise en place d’annonces enregistrées qui se déclenchent dès lors que quelqu’un pose le pied sur une marche. Une voix crispante de jeune femme, qui s’acharne dans les aiguës, vous parle en ces termes :

« Prenez soin de tenir la rampe lorsque vous empruntez l’escalator et faites attention à vos pieds à l’arrivée. Ne courez pas et tenez les enfants par la main. ».

L’utilisation de tels moyens laisse penser que les Japonais ne savent pas emprunter un simple escalier roulant.

Cette impression se renforce quand on prend le train pour la première fois dans ce pays. L’achat d’un billet s’effectue aux distributeurs. Dans le métro de Nagoya, ceux-ci émettent un bip strident dès que le ticket sort de la machine, pour éviter les oublis. Je comprendrais que l’on m’avertisse de la sorte deux secondes après que le bout de carton apparaisse mais là, quelle que soit la vitesse à laquelle vous vous en saisissiez, vous vous prenez un bip dans les oreilles, comme un esclave se prendrait un coup de fouet gratuit.

Lorsque le train ou la rame entre en gare, une alarme retentit (ou vous perce les tympans comme à Fushimi) suivie d’un message similaire à celui-ci : « C’est dangereux donc faîtes attention. Le train arrive. Veuillez patientez derrière la ligne blanche. ». Franchement, si le créateur de « c’est dangereux donc faites attention » avait déposé cette formule, il serait aujourd’hui plus riche que le sultan de Brunei, car toutes les compagnies de transports ferroviaires l’ont reprise. Les usagers doublement prévenus sont ainsi invités à attendre derrière la ligne en question mais dans la pratique, tout le monde se tient derrière la ligne jaune pour aveugles, quelques dizaines de centimètres en retrait de la blanche, puisque, comme c’est dangereux, il faut faire attention.

Dans la gare de Meitetsu de Nagoya, un autre message agresse toutes les trois secondes pendant une demi-minute les voyageurs à l’ouverture des portes des wagons : « faites attention où vous mettez les pieds ». C’est dans ces moments-là que je rêverais avoir un lance-roquettes sous la main, histoire de pulvériser définitivement les haut-parleurs. Une fois encore, rien ne justifie un tel matraquage. On pourrait très bien avertir les passagers par un écriteau ou des autocollants sur le quai. Le recours à outrance aux voix enregistrées produit à cours sûr l’inverse de l’effet escompté. Ces voix importunent tout le monde et c’est pourquoi elles sont ignorées. Les accidents qui se produisent dans de telles circonstances prouvent l’inefficacité du système, et ce n’est pas KM qui me contredira.

Sur les chantiers, les véhicules ont aussi signé la guerre sonore. Dès qu’un camion recule, il va, au choix, produire un son aiguë digne des pires réveille-matins électroniques, ou ressasser infatigablement « je recule, je recule, je recule, je recule, je recule… ». Certains poids lourds, comme ceux qui livraient des poutrelles en acier à la tour en construction en face de chez moi pendant tout l’été, passaient pendant des heures durant une version Game Boy de « Lettre à Elise » de notre regretté Ludwig qui, malgré sa surdité, se serait pendu en entendant ça sans interruption.

Les bus fonctionnent sur le même principe. A chaque fois, que le clignotant est enclenché, ils indiquent aux automobilistes, aux piétons, aux passagers, aux sous-mariniers et astronautes qu’ils vont tourner de tel ou tel côté. Quand le bus s’arrête à un feu et que vous vous trouvez à l’intérieur ou à proximité, vous priez pour que celui-ci passe au vert le plus vite possible, de peur de finir comme le gardien de l’hôtel de The Shining.

A force de vouloir éviter le moindre drame, le Japon, déjà fort bruyant, a développé une pollution sonore sans commune mesure. A ce rythme, on va bientôt voir apparaître des voix enregistrées pour tout type de situation. Les distributeurs de boissons vont vous crier : « Etes-vous sûr de bien vouloir un soda ? Parce que c’est plein de gaz dangereux, faites attention », « Veillez à ne pas vous blesser lors de l’ouverture de la trappe, c’est dangereux. », « Attention, vous avez choisi une boisson chaude. C’est dangereux. Ne vous brûlez pas la langue dans d’atroces souffrances. »… Les futons vont peut-être aussi s’y mettre : « Votre pied droit dépasse, vous risquez d’attraper froid et de contracter une pneumonie. C’est dangereux » ou « Vous avez bu. C’est dangereux. Ne dormez pas sur le dos afin d’éviter de vous étouffer en cas de régurgitation. ». Et pendant que nous y sommes, ces voix vont vous suivre jusque dans votre intimité : « Veuillez relevez la lunette avant de vous asseoir », « Vous souffrez d’hémorroïdes, faites attention » ou « Alerte, alerte ! Rupture de papier hygiénique imminente ! ».

Au moins la nuit, on n’entend que les trains et les voisins…

par Ludo publié dans : Ougl
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Samedi 29 octobre 2005

Désormais responsable de la majorité des clichés figurant sur ce site, mon Canon Eos Kiss Digital N (350D en Europe) était vendu à l’origine avec un objectif 18-55 mm très performant pour son prix. Seulement voilà, celui-ci montrait ses faiblesses dès lors qu’il s’avérait nécessaire d’augmenter le temps d’exposition (pour des prises de nuit notamment). A 1/80ème de seconde, et en prenant soin de retenir ma respiration pour éviter tout mouvement lors de la prise de vue comme un tireur d’élite, j’étais capable de prendre des images nettes. Mais en dessous de cette vitesse, le résultat demeurait souvent flou à moins d’utiliser un trépied.

Canon a donc eu la bonne idée de proposer un autre objectif EF-S (compatible uniquement avec la gamme Eos Digital) pourvu d’un stabilisateur.

Ce zoom 17-85 mm couvre donc entièrement le 18-55 et permet des photos nettes sans problème à 1/5ème. La différence avec et sans stabilisateur demeure impressionnante. On peut bien sûr désarmer le stabilisateur pour les sujets en mouvement.

Trois ombres au tableau :

1-     l’appareil photo gagne considérablement en poids (+450g)

2-     et en encombrement (quelques centimètres de longueur supplémentaire)

3-     Le prix fait mal : 75000 yens (543 euros).

Je déconseille donc les éventuels acheteurs du 350D de se procurer le pack qui comprend le 18-55, non pas parce que celui-ci ne vaut pas le coup mais parce que l’objectif qui nous intéresse aujourd’hui le rend obsolète.

Voilà il ne reste que deux autres modèles dans la catégorie EF-S : un grand-angle et un objectif macro. Vous êtes les bienvenus pour me les offrir à Noël.

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par Ludo publié dans : Distractions et gadgets
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Vendredi 28 octobre 2005

Lors de notre week-end dans la préfecture de Kanagawa, à la fin mai, nous tombâmes par hasard sur un saltimbanque. Fatigués après avoir emprunté les nombreux escaliers d’Enoshima, nous accueillîmes à bras ouverts le moment de détente offert par ce pitre. On ne rencontre que peu de spectacles de rue au Japon, en comparaison de la France. A l’exception des petits groupes de guitaristes amateurs que l’on peut parfois entendre à proximité des gares le soir et en fin de semaine, tous s’investissent beaucoup pour attirer les passants. Ce comédien était parvenu à rassembler près de 200 personnes autour de lui grâce à un humour visuel très efficace. Son bouquet final consistait en une imitation du héros du manga Dragon Ball (précisément la transformation en un être plus fort, blond et plus chevelu), symbolisée par un gant en latex qu’il gonflait à l’aide de son nez jusqu’à explosion de ce dernier.

Les plus vieux lecteurs d’Ougl auront reconnu cette technique qui a défaut d’être originale, me fait toujours autant rire.

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par Ludo publié dans : Cas sociaux
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