Cloîtrés une bonne partie de l’année dans notre habitat urbain (que vous redécouvrirez le 29) aussi riche en végétaux que la surface de la lune (niveau de cambrousse 3.5), nous profitâmes pleinement de notre mois de vacances en France l’été dernier.
Située en pleine Sologne, la maison de mes parents constitue un bol d’air pur et de sérénité procuré par un ciel bleu et la forêt environnante.
Ce ciel, comme Daishi vous l’a décrit, diffère du ciel japonais rarement aussi bleu. Plus bleu que bleu donc, avec quelques nuages dont la forme, pour une raison qui m’échappe vous met de bonne humeur.
Dans ce paradis, butinent bon nombre de bestioles comme les redoutables frelons (souvenez-vous : les grands méchants terrifiants dans Maya l’Abeille). D’une taille allant de 2.5 à 4 cm, j’ai appris à les fuir ventre à terre. Il faut dire que la bête impressionne : son bourdonnement s’apparente à celui d’un modèle réduit d’avion, un seul coup de savate ne suffit qu’à lui faire perdre de l’altitude et on n’ose imaginer quel dommage il vous causerait en représailles. J’ignore la véracité des rumeurs urbaines sur la puissance de sa piqûre. Certains prétendent que cela pourrait assommer un cheval mais une chose reste sure : Sadiques comme pas deux, ces fourbes visent systématiquement les zones noires de leur cible (les yeux par exemple). Quoi qu’il en soit, cela doit faire plus mal que le traitement infligé au cœur d’Uma Thurman dans Pulp Fiction.
Plus discret, et poilu aussi (comme quoi il aurait du succès au Japon s’il existait là-bas), le bourdon ne pique pas, dit-on. Pendant mes années de collégiens, j’avais l’habitude de m’amuser avec un vaporisateur pour plantes rempli d’eau. En dévissant l’embout, l’eau ne sortait pas comme une brume humide mais comme un jet fin et puissant. De plus le récipient pouvait contenir bien plus qu’un malheureux pistolet à eau, le tout avec un rayon d’action supérieur. Les colonnes de fourmis qui escaladaient les murs constituaient un bon entraînement mais le plus amusant demeurait la chasse aux bourdons. Avec un vol lourd et lent, il suffisait de trois ou quatre jets pour les rendre inaptes à voler. Je les prenais alors en main pour les relâcher plus tard (sadique certes, mais pas cruel). Un jour, l’un d’eux, qui ne devait pas être dans son assiette (il devait avoir le bourdon, bruit de cymbales !), rechigna à se laisser prendre et me planta son aiguille dans le Mont de Vénus du majeur. La douleur fut incroyablement intense et se propagea jusqu’à l’avant-bras. Je jurai à partir de ce jour : 1- qu’on ne m’y reprendrait plus, 2- que je devais prêcher la bonne parole en dévoilant la vérité sur le mythe « N’ai pas peur ! Un bourdon, ça ne pique jamais ! ». Vous voilà donc prévenu.






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