Soit, les Japonais ôtent leurs chaussures dans l’entrée (genkan) de leur domicile afin d’éviter de souiller le sol et d’empêcher la détérioration des tatamis. Je comprends aisément cette tradition puisque je l’honore dans mon appartement.
J’ai par contre beaucoup plus du mal à saisir pourquoi les établissements scolaires interdisent le port des chaussures. Les élèves troquent ainsi leurs galoches dans une étagère spéciale à l’entrée pour des petits chaussons à toile et semelle blanches. Les enseignants ont quant à eux droit à des savates en plastique et à un placard.
Et là, vous me dîtes : « Ils veulent garder les locaux propres, c’est une très bonne idée, on devrait faire la même chose en France. » et je ne vous contredirai pas sur ce point, loin de là. Non, ce que je trouve étrange, c’est pourquoi on ne suit pas cette règle ailleurs. Seules certaines juku 塾 (écoles parallèles donnant des cours du soir), les temples, quelques rares hôpitaux (même si j’éprouve des réserves dans ce cas) et les restaurants où les tables sont posées sur des tatamis suivent ce modèle. Pour le reste, y compris pour les universités, on entre chaussé.
D’un côté, certains privilégient la tradition pour des raisons d’hygiène, mais de l’autre, on préfère l’oublier pour gagner du temps, de l’espace (celui du genkan) et de l’argent.
Imaginez le coût que cela représenterait pour une faculté de plusieurs milliers d’étudiants.
La coutume ne s’éteindra assurément que lorsque l’on n’utilisera plus de tatamis. En effet, il reste inconcevable pour l’ensemble des Japonais de ne pas se déchausser avant de marcher sur une telle surface. La première visite d’Elisabeth II (le truc pastel avec des dents et un chapeau) à Kyoto en avait agacé plus d’un quand Sa Majesté avait arpenté un tatami avec ses talons aiguilles.
Pour finir, je vous invite à répondre à ce sondage.






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