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Dimanche 1 janvier 2006

Cet article fut réalisé le 14 novembre dernier afin de préparer pour le mieux notre séjour en France et de permettre la continuité de ce blog durant cette période. A cette date, il était difficile de se mettre dans l’esprit de la nouvelle année mais j’imagine qu’en ce moment même, je suis en train de cuver avec quelques restes de cotillons dans le cou. Bonne gueule de bois à tous !

2006, ou la 18ème année de l’ère Heisei si vous préférez promet beaucoup. Nous poursuivrons notre quête quotidienne de la Ouglerie, plus bornés que jamais.

Ougl vous souhaite beaucoup de bananes pour cette année.

L’année du chien n’en manquera pas (de chien, pas de bananes).

新年明けましておめでとうございます shin nen akémashité omédétô gozaïmass (ou pour faire plus court et plus branché 明けおめ aké omé) comme on dit chez les Sioux.

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par Ludo publié dans : Ougl
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Samedi 31 décembre 2005

i

Avant que des vagues de commentaires de lecteurs perplexes ne déferlent au sujet de ce titre, je tiens à préciser que c’est sciemment que je l’ai baptisé ainsi. Saurez vous le déchiffrer ?

En cette saison, et afin de dresser un parallèle avec cet article, les températures des différentes pièces de mon appartement demeurent assez similaires.

Jugez plutôt : voici les mesures relevées sur mon balcon, mon salon et ma salle de bain le 10 décembre dernier, alors qu’il faisait nettement plus chaud ce jour-là. Avec un peu de chauffage, le thermomètre dans le salon et la chambre à coucher atteint une vingtaine de degrés mais reste à un niveau équivalent à l’extérieur dans les autres pièces. Imaginez maintenant ce qu’il advient quand le mercure fricote avec le zéro. L’humidité (représentée par le chiffre en bas à droite) reste quant à elle bien inférieure à son niveau estival. Vous verrez le 2 janvier ce qu’il en est dans les écoles.

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En attendant bon réveillon à tous. L’article de demain sera mis en ligne dès minuit (comme tous les autres).


par Ludo publié dans : Distractions et gadgets
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Vendredi 30 décembre 2005

L’été dernier, souvenez-vous, je vous avais parlé de quelle manière sont isolées les habitations japonaises. Pour les deux du fond qui ne suivaient pas, je résume : les fenêtres coulissantes, plutôt que battantes, sont dépourvues de jointure correcte, ce qui fait que les vitres bougent dans leur logement dès qu’on les pousse du doigt ou sous l’effet du vent. A cause de cela, l’air extérieur s’engouffre à loisir pour rendre la pièce dans laquelle vous vous trouvez, de la même teneur que dehors. On se demande parfois à quoi servent les fenêtres…

En hiver, ma salle à manger se transforme ainsi en Sibérie orientale. Pour éviter tant que possible une gelure subite du gros orteil droit (très sensible), je passe la quasi-totalité de mon temps dans le salon ou la chambre à coucher sous l’un des mes radiateurs électriques (faisant aussi office de climatiseur en pleine canicule). Evidemment ma note d’électricité s’en ressent avec 8000 à 9000 yens déboursés chaque mois (56 à 63 euros). Tous les foyers nippons ne se chauffent pas de cette manière. Beaucoup privilégient les radiateurs au gaz ou au pétrole, principalement pour des raisons d’ordre économique. Pourquoi continuer à payer inutilement plus, me direz vous alors ?

Ces deux formes de chauffage comportent plusieurs inconvénients : une odeur très forte (surtout pour le pétrole), l’un et l’autre requièrent respectivement une arrivée de gaz à proximité et des réapprovisionnements en mazout assez fréquents, et enfin ils constituent des risques d’incendie non négligeables. Des accidents se produisent chaque année comme nous le ressasse notre boss à chaque meeting. La salle de classe de Naoko au lycée a d’ailleurs subi ce sort (par le plancher) alors que les élèves étaient encore en classe. Le feu dans un tel cas se propage très rapidement, ne perdons pas de vue que les maisons japonaises sont construites en bois et que les sols en tatami sont très répandus.


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Les Japonais utilisent aussi un kotatsu コタツ, une petite table basse recouverte d’un futon en dessous de laquelle se trouve un petit radiateur électrique (voir photo). Il s’agit souvent de l’unique chauffage d’une pièce. Une fois le dos bien calé à un fauteuil et les jambes placées sous la table, il est humainement impossible d’en sortir tant la sensation de bien être vous envahit. Le petit radiateur ne se trouvant qu’à quelques dizaines de centimètres du sol ou du futon qui le recouvre, il est très dangereux de le laisser en marche sans personne autour.

Ces systèmes de chauffage restent efficaces tant qu’ils fonctionnent. Une fois éteint, cinq minutes suffisent à vous refrigorifier.

Pour éviter de les laisser sous tension la nuit et de se relever pour les actionner le matin, certains sont équipés d’une minuterie.

Lorsque j’habitais à Osaka en 1996, je chauffais ma chambre à l’aide d’une sorte de grille-pain géant au design futuriste douteux typique du début des années 80, très gourmand en gasoil, mais programmable et flanqué d’un thermomètre.

En plein mois de février, il se mettait donc en route vers 6H30. Ce jour-là, je m’éveillais lentement, alerté par l’enclenchement du brûleur. L’air semblait beaucoup plus frais que la normale et c’était bien la première fois que je sentais vraiment un semblant de froid à l’intérieur de mon futon. Un coup d’œil au thermomètre de la machine suffit à me traumatiser. Il annonçait 2°C. Je me réfugiai alors plus profondément dans ma couche, attendant patiemment que l’atmosphère devienne vivable, comme une marmotte en pleine hibernation.

En enfilant des vêtements suffisamment chauds, en campant devant un radiateur, en rêvant à une meilleure isolation et aux joies du chauffage central, on peut parvenir à supporter ce climat. En revanche, je n’ai jamais pu supporter les salles de bain, en particulier celle de cette famille d’accueil d’Osaka. La maison, quoique situé au nord, avait subi le grand séisme de Kobé de janvier 1995. Quelques murs dont ceux de la salle de bain avaient été endommagés, faisant apparaître des fissures qui laissaient passer le jour. Je n’oublierai jamais ces cinq minutes quotidiennes, nu comme un ver à attendre que l’eau chaude daigne bien arriver.

Aujourd’hui, si ma salle de bain n’offre pas des températures aussi basses, chaque début de douche demeure un véritable supplice. Vous verrez cela en détails demain (non, vous ne me verrez pas nu, n’insistez pas. Je parlais du thermomètre).

par Ludo publié dans : Ougl
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Jeudi 29 décembre 2005

Ougl célèbre aujourd’hui son 300ème article et son auteur fête son dixième mois consécutif sans rhume.

En raison de son manque de chauffage (comme je vous le détaillerai le 2 janvier) et des phobies inexplicables dont beaucoup souffrent lorsqu’il s’agit de fermer une porte, l’univers scolaire favorise allégrement la propagation des virus, dont la grippe.

Selon une règle en cours dans la totalité des établissements, un élève obtient la permission de regagner son domicile quand sa température interne dépasse les 37 degrés. Je rappelle que la moyenne avoisine les 36 degrés.

Le gamin fiévreux fait donc mine de se traîner jusqu’à la salle des profs accompagné de son escorte, généralement un autre élève qui ne raterait pour rien au monde une occasion de manquer quelques minutes de cours. Il se présente devant l’infirmière et lui dit avec une voix de piètre acteur passée au ralenti : « Euh ch’uis maladeuh. ». Celle-ci, rompue à ce manège qui se produit une dizaine de fois par jour, lui tend un thermomètre qu’il place sous son aisselle avec un regard de chiot qui essaie d’apitoyer son maître pour obtenir de la viande en gelée d’origines douteuses en boite.

Après quelques minutes de prières, l’appareil émet un bip. C’est l’heure du verdict.

A croire que de vrais gouttes de sueur apparaissent alors sur son front, il saisit l’objet et, timidement, lit la température. Le temps semble se figer alors qu’il relit plusieurs fois « 36.8 ». Dommage, ce sera pour la prochaine fois, demain peut-être.

Je n’ai manqué qu’une seule fois l’école, en tant que prof j’entends. Plusieurs fois donc, je me suis rendu agonisant sur mon lieu de travail puisque le rectorat ne nous autorise à prendre des jours de congés qu’en cas de contraction de l’ébola, du T-virus, du mildiou, de la perte de deux membres ou pour cause de cataclysme nucléaire.

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Le plus bel exemple reste celui de la rentrée d’avril 2003. Alors que j’enseignais encore dans le primaire, j’officiais dans cinq écoles dans l’année. J’étais sur le point de démarrer dans l’une d’entre elles. Située à 25 minutes de marche, 15 minutes de train et 25 minutes de bus, elle demeurait la plus distante de toutes. Les horaires très serrés (un bus par heure) me forçaient à me dépêcher comme un malade si je voulais arriver à l’heure. Ce jour-là donc, le bus arriva en retard. Dès le réveil, j’avais compris que la journée allait devenir mémorable. J’arrivai donc cinq minutes en retard en courant, accueilli par le vice-principal à la grille. Celui-ci me pressa de le suivre jusqu’au gymnase où j’allais immédiatement donner un discours de présentation. « Je suis foutu » me dis-je alors.

Alors que je pénétrai dans le hall froid rempli d’élèves survoltés me scrutant du regard, je vis une farandole de professeurs tendre la main en cœur pour m’inviter à gagner l’emplacement du micro.

Très intimidé, alors que je devais pourtant en être à mon 176ème discours, je m’avançai vers l’esquimau de métal, et, après un sourire qui traduisait ton mon malaise, ma bouche produisit un son équivalent à « hhhhhhhssshhhh ».

Ce que personne n’avait deviné à mon arrivée, c’est qu’une méchante extinction de voix m’avait complètement paralysé la gorge. Après vingt secondes de sifflements reptiliens, on m’applaudit et un enseignant expliqua alors à l’assemblée mon mal.

Je dus donner quatre cours cette journée là, enviant sans cesse le sort des écoliers pseudo grippés.

par Ludo publié dans : Ecoles
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Mercredi 28 décembre 2005

Comme chaque année à partir de novembre, les deux tours jumelles qui surplombent la gare centrale de Nagoya se parent de décorations pour les fêtes de fin d’année. Pendant trois années consécutives, des guirlandes de lumière égayaient les escaliers au sommet desquels on pouvait admirer un impressionnant train statique en suspension au-dessus d’un couloir de scintillements.

Le budget 2005 a semble-t-il été revu à la baisse mais le résultat n’en est pas devenu décevant pour autant. Sur la façade, apparaissent à tour de rôle, les constellations du zodiaque tandis que l’esplanade accueille des personnages illuminés : des bonhommes de neige, des oursons, des pingouins, Gaspard et Lisa (apparemment d’origine française et que l’on retrouve dispatchés sur une large gamme de produits de papeterie)… La foule de familles, de gamins et d’ossan (bardés ou non d’appareils photo dernier cri) tentait de se frayer un chemin dans l’allée centrale.

Vous n’imaginez pas à quel point il me fut délicat de prendre ces clichés. Vous avez toujours une armada de vieilles en bob prêtes à vous démettre une épaule quand elles vous bousculent, des grands-pères qui mettent trois heures pour passer devant votre objectif et des gamins qui ne remarquent pas que vous prenez une photo de votre amie en se plaçant à côté.

Un peu en retrait, on pouvait admirer une exposition en plein air d’œuvres de qualités diverses où l’éclairage jouait un rôle primordial.

Dommage que le reste de la ville n’ait pas droit à autant de faste. A quelques mètres de la gare, on croirait survoler la Corée du Nord tellement il y fait sombre.


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par Ludo publié dans : Sorties et voyages
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