Voilà ce que l’on nous infligea comme repas en novembre dernier à l’école. Je n’avais pas eu pire depuis ces deux jours mémorables où on nous servit une salade de fruits mélangée à des pâtes froides et de la mayonnaise. Rien que d’y penser, j’en frissonne encore.
Ne jurerait-on pas que la chose a été digérée au préalable? Vous avez devant vos yeux le terrifiant plat appelé Pine-potato. Je ne sais quel esprit agité a ainsi donc eu l’idée sadique de mélanger de la patate avec de l’ananas en une espèce de purée lourde, pâteuse et, pour couronner le tout, froide.
Horrifié à la vue de l’assiette, je fis en sorte de l’ingurgiter en dernier et le plus vite possible, avec un maximum de thé vert pour faire passer la pilule, au risque de m’étouffer. Je ne m’étais pas trompé, c’était infect. Déjeunant avec les gamins, il m’est impossible de montrer un mauvais exemple en laissant de côté ne serait-ce qu’une bouchée, si abominable soit-elle.
Après le repas, j’appris qu’il s’agissait en réalité de patate douce. D’ordinaire, grand amateur de ce légume, j’aurais pu accepter avec le sourire son association avec de l’ananas si la recette avait omis la présence de sel et de mayonnaise… La redoutable Pine-potato fut ainsi distribuée dans toutes les écoles de la zone académique. Parmi les quatre écoles où j’officie, je ne connais personne qui ne s’est pas plaint de cette aberration culinaire.
Une de mes collègues japonaises m’apprit même que pour sept de ses élèves, la pitoyable pitance n’avait fait qu’un bref séjour dans l’estomac avant de recouvrir le sol de la classe.
PS : Mille excuses une nouvelle fois, si vous êtes à table (en même temps, ce n'est pas bien de manger devant son PC).






Commentaires