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Mardi 12 février 2008

Voir les épisodes précédents.

 

Interrompons provisoirement cette série jusqu’au prochain fou, par l’un des personnages les plus incroyables qu’il m’ait été donné d’observer.

Dans le deuxième train que je prends tous les jours après un sprint dans les escaliers en slalomant entre ces cons de lycéens, il m’est impossible de trouver une place assise. C’est aussi le cas du premier train me direz-vous, à la différence que l’on est tous compressés les uns contre les autres. Dans cet habitacle suffoquant vivent de nombreux cas sociaux : l’Agonisant, le Furet, le Porc etc. et Tommy. Bien sûr il ne s’agit pas de son vrai nom, que nous ignorons. Tommy est un jeune homme d’une vingtaine d’années, de petite taille, avec un regard de psychopathe. Son passe-temps à lui consistait au début à se tripoter allégrement, son membre était visiblement du côté droit du caleçon. Généralement, Ian, que vous avez aperçu ici, parvient toujours à dénicher une place, puisqu’il arrive avant moi, et Tommy se place souvent devant lui. Nous avons remarqué qu’il se touchait plus quand une fille, et a fortiori une lycéenne, se tenait devant lui. Son manège ne dure que pendant deux arrêts. Parfois, un siège se libérait à la station suivante et il en profitait pour s'asseoir, et bénéficiait ainsi de plus d’intimité derrière son sac posé sur les genoux pour faire pouët-pouët. Ca, c’était avant. Depuis quelques semaines, nous ne le voyons plus effectuer des attentats à la pudeur, mais ce qu’il fait à la place n’a pas pour autant soulagé nos inquiétudes.

 
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Nous avions décerné au Furet la palme de l’infiltration à tort : Tommy le bat à plate couture. Désormais, il s’assied, ou plutôt s’incruste grossièrement entre deux innocents dès son arrivée dans le train. L’espace ciblé ne dépasse rarement pas les vingt centimètres. Son approche se déroule dans un grand numéro de culot et de brutalité : il présente son postérieur lentement aux deux victimes incrédules et se pose en écrasant sans scrupule leurs cuisses alors que ces derniers, stupéfaits, s’écartent au maximum de lui. Ce maximum n’étant que de quelques centimètres, les trois sont serrées comme des sardines passées à la presse hydraulique.

Amusés par cette conduite, et impatients d’attendre que quelqu’un daigne lui faire une remontrance, nous l’observons, fascinés, quotidiennement.

Un jour, je retrouvai Ian assis à moins de dix centimètres à côté d’une jeune fille venant sans doute des Philippines. J’étais posté devant lui. Tommy arriva par la droite le dos tourné au trois quarts dans ma direction alors que son pied gauche empiétait sur l’espace entre mes pieds et ceux de mes collègues. Clairement il me gênait. Puis tout doucement, il effectua une rotation en présentant son séant en position d’attaque à la banquette et commença à s’agenouiller. Ian et sa voisine regardèrent la scène alors que mes paroles prirent instinctivement le pas sur mes pensées et je me mis à dire en japonais « Oh hé ! ». Il m’entendit sans savoir de qui il s’agissait (je portais un masque anti-rhume) et se releva. Ouf, il avait quand même renoncé. Il faut dire qu’il n’y avait, je le répète, que moins de dix centimètres de « libre »… Alors que j’en concluais que Tommy avait malgré tout une conscience, je fus anéanti de voir que celui-ci s’était une nouvelle fois retourné et s’était inséré comme trop de crème dans un chou (à la crème) dans l’intervalle. Mon collègue le fixa, abasourdi, en laissant échapper un léger rire nerveux. La voisine ne fut pas aussi amusée et décida, excédée, de se lever pour éviter d’être ainsi pressée comme un citron. Tommy resta muet jusqu’à son arrêt, deux stations plus tard. Pas un « pardon », pas un seul geste pour la pauvre fille qu’il avait offensée. A posteriori, nous nous sentîmes vraiment désolés pour elle en nous disant que nous aurions du réagir, ce que nous fîmes quelques jours plus tard, quand une occasion similaire se présenta. Nous bloquâmes le rustre en lui faisant signe de s’asseoir ailleurs.

NB : les personnes sur la photo n'ont rien à voir avec celles décrites dans cet article. Si, si, même celui qui dort.

A suivre...
par Ludo publié dans : Cas sociaux
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