La première fois que je me mis vraiment à éclater de rire au point de me décrocher la mâchoire à la vue de l’arrangement capillaire d’un homme remonte à 2004.
Je regardais d’un œil intéressé et plein de compassion la série télévisée Gokusen, qui compte les aventures d’une enseignante interprétée par la belle Yukié Nakama dans un collège à problème, puisque je vivais à l’époque des anecdotes similaires. Soudain, j’aperçus un élève avec une coupe de cheveux grotesque : celui-ci faisait tenir quelques mèches plus rebelles que lui-même au moyen d’une garnison de barrettes métalliques. « Ah ah ah, ils ne savent plus quoi inventer ! » pouffais-je alors.
Quelques jours plus tard, je remarquais que plusieurs de mes propres diables arboraient sans aucune honte la même apparence. Avant le début du cours, je demandai à tout hasard à l’un d’eux de quoi il s’agissait. Sa réponse fut simple et parfaitement justifiée dans ses yeux d’adolescent naïf et niais : « C’est la mode ».
Comme toutes les modes, je m’étais dit que cette efféminisation ridicule disparaîtrait quelques semaines plus tard. « Franchement, si ça, c’est la marque d’un voyou, je n’ai pas fini de rigoler » jurais-je.
Deux ans plus tard, je ne souffre plus de crampes des zygomatiques, par habitude sans doute. Même si ce look reste marginal, il existe toujours. Pire : il a évolué !
J’ai ainsi pu voir un lycéen montrer fièrement une mèche tenue par une longue pince en plastique vert pomme. Affligeant.







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