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Jeudi 22 septembre 2005

A l’heure où je rédige cet article (nous sommes le 16 septembre), la canicule a enfin daigné quitter l’archipel. Insupportable, inhumaine, infernale, cette trahison climatique ne me fera plus couler de sueur et d’encre jusqu’à l’année prochaine.

Finis les écarts de températures surréalistes entre les différentes classes (de 28 à 37 degrés pour la journée du 13 par exemple) et l’humidité inévitable transformant mon bas du dos en chutes du Niagara et d’autres parties de mon anatomie en choses inavouables. Jusqu’à la mi-novembre, ma facture d’électricité va revêtir une meilleure allure puisque ma climatisation va prendre congé.

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Le 13 septembre dernier, alors que je m’éventais désespérément dans le but de calmer mes glandes sudoripares dans la salle des profs, je constatai que si l’air y était plus frais qu’à l’extérieur ou qu’en cours, il y faisait tout de même rudement chaud. Réflexion faite, cela faisait deux semaines que ça durait, mais je m’en rendais seulement compte. Constat d’autant plus curieux, que la mise en route de l’air conditionnée avait été autorisée par le Grand Manitou (le Principal). Quatre climatiseurs sont disposés le long de la pièce dont un légèrement en face de ma personne. Je n’aperçus nulle part le voyant de mise en marche de celui-ci. Je me levai alors en direction du bureau de la version nippone de Raffarin (le vice-principal) à l’autre extrémité de la salle pour prendre un verre d’eau. Je remarquais au passage que tous les appareils étaient en position off, tous, sauf le plus proche du fourbe. Quand le malin se rendit aux toilettes, je me ruai sur l’interrupteur et profitait d’une bise fraîche, attendue comme le Messie, et ce, jusqu’à la fin de la journée.

Je me demande parfois si mes collègues ou mes élèves ne s’adonnent pas au masochisme. Jugez plutôt. Dans la plupart des écoles, les salles de classe disposent de ventilateurs, en général trois, fixés au mur faisant face aux fenêtres. Plutôt faibles, ils permettent néanmoins de faire circuler l’air un minimum et empêchent tant bien que mal l’air chaud extérieur de pénétrer en force. Dans mon école, ils sont disposés à l’opposé, au-dessus des fenêtres et encouragent donc l’accumulation d’air chaud.

Autre exemple, les cantines offrent aux étudiants tant qu’aux enseignants du thé en guise de boisson (les premiers ont en plus droit à une bouteille de lait), jamais d’eau pour une raison que j’ignore. Le thé, chaud en hiver et frais en été, est conservé dans des thermos posés sur les tables. Dans mon école, le thé est chaud, quelle que soit la saison… Considérant la chose insensée et certainement peu indiquée en période de fortes chaleurs, je demandai à une prof si cela ne la dérangeait pas. Elle me répondit qu’elle préférait les boissons chaudes car elle avait le sentiment que ça la désaltérait plus. Je comprends donc mieux pourquoi on nous sert des ramen brûlantes au kimchi (chou fermenté coréen très épicé) en plein juillet. Ca ne peut être que pour notre bien… Dingues !

par Ludo publié dans : Ecoles
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