Hanami, la nuit

Publié le par Howard & Ludo

Howard :

Hanami n'est pas une fête ayant lieu un jour particulier. Aussi longtemps que les cerisiers sont en fleur et qu'il fait beau, et dès que la journée de travail est terminée, des hordes de travailleurs, d'étudiants, de lycéens, de familles et de groupes d'amis viennent fêter dignement l'évènement là où il se passe: sous les cerisiers.

Autrement dit, si elle a bien lieu tous les ans, en revanche, vu les journées de travail chargées, la fête commence assez tard dans la journée, pour qui n'est pas vieux, inactif ou étudiant, et la nuit tombe plutôt vite.

A cette occasion, la nuit est loin d'être noire : des lampions sont accrochés un peu partout dans les cerisiers, et leur lumière se réverbère sur la blancheur des fleurs. La fête peut continuer assez tard, mais ce n'est pas à proprement parler un évènement collectif, car chacun s'amuse de son coté, sans réellement empiéter sur l'espace des autres.

Malgré cela, la fête, bien que bruyante, semble ne jamais devoir dégénérer : nous sommes au Japon. Ici, même au bord du coma éthylique, on sait se tenir, et on s'évanouit tranquillement sans déranger ses voisins.



 Ludo :
Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas goûté à cette ambiance magique de nuit. Je dois dire que la simple vision d’un lampion me met de bonne humeur. Comme le dit Howard, on ne se gène jamais entre voisins.

Parfois cependant la bonne humeur d’un groupe se propage au-delà de son périmètre. Il m’est arrivé plusieurs fois de me retrouver à boire avec des étudiants, des salarymen, ou des ossan. Les premiers savent mettre l’ambiance, boivent plus que de raison, adorent les jeux à boire, et l’alcool n’a pas de sexe. Les seconds peuvent passer de la timidité au culot le plus insoupçonné et leur humour se balade bien souvent sous la ceinture si bien que l’on ne préfère leur tenir compagnie qu’un bref moment, juste de quoi refaire le plein de boisson. Les derniers restent les plus calmes mais les plus incompréhensibles. Leur taux d’alcoolémie lié à la force de l’âge et la faiblesse de leur appareil dentaire les empêche d’articuler et leur prise de parole se résume à des sortes de gémissements ponctués de rires bêtes.

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