Souvenirs de lycée

Publié le par Ludo

A l’inverse du collège, le lycée restera pour moi quatre années de rigolade. Bien que l’esprit alourdi par une tonne de complexes et une timidité croissante (si si), je découvrais la « liberté » puisque je décidais de mettre un terme à mes huit années traumatisantes de musique, et me faisais énormément de copains.

 

A l’issue de la seconde, je me pris ce que l’on appelle dans les milieux ouglesques un hareng virtuel sur le nez. Bien qu’ayant obtenu pile la moyenne, on me « proposait » de redoubler. Le prof de français avait été le seul avec la prof de physiques à s’opposer à mon passage. Il me haïssait viscéralement. Pour une raison inconnue, il m’avait, d’après ses propres termes, « repéré » en début d’année. Je n’avais jamais rien fait pour déranger son cours (je le trouvais soporifique et regardais dans le vide) mais il s’adressait à moi parfois en plein milieu d’une leçon pour me demander de me taire. Chacune de mes protestations ne faisait qu’accroître sa colère incompréhensible.

 

Habitué à de très bonnes notes jusque là, je m’étais retrouvé à subir des scores en dessous de la moyenne. Mon style ne devait pas plaire. Il faut dire que je persistais à refuser le schéma type thèse-antithèse-gnagna. Lors d’un entretien avec ma mère (il m’en voulait vraiment beaucoup), il lui glissa : « je n’ai pas encore compris si c’était un jenfoutiste ou s’il le faisait exprès ». Quant à la prof de physiques, elle s’était contenté de prendre une décision arbitraire à partir de ma moyenne annuelle établie sur un nombre plus que limité de notes : trois pour être exact. Son manque incroyable d’organisation influençait ses cours qui en devenaient confus et nous accumulions retard sur retard. Au final, nous n’eûmes à plancher que sur trois contrôles (un par trimestre). Je n’obtins que 5 au premier, 8 au deuxième puis 13 au dernier. Malgré une courbe de progression indéniable, la moyenne n’était pas assez élevée. Mes parents décidèrent de faire appel et je pus malgré tout passer dans la classe supérieure. Lorsque j’appris les résultats et que j’en fis part à mon prof de mathématiques, il m’avoua que « c’était prévu ». Autrement dit j’avais 100% de chance de passer avec appel et que j’aurais été stupide de ne pas le faire…

 
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J’entrais quelques mois plus tard en première scientifique mais toutes mes connaissances de seconde se retrouvaient dans une autre classe y compris ceux qui avaient opté pour la même filière. Je les rencontrais néanmoins tous les matins avant les cours, le midi et pendant les « heures de trou ». C’est grâce à eux que je fis la connaissance d’un gars, un jour après le repas. Il ne parlait pas énormément mais semblait très cultivé et ne manquait pas d’humour. Je me souviens aussi qu’il avait beaucoup de cheveux. Il rentrait de quatre années en Martinique. J’étais loin de m’imaginer que plusieurs années plus tard, il allait devenir mon témoin de mariage. Sacré Howard !

 

Après une première S excellente du point de vue scolaire comme du point de vue émotionnel, je partis pour la première fois aux Etats-Unis (je vous raconterai ce périple au coin du feu la prochaine fois). Je revins en France avec une nouvelle marotte qui ne m’a plus quitté depuis : les jeux vidéo.

 

Une fois en terminal, j’étais résolu à m’amuser un maximum. Après tout, c’était la dernière année de scolarité et je me retrouvai avec une partie de mes potes, dont Howard. Le reste de la classe était malheureusement constitué de troubles fêtes de la pire espèce et tous les cours se déroulaient dans une atmosphère extrêmement bruyante. Rester concentré tenait du prodige et il fallait vraiment en vouloir quand de surcroît certains professeurs (en physiques notamment) donnait dans l’approximatif et le désordonné. Howard faisait parti des quelques rares qui résistaient mais, en ce qui me concerne, j’avais déjà jeté l’éponge. Je ne saurais rejeter la faute que sur les éléments turbulents de la classe bien sûr. Howard vous dira sans doute que je lui cassais pas mal les pieds quand je tentais par exemple de le dérider pour la trentième fois en quinze minutes pendant le cours de physiques.

 

Les cours m’ennuyaient à un point tel que je décidais de lancer un journal parallèle à celui du lycée. Imprimé à un unique exemplaire, il regroupait des articles décrivant certaines paroles prononcées par nos enseignants et restées dans la légende, des fausses pubs et bande-annonces (très inspirées par les Nuls), des pamphlets sur les dirigeants du lycée etc. Il n’y eut que six numéros distribués de mains en mains d’une classe de terminale à l’autre. Je m’étais trouvé une vocation de journaliste sans savoir que j’allais le devenir quelques années plus tard (assez brièvement certes). Je gérais tout : rédaction des articles, dessin par ordinateur et impression alors que Howard (déjà) rédigeait quelques billets. Le magazine connut vite son petit succès ce qui me poussa à m’investir plus encore dans sa réalisation, souvent au détriment de mes études. Il n’y a guère qu’en langues que j’obtenais de bons résultats. Puis le moment du bac arriva, et sans surprise je redoublai.

 

Pour ma dernière année de lycéen, j’atterrissais dans une classe plus calme et fis la connaissance de KM, très calme aussi. Nous partagions le même âge et la même passion pour les jeux vidéo. Déjà on pouvait le qualifier d’otaku de l’informatique. Ce n’est que plus tard qu’il devint en plus un otaku du Japon, appellation dont il est sans aucun doute fier (^_^). Je finis l’année sans encombre et finis par décrocher le bac. Un hic cependant : je n’avais pas la moindre idée de la voie dans laquelle j’allais m’orienter. Jusqu’au début de ma première terminale, j’avais réalisé mon choix : je voulais devenir océanographe à tout prix. Après quelques recherches il en ressortit que seuls quatre postes par an se libéraient dans cette branche. Le cœur lourd, j’abandonnai mon rêve et décidai de continuer des études scientifiques en fac.

 

Il y eut deux enseignants que je n’oublierais jamais car je n’ai jamais réussi à les comprendre : mon prof d’histoire-géo de ma première terminale et mon prof de physiques de ma deuxième terminale. Ils avaient un don incroyable : ils étaient capables de nous coller une interro surprise au moment où nous nous y attendions le moins. Je conçois qu’on puisse se laisser berner la première fois, qui survient statistiquement au début du deuxième cours mais pour le reste… Chaque fois donc, que ce soit avec Howard dans un cas ou KM dans l’autre, nous révisions comme des malades afin de ne plus nous laisser piéger. Puis le cours avait lieu et rien ne se passait. Et cela pendant quelques semaines à l’issue desquelles, tombait l’interro non pas au début du cours (qui durait je crois deux heures) mais pendant les quinze dernières minutes ! La fois suivante, nous voyions le coup venir et re-révisions pendant la pause… pour rien ! Parfois, nous y avions droit trois cours d’affilée ! Au final, je n’ai dû m’en sortir avec la moyenne que 10% des fois !

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