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Mercredi 19 décembre 2007

La dernière coupe du monde de volley-ball s’est tenue au Japon le mois dernier, comme la précédente édition d’ailleurs. Patronnée par la VBIF (Volley-ball International Federation), ce championnat a lieu tous les quatre ans, systématiquement dans le même pays.

Les retransmissions sportives internationales commencent sérieusement à me courir sur le système. Depuis quelques années, les médias affichent bien haut leur chauvinisme, pour ne pas dire nationalisme, en ne montrant que les joueurs japonais. Prenons l’exemple du mondial d’athlétisme d’Osaka cet été avec une scène qui s’est répétée plusieurs fois sur plusieurs disciplines. La coureuse nipponne Truc terminait quelque chose comme huitième de la finale. Une bien belle performance, tout le monde était content, elle aurait aimé faire mieux, ce sera pour la prochaine fois, tout ça. Alors que les caméras s’attardaient sur elle, un vague sous-titre affichait la nationalité des trois médaillés. Rien sur leur nom, leur visage ni sur leur réaction après l’arrivée… Truc avait fini huitième et c’est tout ce qui comptait. Pour tous les autres résultats, on pouvait voir sans problème que Machin, un autre coureur japonais, avait battu son record personnel en étant trente-deuxième et avec un peu de chance, on savait que les Etats-Unis ou le Kenya avait remporté l’épreuve. Encore une fois, aucun nom… A croire que le Japon est en guerre avec le monde entier et compte ses victoires au nom de la Nation et de ses formidables athlètes.

Pour la coupe du monde de volley-ball, tout commença deux semaines avant le début des festivités. Les joueuses apparaissaient de manière quotidienne dans différentes émissions de variétés et on les montrait dans leurs meilleurs matches en vantant les mérites de chacune et en présentant leurs caractéristiques et goûts respectifs. Depuis 1996, un différent groupe de jeunes musiciens (cette année : « Hey ! Say ! Jump !) sert de chaperon à l’équipe : ils les interviewent avant et après chaque rencontre quotidienne, les spectateurs ont même la chance de les voir supporter leur équipe pendant le match en médaillon incrusté dans un coin de l’écran et surtout ils chantent leur soupe tube dans le stade avant que les joueurs débarquent.

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Il semble donc que tout ait été fait pour que le Japon rafle la mise dans cette coupe du monde : une promo tonitruante, des matches en prime time, un public acquis. Il faut aussi ajouter que comme le Japon accueille cet événement, il est toujours qualifié d’office… Les trois plus fortes équipes du tournoi obtiennent de surcroît une sélection pour les JO.

Voici comment se déroule un match typique :

-         Les jeunes garçons efféminés au style capillaire douteux (Hey ! Say ! Jump !) entonnent leur mièvre chanson sous un éclairage de discothèque en plein milieu du terrain et sous une pluie de confettis.

-         Le public applaudit comme un troupeau de phoques bourrés à la vodka les gamins tandis que l’on balaie dur pour ramasser tous les confettis.

-         Les équipes pénètrent sur le terrain. Je dis « les équipes » mais c’est tout juste si on aperçoit l’équipe adverse puisque toutes les caméras sont fixées sur les Japonaises ou sur leur entraîneur.

-         Le match débute. De gros plans très dynamiques sur différentes actions du côté japonais se succèdent. Le Japon marque : on montre les joueuses japonaises se taper dans les mains et l’entraîneur tendu. L’adversaire marque : on montre les joueuses japonaises reprendre place et l’entraîneur tendu. Dans un coin de l’écran apparaît le titre de l’épreuve du genre : « Le Japon contre la meilleure équipe de l’hémisphère sud », « Le Japon affronte son plus grand rival » ou encore « un match décisif pour le Japon ».

-         Miracle : un plan de l’équipe adverse !

-         Après plusieurs plages publicitaires et les réactions à chaud du boys’ band susnommé, le Japon s’incline. Les commentateurs s’empressent de dire que le Japon s’est bien défendu. Ce n’est pas grave, il fera mieux demain. Les joueuses font ensuite part brièvement de leur sentiment et de leur stratégie pour la prochaine rencontre.

On n’apprend rien des résultats des autres matches et le podium final est montré durant deux secondes, montre en main. Avec l’omniprésence de l’équipe nipponne à la télévision, une qualification d’office, le fait de jouer à domicile devant des supporters à 99% nippons, difficile de ne pas discerner un favoritisme certain. Pourtant rien n’y fait : avec cinq victoires et six défaites pour les femmes et un bilan plus lourd chez les hommes (trois victoires huit défaites), le Japon n’est pas parvenu à se qualifier aux JO.

par Ludo publié dans : Ougl
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