Faune ferroviaire II

Publié le par Ludo

Voir l’épisode précédent.

 

A force de prendre le train plus de deux heures par jour, on finit par retrouver les mêmes têtes et leurs petites habitudes désagréables. Voici une liste récapitulative de ce bestiaire. Tous ces spécimens semblent augmenter au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans la campagne.

-       Le scotch-brite : Avec une coupe à la brosse et le crâne légèrement dégarni, il monte dans le train quelques arrêts après moi et pendant sa demi-heure de trajet, il passe bien dix minutes à se gratter le torse avec frénésie.

-  La fouine : Ce petit homme de quarante-cinq ans environ n’a pas son pareil pour se faufiler devant vous lorsque vous entrez dans le wagon pour vous piquer sous votre nez l’unique siège libre qui aurait dû vous revenir. Il est très fort et le fait qu’il se situe à deux rangs derrière vous dans la file d’attente ne change rien.

-   Le nazi : Avec autant de savoir-vivre qu’un éléphant caractériel qui travaillerait à France-Telecom, il vous bouscule sans scrupule dans les escaliers tout ça pour avoir une place debout dans le train suivant.

-         Le chloroformé : ce jeune homme dort toujours de la sorte (voir photo).

 
Image Hosted by ImageShack.us

-         Le furet : plus fort que la fouine, ce tout petit homme au visage livide parvient à poser son postérieur dans le moindre intervalle séparant deux personnes assises, sans ressentir aucune gêne.

-         Le ouistiti : ce vieil homme produit pendant toute la durée du trajet un bruit de suçage de dent creuse des plus irritants.

-         L’instruit : il lit progressivement toutes les pages d’un vieux dico d’anglais aux pages jaunies et aux coins cornés. Un nombre faramineux de post-it a été placé ici et là pour servir de marque-page.

-         Le porc : ce vieux en connaît long sur les borborygmes. Il renifle, avale sa morve avec un bon gros « gruik » de par-dessus les fagots, tousse, se racle la gorge avec exagération et toutes les deux minutes se frappe violemment la jambe droite à l’aide de la paume de sa main. L’a pô compris.

-         L’agonisant : A chaque fois que l’on a les nerfs assez solides pour lui adresser un regard, on dirait qu’il est sur le point d’y passer. Son teint peut passer du rouge vif au blanc cachet d’aspirine alors qu’il effectue des grimaces pas possibles. On ne sait jamais s’il va nous vomir dessus ou se soulager les intestins sur place.

-         Soul Man : Une fois arrivés à notre gare isolée, nous tombons sur l’un de ses responsables, un vieil homme souffrant apparemment de rhumatismes puisqu’il réalise toujours des exercices d’assouplissement. Il piétine par exemple sur place tout en effectuant de petits moulinets avec les bras. Cette danse ne s’interrompt jamais, même quand il parle avec quelqu’un.

 

A suivre

Publié dans Cas sociaux