Seizième entrevue

Publié le par Ludo

Après Emilie, c’est au tour de Blanche.

 

Bonjour Blanche.

Bonjour Ludo.

 

Présente-toi brièvement s'il te plait.

Je suis une Française de 24 ans. Je vis actuellement à Strasbourg, où j'étudie le japonais. Je mesure 1m72, je pèse environ le double d'une Japonaise moyenne, j'ai la peau claire et un nez pointu.

 

Tu viens de passer un an au Japon. Qu’y as-tu fait ?

Je travaillais dans une sorte d'écomusée/parc à thème près de Nagoya, qui regroupe une quinzaine de maisons traditionnelles du monde entier. Les visiteurs peuvent donc visiter ces maisons, mais aussi manger des spécialités de chaque pays, acheter des souvenirs, et se faire habiller en costume traditionnel pour prendre des photos amusantes. Dans ce musée, la France est représentée par l'Alsace (parce que c'est mignon, bien sûr), et mon métier consistait principalement à habiller les visiteurs qui le souhaitaient en Alsaciens le temps qu'ils prennent des photos.

 

Raconte-nous une journée de travail typique

En général, je me levais vers 7h, faisais un tour sur Internet, me préparais, courais pour avoir mon train, profitais du temps de la correspondance à Inuyama pour acheter des onigiri au combini, et finissais ma nuit pendant les 20 minutes de bus qui m'amenaient au musée (perdu au milieu de la campagne). Une fois arrivée à 9h, je pointais, revêtais mon costume d'Alsacienne (j'étais heureusement dispensée de coiffe), et je passais environ une heure et demi à l'entrée du parc avec mes collègues qui vendaient les billets. Là, je déchirais les billets des visiteurs en les gratifiant d'un chaleureux « bonjour ! » Après quoi, je regagnais la maison alsacienne, au bout du parc (dix bonnes minutes à pied, un peu moins en utilisant le minibus interne), où une de mes collègues était déjà là. Je travaillais surtout avec deux Japonaises de 58 ans en alternance, très gentilles. Quand les clients étaient peu nombreux, je papotais beaucoup avec elles. Quand il y avait du monde, il fallait être efficace : demander aux gens quel modèle ils souhaitaient porter, encaisser, les habiller, parfois les prendre en photo, et les déshabiller. A onze heures et demi, j'avais droit à trente minutes de pause-repas, puis à 14h30, quinze minutes de pause-thé-pâtisseries. Le week-end, je retournais vers 16h à l'entrée du parc, pour remercier les visiteurs qui partaient, en français et japonais. Je finissais le travail à 17h, et rentrais donc en bus, puis train.

 

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Qu’est-ce qui t’a le plus surpris à ton arrivée ?

La gentillesse et la disponibilité des gens envers moi m'ont agréablement surprise. Ensuite, le nombre de petites différences avec la vie quotidienne en France : rien n'est exactement pareil. Que ce soit l'architecture, même « occidentalisée », la nourriture (ah, les rayons des supermarchés où je ne reconnaissais rien...), le fonctionnement des moyens de transport...

 

Quels sont selon toi les aspects positifs de ce pays ?

La nourriture ! Et puis la politesse des gens, le dépaysement radical par rapport à la France, qui fait qu'on ne peut pas s'ennuyer, la richesse culturelle, les combini, l'incroyable efficacité des ouvertures faciles sur tous les produits (NDLudo : on ne le dira jamais assez !), l'urbanisme fou, la sécurité...

 

Et les négatifs ?

Le conformisme dans les conversations, la distance entre les personnes créée par le poids de la hiérarchie, les petites musiques horripilantes répétées en boucle dans les supermarchés, le manque de vacances, la Golden Week, l'impossibilité de trouver un bon pain et un bon fromage (NDLudo : c’est possible mais cher), les haut-parleurs à 7h du matin pendant les élections, la taille des chaussures et des vêtements, les quais incompréhensibles de la gare de Nagoya.

La liste a l'air plus longue que celle des points positifs, mais à condition de ne pas avoir un boulot trop dur, je pense que le positif l'emporte malgré tout.

 

A ton retour en France, qu’est-ce qui t’a le plus étonné ?

« Mais pourquoi les gens autour de moi sont tous prétentieux et désagréables ? »

 

Parle-nous de tes loisirs.

En dehors de la nourriture ? Lecture, amis, farniente... Depuis que je suis rentrée en France, je rattrape le temps de loisirs que je n'ai pas eu au Japon. Quand j'étais au Japon,  une amie japonaise m'a emmenée plusieurs fois faire des poteries avec un maître potier à Tajimi (dans la préfecture de Gifu), c'était très chouette.

 

Quel est ton plat japonais préféré ?

Les mame daifuku, une sorte de pâtisserie molle faite de pâte de haricots rouges enrobée d'une couche de pâte de farine de riz un peu caoutchouteuse fourrée de quelques haricots entiers. Dit comme ça, ça ne donne pas envie, mais c'est divin.

Mais globalement, j'ai adoré à peu près tout ce que j'ai mangé au Japon, que ce soit de la fine nourriture de Kyôto ou des gyûdon de Yoshinoya...

 

Quel endroit t’a le plus plu ?

Ah, question difficile... Je me suis sentie très bien à Tokyo en voyage avec mon amoureux, qui est Tokyoïte. J'ai beaucoup aimé par exemple Shinjuku, avec Golden Gai, Kabukichô... Et puis aussi Kichijôji, en banlieue. Mais j'ai aussi beaucoup aimé Kyoto, et d'une certaine manière l'espèce de zone indéfinie où je vivais.

 

Un message aux lecteurs d’Ougl ?

Si quelqu'un sait où on peut trouver des bons daifuku en France, je lui serais éternellement reconnaissante de me donner l'adresse (^o^)°

 

Prochaine entrevue avec Loïc.

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