Dix aliments qui manquent cruellement aux Gaulois au Japon

Publié le par Ludo

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Dans très exactement dix jours, nous partirons pour quelques semaines en France. Cela fera deux ans jour pour jour depuis la dernière fois, notre cérémonie de mariage. A l’exception du miso et du nattô, j’apprécie d’une manière générale beaucoup la cuisine japonaise mais à force, je développe de vraies fringales pour certains aliments français introuvables ou difficilement accessibles au Japon.

 

Le saucisson : Mon royaume pour du saucisson, du jambon de Paris ou du jambon fumé !  Dans quelques boutiques d’importation, on peut parfois tomber sur du pseudo saucisson espagnol emballé sous vide et avec un goût de pâté pour chat congelé (le pâté pas le chat) qu’on s’empresse d’oublier par la suite. Le vrai saucisson fait partie des choses que l’on ramène en priorité de France ou que l’on commande en premier à ceux qui vous rendent visite au Japon. Pourquoi cette obsession ? Peut-être parce que la cuisine nipponne manque de viande et n’utilise pas autant de sel qu’en Europe. Tous les Japonais qui ont essayé jusque là le saucisson l’ont adopté, Naoko en tête. Malheureusement la législation interdirait la vente de ce type de produit.

 

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La tarte au citron : Quand on parle de tarte au Japon, on pense essentiellement à l’apple pie britannique et quand on évoque le citron, beaucoup font la grimace en imaginant un dessert ultra acide. Le citron fait d’ailleurs partie des fruits les plus détestés par les enfants (j’eus l’occasion de le vérifier à de multiples reprises en effectuant de mini sondages durant mes cours). Difficile donc pour les Japonais de croire qu’il s’agit là de l’une des meilleures pâtisseries au monde.

 

Les moules marinières : Là, on n’y peut rien, puisque le mollusque n’existe pas autour de l’archipel. On rencontre parfois des coquillages y ressemblant comme deux gouttes d’eau mais leur consommation est fortement déconseillée.

 

La raie aux câpres : Curieusement elle ne fait pas partie du menu des Japonais, pourtant grands amateurs de poisson. Certes, il peut arriver que certaines enseignes s’amusent à la cuisiner mais d’une manière générale, les Japonais en ignorent le goût. Si vous me permettez ce bon mot, je dirais qu’au Japon, la raie on peut s’asseoir dessus. Quant aux câpres, ils sont vendus à prix d’or et nul ne sait avec quoi les utiliser.

 

Le fromage : D’accord, on en trouve et le camembert de Hokkaidô de la marque Yukijirushi n’est pas mauvais du tout mais à côté de ça, le choix est vite fait. Les Japonais les plus ignares ne connaissent que deux types de fromage, qu’ils nomment respectivement process cheese et natural cheese. Pour le premier, oubliez vite. Imaginez un vieux résidu de Vache-qui-rit de contrebande qui aurait durci dans un coin et qui ressemble à une gomme un peu molle avec un goût de sel très discret. On le sert parfois à la cantine des écoles et c’est sans doute pour cela que beaucoup de Japonais avouent ne pas l’aimer, ce à quoi je réponds « ce n’est pas du fromage ». Quant au natural cheese, l’appellation-même ressemble à une mauvaise plaisanterie. On sourit pourtant moins quand on s’aperçoit qu’il ne s’agit que de piètres copies locales de fromages étrangers : faux bout de savon danois, faux gouda vaguement verdâtre, faux camembert que l’on prendrait pour un accessoire de farces et attrapes etc. Les vrais amateurs doivent donc se ruiner sur les fromages d’importation vendus une fortune : 2000 yens pour un camembert Président, 1000 yens pour une lichette de brie, 3000 yens pour 100 grammes de Roquefort etc.

 

La glace : Alors oui effectivement, on peut acheter de la glace au Japon mais si l’on se contente de produits bon marché, on n’a souvent le choix qu’entre des glaces à l’eau bien chimiques pour enfants, des bâtons à la vanille où l’on sent bien la graisse végétale, quelques bizarreries à la fraise et au chocolat et c’est tout. Maintenant si on veut quelque chose de bon, il ne faut pas espérer se goinfrer. Prenez les yukimi daifuku : des demi boules de glace entourée d’une fine couche de mochi (riz malaxé) succulentes. On les trouve vendus en taille normale en boite de deux ou en taille naine en boite de six sachant qu’un estomac normal ne peut se satisfaire de deux portions normales... Häagen Dazs est également présent au Japon mais les tarifs pratiqués font mal au portefeuille : plus de 250 yens pour 125 ml (et cela va augmenter prochainement). Il fut un temps où on trouvait encore des boîtes de 500 ml à un prix plus avantageux bien qu’élevé (800 yens). Mise à part pour cette marque américaine, pour la marque Blue Ocean présente uniquement à Okinawa et dans quelques rares boutiques dans le reste du pays ou bien pour les produits de la chaîne 31 Baskin Robbins, on ne peut pas dire que les parfums soient variés. Les occasions de déguster des glaces à la menthe avec de petits morceaux de chocolat ou des glaces au miel avec des morceaux de nougat demeurent très rares. Il y a six ans, on pouvait se régaler avec des glaces à la Turque, parfum mangue. Un régal qui ne dura hélas que l’été. L’année suivante, la mangue céda bêtement la place à l’orange puis l’année suivante à la vanille pour ensuite complètement disparaître des rayons. Dommage, j’en achetais vraiment des brouettes et elles ne coûtaient que 100 yens pour 125 ml.

 

La raclette : Outre sa quasi-absence dans le commerce, il faut aussi déplorer les prix élevés de la charcuterie (on n’en produit pour ainsi dire pas au Japon). Pour rendre la réalisation de ce plat convivial complètement impossible, on ne trouve bien sûr aucune machine à raclette.

 

La choucroute : Le choux, ce n’est pas ça qui manque. Le vin blanc ne pose pas non plus problème. Mais là encore, l’absence de charcuterie bon marché (ou l’absence totale de petit salé) rend sa réalisation impossible.

 

Le cassoulet : Pour les mêmes raisons que la choucroute.

 

La pierrade : Il serait pourtant assez facile de préparer une pierrade avec les éléments du bord. A défaut de pierre, on pourrait cuire la viande en teppanyaki (plaques de métal chauffées) ou en barbecue. Le boeuf, quoique cher, reste abordable et l’absence de viande de dinde peut être compensée par du poulet. Il reste les sauces (bourguignonne, texmex, tartare etc.). Là encore on peut trouver des solutions (sauf peut-être pour la bourguignonne, à moins de la réaliser soi-même évidemment). Le problème réside dans le coût de revient de l’opération et on comprendra qu’il est nettement plus avantageux et simple d’opérer en France.

A suivre...

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