Dix personnalités de la TV japonaise dont on se passerait volontiers

Publié le par Ludo

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(1) Nagazawa Masami : Cette jeune actrice à l’apparence quelconque ne se contente pas de mal jouer dans les feuilletons télévisés : elle vous harcèle aussi de ses piètres performances dans de nombreux spots publicitaires avec en tête ceux de la première entreprise de télécoms japonaise, NTT, qui passent toutes les dix minutes, tous les soirs, sur toutes les chaînes (c’était du moins le cas jusqu’à maintenant où le rythme s’est enfin calmé). L’une des pubs les plus harassantes se présentait de la manière suivante : la peste vêtue d’un sac à patates de couleur, chantonne les mots « Timing » en battant la mesure à l’aide de son index droit puis on enchaine sur une jeune famille qui vient de déménager et qui vient gonfler la chorale d’un autre « timing » suivi d’un couple de retraités et ainsi de suite, le tout intercoupé de plans du fléau et de son sourire niais, tout ça pour dire que c’est le moment de passer à la fibre optique... Le rythme sauvage d’apparitions de ces séquences nous poussa d’une part à couper le son ou à changer de chaîne dès la première syllabe de « timing » prononcée (« ta ») et d’autre part à poursuivre la chanson par « gueule ».

Même si on continue de subir cette réclame, on doit désormais endurer beaucoup plus un spot dérivé vendant les mérites de l’abonnement à Internet pour la Wii à grand renfort de personnes âgées surexaltées et de prises de Nagasawa Masami imitant un cocker trisomique sous sédatif (et alcool).

 

(2) Ishihara Shintarô : Pour ce génie de la citation qui tue, je vous renvoie ici.

 

(3) Shimada Shinsuke : Il appartient à la même génération de comiques que Beat Takeshi et Sanma mais s’est reconverti dans la présentation de jeux télévisés, dont le désormais célèbre Quiz Hexagon II. A première vue, il apparait comme une personne douée pour la répartie et pour les remarques qui font mouche. Certaines s’avèrent souvent drôles d’ailleurs, à condition de ne soufrir d’aucun état d’âme vis-à-vis de la personne visée. Il fait mal, pousse le bouchon souvent trop loin et dans la vie de tous les jours, on ne peut s’empêcher de penser qu’il passe son temps à humilier son entourage. Il y a quelques années, il fut privé d’antenne pour une courte durée et dut faire des excuses publiques car il avait agressé une employée de sa boite de production car « elle lui avait manqué de respect ». Les actualités insistaient sur le fait qu’il s’agissait d’une jeune femme, fraîchement retournée des Etats-Unis et qu’elle avait dû oublier les bonnes manières... Je crois plus volontiers qu’elle n’a pas accepté de se faire traiter comme du poisson pourri...

 

(4) Hiking-Walking : Dans un pays où les comiques pulullent à ce point, on ne peut pas toujours tomber sur des génies. Voici le bas de l’échelle de la profession, avec un humour (?) d’un âge mental de deux ans. Si vous trouvez les cris et gesticulations amusants pendant cinq minutes, vous esquisserez éventuellement un sourire la première fois. Imaginez la même chose pour chacun des sketchs et là, vous vous demanderez vraiment comment on a pu laisser des gens pareils passer à la télévision...

 

(5) Ooshima Miyuki: Elle appartient au trio de femmes comiques Morisanchu. Avec un physique difficile, elle persiste à porter des sacs à patates en guise de vêtements, à arborer une coupe de cheveux grotesque et à parler comme un taulard. Sa vulgarité ne s’arrête pas à son langage puisqu’elle ne manque aucune occasion pour montrer son ventre bedonnant ou même son postérieur (toujours masqué d’une mosaïque). Quant à ses talents d’humouriste, disons qu’ils dépassent ceux de la personne précédente (chose facile).

 

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(6) Gyarusone : Maquillée comme une vraie pétasse de Shibuya, et armée de dents bien jaunes, elle n’excelle que dans une catégorie, la gloutonnerie. Certains d’entre vous l’ignoraient sans doute mais dès qu’un championnat du monde d’empifrage de hotdogs, de pastèque, de steaks etc. a lieu, c’est un Japonais qui l’emporte trois fois sur quatre. La gloutonnerie possède donc plusieurs célébrités et Gyarusone en est la plus récente. Lorsqu’elle est invitée, plus aucun doute n’ai laissé quant à la tournure de l’émission. C’est sûr, à un moment ou à un autre, elle va passer à table et déverser dans son gosier des kilos d’aliments. La quantité avalée et le rythme restent si incroyables que l’on ne peut en conclure que deux hypothèses. 1- C’est un oiseau marin qui s’envoie la nourriture dans l’oesophage sans mâcher ou 2- c’est un rapace nocturne qui s’envoie la nourriture dans l’oesophage sans mâcher et produit des pelottes de regurgitation à intervalles réguliers. C’est vraiment triste de voir que dans un pays qui attache autant d’importance à la gastronomie, on adule ce genre de cinglés. Cela influence de surcroit les écoliers. Beaucoup rêvent de devenir des gloutons professionnels un jour et les concours de rapidité pour finir un plat ou pour boire la bouteille de lait sont fréquents (sinon quotidiens). Avec des repas de cantine infects à la base, il est clair que plus personne à l’école ne semble s’intéresser au goût des choses et à l’importance de bien savourer ce que l’on mange. Inquiétant.

 

(7) Hosoki Kazuko : Pendant des années, cette voyante célèbre forte d’une collection de livres de « bonnes manières » et de prédictions, possédait sa propre emission où elle invitait une célébrité dont elle prédisait l’avenir et à laquelle elle disait ses quatre vérités. Son ton autoritaire, en particulier vis-à-vis des femmes d’un âge inférieur, en fit pleurer plus d’un ! Ses idées d’un autre âge (une épouse au foyer doit faire ceci et cela), ses convictions aberrantes (si vous ne changez pas votre nom de scène, vous allez mourir l’année prochaine), tout cela semblait faire repasser le Japon au début du vingtième siècle pendant une heure... Pourquoi accordait-on tant de crédit à un charlatan ? Sans doute parce que son franc parler, son pouvoir sur les invités les plus durs en apparence fascinaient les foules et que les Japonais ont toujours été très réceptifs à l’ésotérisme. Pourtant, début 2008, Hosoki Kazuko, avoua aux médias qu’elle en avait assez de continuer son cinéma plus longtemps et qu’elle s’arrêterait à la fin de l’année fiscale (fin mars). Elle admit qu’elle n’avait pas imaginé une seule de ses répliques et qu’elle n’avait pas écrit ses ouvrages elle-même. On lui avait tout soufflé...

 

(8) Kanda Uno : Riche comme Crésus, cette jeune fille, ancienne tarento au cerveau creux, eut la mauvaise idée de faire partager ses goûts vestimentaires immondes en devenant créatrice de mode. Si vous appréciez les teintes roses associées aux motifs léopard, vous n’êtes pas normal et vous adorerez surement Kando Uno.

 

(9) KAT-TUN : Enième boys’ band, KAT-TUN (à prononcer KAT-TOON), se compose de six membres ultra efféminés, affublés d’une tare congénitale qui les pousse à adopter une pose considérée comme « cool » par les plus dégénérés, dans le moindre de leurs mouvements et qui s’expriment au moyen de sons inaudibles articulés autour de la même intonation grotesque. A l’exception de leurs pas de danse, tout déplacement se fait en traînant les bras, en mettant les mains dans les poches avec la tête penchée sur le côté comme si on leur avait fait subir une séance d’électrochocs à l’asile. Leur succès fut à l’origine d’une épidémie puisque désormais tous les lycéens se conduisent de la même manière.

 

(10) Sazaesan : Toshiba eut l’idée de sponsoriser dès 1969 un dessin-animé narrant la vie de tous les jours d’une grande famille japonaise typique avec une jeune fille (Sazaesan) partageant le foyer de ses parents avec son mari et ses frères et soeurs, basé sur un manga né en 1946, … Des dizaines d’années plus tard, rien n’a changé. Le générique de début est resté le même. Le style graphique fait toujours aussi 60’s et c’est toujours aussi chiant. Beaucoup de Japonais se demandent pourquoi je hais à ce point ce qu’il considère comme une partie du folklore local. Je leur réponds d’abord que j’adore d’autres vieilleries comme Doraemon parce que c’est drôle, bourré d’idées et indémodable. Sazaesan, c’est tout le contraire. Il ne s’y passe rien, c’est complètement has-been et je préférerais regarder Derrick plutôt que de me taper ça chaque semaine.

A suivre...

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