Le supplice du robinet

Publié le par Ludo

Je vous l’ai démontré à plusieurs occasions : notre appartement n’est pas des plus fonctionnels : des portes trop basses, des prises téléphoniques trop hautes, du bruit sans arrêt, et un chauffe-eau aussi peu pratique que laid (que nous avions heureusement fait changé l’année dernière, souvenez-vous) etc. Permettez-moi d’ajouter une nuisance à cette liste : le lavabo. Situé dans un renfoncement entre l’entrée de la salle de bain, des gros tuyaux et le mur des toilettes, son étroitesse ne permet aucune manoeuvre simple. Outre l’impossibilité de le partager à deux, ceux qui mesurent plus d’un mètre quatre-vingt doivent sans arrêt veiller à ne pas se fracasser le derrière de la tête sur ce fichu abaissement du plafond situé dans votre dos quand vous faites face au miroir. Vous êtes donc confiné dans un carré de  soixante centimètres de côté, au-delà c’est un coup de coude dans la porte de la salle de bain, un coup d’épaule dans les tuyaux ou un coup de tête si vous avez le malheur de reculer ne serait-ce que d’un millimètre. Régulièrement, à raison d’une fois par mois, je m’atomise le crâne à cet endroit précis malgré toutes mes précautions. Il apparaît en réalité que j’anticipe effectivement toujours les chocs éventuels en me baissant, pas suffisamment apparemment, puisque les blessures n’apparaissent pas derrière la tête mais bien au sommet en plein milieu...

Mais le plus agaçant dans tout ça vient du robinet lui-même. Je ne sais pas quel est le sagouin qui m’a collé ce truc mais si je mets la main sur ce sombre sadique...

A première vue rien ne cloche, il s’agit d’un dispositif japonais standard, c’est à dire sans eau chaude. Avec l’habitude, on s’en sort. On constate que rien ne va plus dès qu’on l’actionne car il n’en sort qu’un jet ridicule digne d’un vieillard auquel on aurait demandé par erreur un quatrième échantillon d’urine en l’espace d’une demi-heure. On se dit qu’avec de la patience on arrive à ses fins... Erreur ! La position du robinet est si rapprochée du bord et il est si court que l’on doit si prendre de la sorte :


 

Pour se laver le visage, cela prend un temps monstre (voyez le temps qu’il faut pour remplir le réceptacle formé par ses mains vers la fin de la séquence... Je le hais.

NB : oui c'est bien le train que l'on entend dans le fond.

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