Faune ferroviaire XV

Publié le par Ludo

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L’anecdote du jour remonte à 2004. Je prenais le métro pour rentrer chez moi et profitais d’une place assise bien méritée pour un trajet aussi long. Les wagons étaient toujours vides au moment où je m’asseyais mais devenaient infernalement bondés plusieurs stations plus loin. Les effectifs étaient composés quasi essentiellement d’étudiants, en particulier des étudiantes. A la station Bidule, une nouvelle fournée de filles s’engouffra à l’intérieur et le niveau de décibels atteignit son paroxysme. Trois filles attirèrent mon attention puisque c’était les seules que je pouvais apercevoir distinctement dans cette jungle de bras et de jambes. Je remarquai que l’une d’entre elles semblait apprécier le contact avec la plus grande du lot puisque toutes ses fins de phrase se ponctuaient par une main bien appuyée sur l’épaule de l’autre. Au fur et à mesure que la conversation avançait, je sentis que tout cela s’acheminait vers quelque chose de peu commun : la longueur du contact augmentait, les trois filles s’amusaient en riant à se toucher pesamment le cou et la taille et très vite la plus téméraire se mit à faire pouët pouët sur la poitrine de l’autre qui riposta de même sur la troisième. Cette symphonie de pouët prit un mouvement plus lent et les filles ne jouaient plus vraiment. Je me remis en tête les éléments de l’équation :

Un métro bondé

En fin d’après-midi

Avec des filles qui se tripotent en public ?

Au Japon ?

 


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Non, c’était impossible... Et pourtant... Je réexaminai la scène qui s’était d’ailleurs enrichie sur ces entrefaits puisque que les postérieurs étaient désormais de la partie. Je jetai un coup d’oeil autour de moi dans l’espoir de trouver un autre incrédule qui aurait pu témoigner de la scène... Personne, comme c’est souvent le cas dans ce pays, il est impossible de partager ce type d’événement avec des inconnus, à croire que tout le monde vit dans une autre dimension.

Cette histoire aurait pu en rester là si je n’avais pas été le spectateur d’une scène similaire quelques mois plus tard, toujours dans le métro. Les filles incriminées n’étaient que deux  et n’avaient rien à voir avec celles que j’avais déjà observées.

Leur manège demeurait pourtant similaire avec la même approche timide, la même stratégie ludique à la « ahaha tu as des gros seins qui font pouët » mais avec une tournure des événements plus scabreuses.

Je me refis une petite équation :

Un métro bondé

En fin d’après-midi

Avec des filles qui se tripotent en public ?

Au Japon ?

Encore ?

Et qui prennent la culotte de leur copine pour leur poche ?

Je mis plusieurs minutes à regarder autour de moi dans l’espoir vain de trouver un complice éventuel... Personne...

 

Publié dans Cas sociaux

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