Dix particularités qui caractérisent une obasan

Publié le par Ludo

Voir les épisodes précédents.

 

Chaque obasan (dame japonaise d’âge mur) se remarque par au moins l’un des dix points suivants et, dans de nombreux cas par tous.

 

Des épaules puissantes

A force de bousculer tout sur leur passage, les obasan ont développé une résistance supérieure à la moyenne à ce niveau, en dépit de jambes arquées et d’une taille décroissante. On raconte qu’elles servent d’entraînement aux plus grands clubs de rugby de la planète.

 

Une voix portante qui ne se repose jamais

La nature les a dotées de cordes vocales redoutables, capables de produire une fréquence parfaitement insupportable au commun des mortels avec un savant équilibre de tons nasillards, d’intonations exagérées et de subites rires producteurs de migraine. Le tout est balancé en continu, avec juste le temps nécessaire pour qu’elles reprennent leur souffle. Les silences les plus longs atteignent deux secondes. Je me souviendrais toujours du trajet en train Nagoya/Takayama lorsque nous nous étions rendus à Shirakawagô : deux heures interminables avec quatre obasan inépuisables à proximité.

 

Un refus catégorique de s’excuser

Refus ou ignorance d’autrui... Difficile de trancher, mais soyez assurés que lorsque vous êtes bousculés violemment, piétinés ou doublés dans les files d’attente sans recevoir un mot ou un geste de pardon, c’est dans 90% des cas par une obasan.

 

L’intime conviction d’avoir tous les pouvoirs

La plupart des infractions ne sont pas causées par des jeunes, croyez-moi. Une obasan gare son vélo surtout là où c’est interdit, balance ses déchets où bon lui semble, allume une cigarette dans les zones non-fumeurs (les quais de gare entre autres), et réarrange à sa manière les lots de fruits (les pyramides de pommes par exemple) en choisissant les meilleurs parmi d’autres (pratique pourtant interdite).


Image Hosted by ImageShack.us

 

Une affection poussée pour les tabliers et les bobs

Le tablier constitue la panoplie des obasan, y compris à l’extérieur de leur foyer. Elles se réunissent entre copines à tablier, font leur course dans cette tenue sans oublier le bob, histoire de confirmer l’absence de considération d’ordre vestimentaire.

 

Une franchise développée qui permet de dire tout haut toute pensée

On ne ment pas souvent chez les obasan. On dit ce qui passe par la tête sans retenue, et si c’est mal pris par son interlocuteur, il suffit de rire un grand coup. Tact, délicatesse, esprit... Tout cela n’est que balivernes.

 

Une coupe de cheveux anecdotique

On trouve deux grandes tendances. La coupe yakuza : cheveux courts permanentés façon gorille, et la coupe punk : cheveux courts teints avec une couleur flashy (violet, bleu ou rose).

 

Un goût prononcé pour les motifs panthère

Ceci n’est pas incompatible avec le tablier. Je vous renvoie à cet article.

 

Un vélo avec un ou plusieurs paniers et des manchons

Les obasan, après avoir enfilé leur treillis étudié pour les courses (bob, tablier, chemisier en panthère), enfournent leur char de combat : une bicyclette capable de supporter un poids impressionnant de denrées mais où les précieuses mains de leur propriétaire sont protégées du soleil et des intempéries par des manchons fixés au guidon. Ces vélos pilotés avec hargne par nos héroïnes portent le nom de mamacharin ママちゃりん. Mama signifie « maman » et charin est l’onomatopée qui illustre la sonnerie. Les vélos normaux peuvent d’ailleurs porter le sobriquet de charinko ちゃりんこ.

 

Un départ à vélo inimitable

Puisque les images parlent plus que les mots, je vous montrerai cela lors d’une prochaine occasion. J’avais d’ailleurs déjà évoqué la chose ici.


PS : le spécimen de la photo n'est pas des plus représentatifs mais je n'avais que cette photo de mauvaise qualité sous la main.

 

A suivre...

Publié dans Ougl

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :