Dix particularités qui caractérisent un ossan

Publié le par Ludo

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Nous poursuivons nos caricatures aujourd’hui par ce qui se fait de plus beau dans l’archipel : l’homme d’âge mur nippon ou ossan.

On le reconnait par au moins l’un des points suivants :

 

Une façon bien particulière de se déplacer

L’ossan de base marche toujours lentement sans vraiment savoir où aller. Il existe d’ailleurs un verbe en japonais pour illustrer la chose : さ迷う samayou que l’on pourrait traduire par « baguenauder » (comme Belle des Champs dans les pâturages) ou « flâner ». Imaginez un petit enfant perdu dans un supermarché mais donnez-lui au moins soixante ans de plus.

 

Un moyen primitif de communiquer

Lorsqu’un ossan se retrouve entouré de personnes inconnues, il émet des borborygmes divers (reniflement porcin, râclement de gorge bruyant avant d’avaler les lourdes glaires bien copieuses ainsi soulevées, suçage de dent creuse etc.). Les spécialistes se perdent d’ailleurs en conjecture à ce sujet. S’agit-il vraiment d’une tentative de dialogue, d’une forme de réaction illustrant un trop plein de timidité, un moyen de s’affirmer ou juste un tic obsessionnel ?

 

Un vieillissement cellulaire accéléré

Quand on dit ossan, on pense forcément à des retraités dont la calvitie n’est plus une préoccupation, à des visages ridés qui semblent accuser le poids d’une vie de labeur. On est donc souvent surpris d’apprendre que telle personne à laquelle on aurait donné 65 ans en fait en réalité 45.

 

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Une passion pour certains articles vestimentaires

En quelques mots : slip kangourou blanc et marcel de la même couleur. Et là vous me dîtes : « mais comment se fait-il que Ludo connaisse la teneur de leur sous-vêtements ? ». L’ossan n’étant ni pudique ni conformiste, j’ai pu en voir à plusieurs occasions (dans les vestiaires des onsen bien sûr mais aussi dans la rue à deux reprises, sans compter ce slip aperçu dans un endroit inattendu en compagnie de Howard et dont nous reparlerons). Quant aux marcels, ils sont très largement visibles en été puisqu’ils remplacent les T-shirts, et on les voit très souvent au travers des chemises des salarymen.

 

Des pieds robustes

Vu l’état des chaussures utilisées (les tongues restent d’ailleurs privilégiées), et les frictions qui en résultent sur la plante des pieds, les ossan sont certainement dôtés d’une épaisseur d’un centimètre de corne.

 

Un visage plein de vie et de santé

Si vous prenez le train le matin et que vous n’êtes pas de bonne humeur, évitez à tout prix de croiser le regard avec un ossan sous peine de broyer du noir pour le reste de la journée. Ces faciès de têtes de veau dans leur plat transpirent l’ennui et demeurent très contagieux.

 

Un sens aigu du territoire

L’ossan marque le sien en crachant partout. Oubliez les petites giclées de salive, certes peu ragoûtantes. Pensez aux gros glaviots industriels qui feraient passer ceux des joueurs de baseball américains amateurs de chique pour des gouttes d’eau minérale. Je parle ici de flaques baveuses de couleurs diverses qui ponctuent les passages de ces lamas malpolis.

 

Un sens aigu de la vie en communauté

A l’instar des obasan (mais en plus soft tout de même), l’ossan ne se perd pas à élaborer toute action ayant un lien avec une quelconque forme de politesse. Il pousse sans s’excuser, jette ses détritus où il le désire etc. toujours avec cette expression de mérou au bord du suicide.

 

Une fascination inexplicable pour certaines choses

Lorsqu’il se retrouve face à une femme plutôt jolie, un étranger, un chien ou devant un événement particulier (accident, chantier etc.), il va se retrouver en position d’arrêt (comme un canin du même nom) et fixer des yeux avec insistance pendant de longues minutes (heures ?) ce qu’il considère comme un spectacle (oui, toujours avec la même expression caractéristique façon « Invasion des profanateurs »). L’ossan représente le badau idéal puisqu’un rien semble le captiver.

 

Une concertation assidue avec soi-même

Où qu’il soit, l’ossan aime bavarder tout seul et commenter son quotidien. Cela ne s’avère ni assez audible pour qu’on le remarque tout de suite ni assez faible pour qu’on le prenne pour un simple murmure. En y prêtant l’oreille et à condition de se situer à proximité, on peut parvenir à comprendre à 60% la teneur des propos. Ceux-ci trahissent le plus souvent les pensées les plus banales (« ah j’ai chaud », « tiens où est-ce que j’ai mis mon ticket » etc.) mais peuvent atteindre des niveaux plus inquiétants avec de véritables monologues. Faisons bien la part avec certains cas communément qualifiés de « gâteux » puisque je le répète, un ossan n’est pas forcément une personne âgée même si elle en a l’air.

 

PS : comme pour la semaine dernière, ce spécimen pris à la va-vite n’est pas des plus représentatifs (il est même plutôt classieux) mais étant à cours de photo…

 

A suivre...

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