Dix courtes anecdotes incroyables de l’école (deuxième partie)

Publié le par Ludo

Voir l’épisode précédent.

 

John, le bon vivant

Mon entreprise possède dans l’ensemble une bonne réputation mais elle fut très certainement entachée par quelques individus comme John, citoyen américain de 24 ans à l’époque. Nous travaillions avec une quinzaine d’autres professeurs dans la même zone et il enseignait toute l’année dans un unique collège. Fraîchement arrivé au Japon et disposé à s’amuser un maximum, il ne considérait pas vraiment son poste comme un travail mais comme une partie de franche rigolade. Il ne parlait pas japonais et ses collègues japonais ne parlaient pas un mot d’anglais (y compris les profs de cette matière), ce qui rendait tout communication difficile. Le tout était compliqué par son culot qui intimidait son entourage professionnel nippon. Comment voulez-vous faire comprendre à un jeune gars super souriant et qui ne se démonte jamais que se pointer à l’école juste avant le premier cours de la journée et partir juste après le dernier ne se fait pas ? Le gars ne restait ainsi que trois à quatre heures et quittait les lieux en fanfare en disant un grand « goodbye » à ces collègues estomaqués par tant d’aplomb. John faisait aussi beaucoup la sieste, si possible au grand jour dans la cour et lorsque la piscine devenait accessible en été, il n’hésitait pas à aller faire trempette, surtout si un cours de natation avait déjà lieu. Il m’avait raconté un de ses piquages de tête à l’issue d’un meeting : « C’est super en ce moment, je nage tous les jours, ça rafraîchit ! Tu devrais faire pareil ! Et puis les collégiennes se marrent beaucoup quand tu sautes dans l’eau en faisant une bombe ! ». John, un extra-terrestre en vacances sur terre.

 

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Pop !

Simon ancien collègue néo-zélandais de retour au pays, enseignait dans plusieurs collèges dont un situé près d’une de mes écoles. Nous prenions donc souvent le même bus et partagions nos anecdotes pour revenir sur les mêmes conclusions : nos deux établissements accueillaient un fort pourcentage d’handicapés physiques et mentaux.

Il me narra son tout premier jour et tout l’effroi qu’il avait ressenti vis-à-vis d’un élève. Bien sûr, aucun prof ne vous prévient à l’avance que tel ou tel élément souffre d’un handicap ou trouble quelconque et Simon pensait s’adresser à une classe tout à fait classique. Il posa une question en anglais à plusieurs élèves qui répondirent parfaitement bien puis enchaîna sur un autre qui semblait hésiter. Le problème c’est que chacune de ses hésitations s’accompagnaient d’un hochement de tête qui après un examen plus approfondi avait l’air vraiment étrange : l’œil droit de l’adolescent semblait se soulever à chaque mouvement. Inconsciemment Simon se pencha très légèrement pour vérifier si effectivement cet œil bougeait de manière naturelle ou non quand soudain… pop ! L’œil sortit de son orbite pour tomber sur le bureau. Son propriétaire s’empressa de remettre sa prothèse en verre en place. Simon, très professionnellement, accusa le choc sans trop broncher (il sursauta quand même un peu) et réitéra sa question…

 

Le loup dans la place

Ce n’est que quatre ans après avoir officié dans une certaine école primaire que j’appris par un collègue resté dans la même zone académique que l’un de ses instituteurs avait été arrêté : il avait pris l’habitude de filmer à leur insu, les fillettes qui se changeaient dans leur vestiaire en laissant un caméscope en marche bien dissimulé quelque part ! Je me souviens bien de cet homme, jeune, complètement incompétent et incapable de faire la discipline. J’ignore depuis combien de temps il s’adonnait à ce passe-temps malsain mais je doute qu’il soit devenu prof par vocation.

 

NB : la photo n’a aucun rapport avec les histoires décrites dans l’article

 

A suivre

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