Dix choses qui ne nous manqueront pas quand nous ne serons plus profs

Publié le par Ludo

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Plus que quelques semaines avant de mettre fin pour de bon à trois ans dans l’enseignement nippon pour Naoko et sept pour moi-même. A la vue de cet article, beaucoup doivent penser que nous ne gardons de cette profession que des mauvais souvenirs. Si les bons moments ont été nombreux grâce à quelques établissements, enseignants et élèves extraordinaires et de nombreux fous rires, je dois dire qu’ils ont été obscurcis par tous les mauvais. Nous ne regretterons donc jamais :

 

Les élèves odieux

Il suffit d’un élément de cette espèce pour rendre une classe insupportable. J’en ai connu chaque année, dans 95% des classes que je fréquentais. Abonné au bruit 24 heures sur 24, ce n’est pas le vacarme qui m’ennuyait le plus mais le manque de respect de certains affreux, pas forcément à mon égard d’ailleurs, car leur haine pouvait s’adresser au professeur de la classe que j’assistais ou à un autre élève.

 

Les profs laxistes

Les élèves odieux décrits dans le paragraphe précédent, ne seraient certainement pas si odieux si dans la plupart des cas, leur professeur les disciplinait un minimum. Je n’oublierai jamais une institutrice de CE1 avec laquelle je travaillais cette année. Sa classe comportait trois infernales monstruosités qui passaient leur temps à se lever pendant le cours, à hurler pendant que je parlais et à embêter leurs pauvres voisins ou voisines en les tapant, en faisant tomber leur trousse ou en dessinant sur leur feuille… La prof, une quinquagénaire incapable de fermer la bouche à cause d’une dentition chevaline, ayant remarqué dès le premier cours que leur manège m’agaçait sérieusement (je haussais la voix toutes les trois minutes et enguirlandais l’un des fauteurs de trouble toutes les dix minutes), tentait de les calmer en s’agenouillant à leur côté et en leur murmurant d’écouter alors qu’elle remettait leur bureau en ordre. A priori vous me direz, pourquoi pas ? Le problème c’est qu’à chaque fois qu’un zouave faisait le pitre (ou l’inverse), elle répétait son cirque… toutes les trois minutes… Cerise sur le gâteau : elle leur caressait souvent le haut de la tête à l’issue de son rite. Voici le déroulement d’un cours : le gamin A joue au con, je lui dis de se taire, il continue en souriant, je hausse le ton, l’instit’ se poste à sa hauteur et lui murmure quelque chose, il s’exécute pendant cinq secondes, elle lui caresse la tête, puis le gamin B joue au con, et A recommence à jouer au con… Et ainsi de suite…

 

L’attitude de la direction

Aaah, la hiérarchie nipponne ! Au sommet des types qui ne font rien de leurs journées, et qui abusent de leurs subordonnés pour qu’ils travaillent à leur place. Si de mon côté, je n’ai pas trop eu à me plaindre à ce niveau là, il en est tout autrement pour Naoko. Vous serez sidérés d’apprendre quelques anecdotes que Naoko vous prépare pour le printemps si tout se passe bien (une fois que nous serons en France avec un accès internet).

 

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Le trajet

Quand il ne fait que 45 minutes, cela passe encore mais au-delà d’une heure, ou pire au bout d’une heure et quarante minutes comme l’année dernière, cela devient vraiment une épreuve de force. La durée influe certes sur la fatigue mais c’est surtout la forte fréquentation des transports en commun le matin qui vous mine : les métros où on se retrouve comprimé contre la vitre, les trains grouillant de lycéennes qui beuglent et en ce qui me concernait beaucoup, les vélos trop petits qui vous font très mal aux cuisses.

 

Le fait de se lever tôt

Nous ne souffrîmes de cela que durant ces deux dernières années. 6h n’est pas une heure humaine.

 

Les heures à rien faire

Avant de créer Ougl, je n’avais pour ainsi dire aucune autre occupation à l’école en dehors des cours que de bouquiner. Mais quand on doit s’occuper parfois pendant six heures (du temps où j’enseignais au collège en tout cas), ce n’est pas vraiment une solution. Paradoxalement, rester immobile à ne rien faire s’avère extrêmement épuisant, comme si toute la frustration accumulée à cause de l’imbécillité d’un système qui vous oblige à rester jusqu’à une heure précise pour rien ou à venir au boulot même si vous n’avez aucun cours de la journée, se transformait en fatigue.

 

Répéter plusieurs dizaines de fois le même cours

Avec plus de trente classes par ans, j’étais souvent contraint de donner plus ou moins la même leçon. Plus de vocabulaire pour les sixièmes, des jeux plus simples pour les plus petits, bref j’adaptais selon l’école, l’âge des enfants et le niveau de la classe. Pourtant à la base, le cours restait le même. De temps en temps, la lassitude l’emportait et je décidais de donner un cours prévu normalement à une autre date (j’étais toujours seul maître de mon planning) mais cela signifiait que je devais de toute façon déblatérer la même chose aux classes de même âge d’une même école.

 

Le déjeuner

Plus jamais je ne verrais ça.

 

L’école en hiver

L’une des raisons pour laquelle je déteste l’hiver passe par ce que j’en ai vécu à l’école. Je n’ai jamais compris pourquoi on persistait à rendre l’intérieur d’un bâtiment aussi glacial.

 

L’école en été

A la différence de l’hiver, on n’y peut pas grand-chose à moins d’installer la climatisation dans les salles de classe mais cela ne me semble ni écologique, ni économique.

 

A suivre

 

NB : la photo a été prise en automne dernier lors d’une virée avec les parents de Naoko, à côté de ça.

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