10000 km avec le sourire

Publié le par Ludo

Jamais un retour en France ne fut aussi parfait. Tout débuta pourtant assez mal dès six heures du matin. Profondément endormis dans la chambre d’hôtel de l’aéroport que nous avions louée pour des raisons pratiques, nous tentions de récupérer les derniers jours très éprouvants que nous avions passés à déménager et ranger. A six heures pétaradantes, une nuée d’obasan sortirent à grand bruit sur le palier à grand renfort de portes qui claquent, de roulettes de valise grinçantes et caquetages typiques : « BONJOUR MADAME TRUC, VOUS AVEZ BIEN DORMI ? VOUS N’AVEZ RIEN OUBLIE ? IL FAIT PLUTÔT FRAIS CE MATIN NON ? AH BONJOUR MADAME MACHIN. JE DISAIS JUSTEMENT A MADAME TRUC QU’IL FAISAIT PLUTÔT FRAIS CE MATIN. » etc. L’une d’elle communiquait d’ailleurs de bien étrange manière avec un timbre de voix dont le volume frôlait la sirène de police mais tout en parlant très lentement « BOOONNNNJOOOOUUUUR MAAADAAAAMME ». Bref, sans aucune considération pour la moitié de l’immeuble qu’elles avaient dérangée, elles se rendirent, telles un cordon de manifestantes au lobby. Il nous restait une heure de sommeil qu’il nous fut impossible de récupérer. Le morning call automatique retentit et nous décidâmes d’un commun accord de ne pas prendre notre petit déjeuner gratuit à l’hôtel afin d’éviter les vieilles pies. Une fois prêts, nous prîmes l’ascenseur avec nos lourds bagages : une valise chacun, un sac à dos et la malette qui contenait mon ordinateur portable pour Naoko, mon sac avec mon appareil photo et mes objectifs ainsi qu’une malette qui contenait les 7kg de ma PS3 pour moi. Au rez de chaussée nous fûmes surpris de ne plus voir les oiseaux de basse-cour précédemment cités. A la place, une centaine de Chinois avaient investi les lieux avec des vieux plantés immobiles en plein milieu de toutes les issues possibles, des gamins qui couraient en hurlant et des jeunes filles aux tenues invraissemblables. La pire, quoique très mignonne, avait revêtu une combinaison moulante polaire violette fluo trop fine pour être considérée comme autre chose qu’un pyjama et portait des moonboots.

Le ventre vide et encore à l’état de zombis, nous fîmes route vers le terminal à pied, sans prendre la navette qui débordait déjà de Chinois. Le trajet n’était de toute façon pas bien long.

 

Image Hosted by ImageShack.us


Nous enregistrâmes nos bagages au comptoir de la Japan Airlines et avec des yeux de lapinou mignon, je négociais une place près des issues de secours afin de ne pas soufrir du syndrome du genou dans l’oeil. Il est apparemment désormais indispensable de prouver que l’on est bilingue pour bénéficier de ces places (à la JAL du moins). Nous prîmes alors enfin un petit-déjeuner et sans attendre passâmes l’immigration. L’agent me gratifia même d’un « bon retour » avec un grand sourire.

Tout s’était déroulé finalement à merveille : un billet pour un vol direct pas cher (100000 yens par personne) obtenu sans problème quelques mois plus tôt, des places où je pouvais allonger mes jambes... Il ne manquait plus qu’à faire preuve de patience pendant douze heures. Et là, je fus subjugué de voir le temps passer aussi vite. Il faut dire que nous pûmes regarder trois films (Yesman, Benjamin Button et l’excellent Slumdog Millionaire) dont deux très longs. Arrivés en France, le passage de l’immigration où on tamponne votre passeport se passa pour une fois comme un charme  et aucun temps d’attente ne fut à déplorer. Les agents des douanes ne vérifièrent pas nos bagages (nous n’avions de toute façon rien à déclarer) et nous pûmes rejoindre mon père en un temps record. Aux antipodes du calvaire de China Eastern, ce vol représenta un très agréable moment.

Publié dans Sorties et voyages