Un gros cube, un p’tit cube

Publié le par Ludo

Voir l’épisode précédent.

 

Avant de charger les dernières affaires qui allaient partir chez mes beaux-parents et avant de rendre les clés de notre appartement, nous devions envoyer une partie de nos gros bagages par bateau en France. Huit mois auparavant, nous avions pris contact auprès d’une amie de Naoko qui travaille dans une entreprise de déménénagement afin de connaître les tarifs. Grâce à elle, nous allions bénéficier d’un rabais très intéressant. Elle nous avait promis en effet 400 000 yens (3000€) pour un volume de 5x5x5m. A l’époque nous n’avions pas vraiment réfléchi à la chose mais je trouvais déjà fantastique de pouvoir y mettre quasiment tout ce que nous voulions. Puis, un jour, quatre mois plus tard pour être exact, une idée peu plaisante traversa mon esprit un peu de la manière suivante :

« Voyons un peu. 5x5x5, ça fait 125 ... C’est vraiment... énorme ! C’est pas possible !! Mon dieu... Et si 5x5x5 représentait en réalité dans sa tête non pas 125 mais 5  ? ». J’en fis part à Naoko qui, toute étonnée, me répondit : « Ben... 5 c’est pas 5x5x5 ? ». Elle contacta son amie qui eut la même réaction mais qui, après vérification, admit son erreur. Houlà ! A partir de ce stade, nous commençâmes à stresser car il allait falloir faire de nombreux sacrifices : adieu la bibliothèque, la table de la cuisine, la table basse du salon et le canapé... Les futon allaient-ils tenir ? Et mon PC ?

A deux semaines de l’échéance, nous débutâmes la pénible corvée d’empaquetage de tout ce que nous pouvions. L’entreprise nous avait livré au préalable une dizaine de cartons et nous avions pour consigne de ne surtout pas les fermer et de rédiger une liste détaillée de leur contenu.

 

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Le 30 mars, trois jeunes déménageurs en uniforme sonnèrent à notre porte : une fille assez forte de plus de 25 ans, un garçon d’à peine plus de 18 ans et une autre fille du même âge. Moi qui m’attendait à voir débarquer une équipe de gros durs avec des tatouages à peine dissimulés... Très vite, nous pûmes admirer le génie japonais en pleine action. A peine débarqués, les trois accolytes retirèrent leur casquette et se présentèrent dans l’ordre. La chef nous remit des papiers à signer puis examina un carton et la liste de son contenu écrite par nos soins. Elle prit une  large feuille de papier sur laquelle elle indiqua un numéro et elle recopia dans les grandes lignes notre liste. Elle se saisit d’un rouleau de scotch et referma le tout avant d’écrire au marqueur sur le haut mon nom et le numéro du colis, ce même numéro qu’elle allait répéter sur toutes les faces. Elle tendit le paquet à un de ses collègues qui le plaça à l’extérieur sur un petit charriot avant de s’attaquer au carton suivant, et ainsi de suite. Ce manège eut ainsi lieu une vingtaine de fois avec les mêmes constantes : la chef qui fait tout et deux autres qui restent plantés derrière sans rien faire, mis à part descendre le charriot au rez-de-chaussée et charger le tout dans le camion.

Les articles que nous n’avions pu placer dans les cartons attitrés (skis, écran PC etc.) furent soigneusement emballés et, au bout de deux heures et demi, après d’ultimes paperasses, l’opération prit fin. Franchement tout serait allé beaucoup plus vite si les deux autres avaient mis la main à la pâte : pour vérifier nos listes, refermer les paquets et étiqueter le tout... Mais bon, on ne touche pas à la sacrosainte procédure nipponne.

Nous parvînmes finalement à n’envoyer que trois réduisant ainsi à 267000 yens (2000€) nos dépenses, ce qui constitua un gros soulagement. Tout cela doit être arrivé au port du Havre à l’heure où j’écris ces lignes et, une fois que les démarches douanières seront terminés, nous devrions recevoir notre précieux chargement à la fin du mois.

Publié dans Back to the future

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