バス

Publié le par Ludo

Depuis tout petit, je ne cesse de partager mon horreur d’un moyen de locomotion que j’utilise pourtant désormais presque tous les jours pour me rendre au boulot : le bus.

Mon estomac se comporte parfaitement en avion, en train, en bateau et en voiture mais allez savoir pourquoi, il danse la samba dès lors que j’y passe plus d’une heure. Heureusement me direz-vous, car à moins de me rendre en vacances au ski, je ne le prends guère plus de 25 minutes.

Le bus japonais, ou バスbasu (transposition filtrée au katakana du mot anglais), m’exaspère particulièrement.

Selon les endroits, il peut arriver que vous n’ayez droit qu’à un passage toutes les heures comme c’était mon cas il y a trois ans. « Mieux vaut ne pas arriver en retard à l’arrêt » se dit-on jusqu’au jour où on se rend compte que le chauffeur est passé à l’avance...

Si vous prenez un « quatre-quart sur roue » à partir d’une gare, le véhicule aura une grande chance d’être déjà là, avec une niaise voix enregistrée vous invitant à prendre garde à la marche en montant. J’apprécie moins ce geste quand ladite voix passe inlassablement en boucle pendant dix minutes. Il en va de même quand vous attendez à un feu et que le conducteur a choisi de tourner à gauche : une autre voix tout aussi irritante répétera ad nauseam « je tourne à gauche, faîtes attention, je tourne à gauche, faîtes attention, je tourne à gauche, faîtes attention, je tourne à gauche, faîtes attention, je tourne à gauche, faîtes attention, je tourne à gauche, faîtes attention, je tourne à gauche, faîtes attention » alors que la circulation se retrouve complètement bloquée et qu’il vous prend des envies de meurtre.

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L’espace offert vous contraint souvent à des contorsions invraisemblables puisque vos genoux enfoncent le coussin du siège avant alors qu’ils sont écartés de quarante centimètres ou qu’un radiateur ne vous laisse que dix centimètres de battement.

Si la fréquentation intense aux heures de pointe vous oblige à vous tenir debout et à pester de voir des lycéens assis et des lycéennes bavarder dans un vacarme insoutenable où se mêlent air vicié et odeurs de tabac froid et de sueur (comme dans le métro), vous devez en plus prendre garde de ne pas tomber lors des freinages intempestifs du chauffeur. Dans certains endroits, un panneau s’allume à chaque pression sur le frein, conseillant aux passagers de se cramponner sur ce qu’ils peuvent. A Aichi, il faut faire preuve d’intuition…

Puis vient le moment où vous devez vous frayer un chemin pour rejoindre la sortie en veillant à ne pas marcher sur ceux qui ne se poussent pas assez et à vous baisser suffisamment pour ne pas vous cogner la tête sur le plafond.

A ma grande joie, les bus que j’emprunte cette année me permettent plus de détente : peu d’usagers, beaucoup de places libres, ainsi qu'une hauteur de plafond suffisante… Si seulement on pouvait faire taire ces voix enregistrées une bonne fois pour toute !

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