Révolution sibérienne

Publié le par Ludo

Avant d’emménager dans cet appartement il y a cinq ans, j’avais tenu à posséder une grande table dans ma salle à manger. Je rêvais de soirées fondue suivies de jeux de cartes dans une de ces ambiances chaleureuses qui avaient ponctué mes journées d’étudiants jadis.

Puis la triste réalité vint saborder ce souhait naïf :

-         Oui on trouve de la fondue savoyarde au supermarché mais de là à vouloir partager cette imitation grotesque de fromage avec des amis…

-         Vous n’imaginez pas combien il est difficile de réunir ses copains de nos jours. Soit ils subissent les contraintes de leur nouvelle famille, soit ils travaillent, soit ils habitent trop loin.

-         N’oublions pas que le coin salle à manger/cuisine demeure une pièce sombre toute l’année et aussi accueillante qu’une chambre froide en hiver.

-         Nous nous réunissons désormais devant des films ou des jeux vidéo dans le salon.

 

Très vite cette table énorme, lourde et laide devint très encombrante. Sa principale utilisation se résumait à supporter des piles de paperasse et mes clés.

Tout fraîchement rentrés de France fin août dernier, nous décidâmes donc de nous débarrasser de cette horreur. Appartenant à la résidence, nous n’eûmes aucun mal à trouver un amateur puisqu’elle fut transférée dans un studio vacant.

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Nous l’avons troqué pour une petite table de bar ronde en verre accompagnée de deux chaises hautes. Le gain d’espace reste impressionnant ce qui a permis une baisse importante du nombre d’hématomes (crâniens surtout) chez votre serviteur. Je n’ai plus à contourner un meuble envahissant tout en prenant garde de ne pas me cogner la tête sur le haut de la cloison qui marque la limite avec le coin toilette et la salle de bain. Je n’ai plus besoin de veiller à ne pas me fracasser les orteils sur les chaises faites d’un bois plus lourd qu’un convoi de blindés. Je vis désormais en paix (même si le sommet de ma tête éprouve une attirance inextinguible pour les portes basses).

L’arrivée du lave-vaisselle a également contribué à diminuer le taux de gniions au mètre cube. Le gniion, pour ceux qui l’ignore, fait partie du graal de la physique quantique au mètre titre que le boson de Higgs. Tout aussi impalpable, il est rejeté par une partie du corps scientifique qui n’est pas le postérieur (sinon ça ferait jaser). Et pourtant comment expliquer autrement l’existence de pièces où règnent la mauvaise humeur, le bazar, et le manque total d’intérêt de son propriétaire comment c’était le cas de ma Sibérie pendant près de cinq ans ?

D’ailleurs je tiens à préciser que l’état de mon balcon avant 2004 n’était certainement pas dû au gniion mais à une autre particule qui pourrit l’univers : le pijon.

L’ajout d’un appareil capable de prendre le relais de nos corvées de vaisselle a permis de créer une ambiance de paix dans le coin cuisine.

Comme décoration, nous avions choisi depuis plusieurs mois déjà de placarder ici et là des photos au format A4 et plastifiées.

Désormais nous ne vivons plus reclus dans le salon et la chambre à coucher (vous redécouvrirez cette dernière le 3 novembre) et profitons pleinement de notre modeste 43m².

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