Ordures !

Publié le par Ludo

Un visiteur lambda lors de son séjour au Japon vous sortira à coup sûr la même remarque : « Lé ru L son tro pur, zy-va, lol » suivie d’une bonne torgnole de ma part pour analphabétisme militant. Certes la propreté des rues n’a souvent pas grand-chose à voir avec de nombreuses métropoles françaises où les glaces à l’italienne au chocolat, renversées, couvertes de mouches (après tout rien ne prouve qu’il ne s’agit pas de chocolat glacé, hein) font ressembler les trottoirs à des murs d’escalade horizontaux. Pourtant la saleté existe bien mais dans une forme bien plus sournoise, comme ce gobelet en plastique isolé dans une salle d’attente de quai de gare (notez aussi l’opacité des vitres, signe évident de l’ignorance totale de l’existence de produits d’entretien). Alors que des poubelles pour tout type de déchets sont disponibles à trois mètres des lieux, un énergumène a trouvé judicieux de laisser là un récipient dont tout le monde se fiche.

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Dans la même salle clairement interdite aux fumeurs, on trouve de vieux mégots ici et là. Vous remarquerez que les cadavres de cigarettes japonaises atteignent une taille si importante qu’on se demande si leur auteur ne s’est pas contenté d’une ou deux bouffées avant de les éteindre.

On retrouve les mégots systématiquement dans les endroits les plus sournois : au-dessus des bouches d’aération du métro, dans les caniveaux des carrefours et devant les combini ou aux abords des gares.

Mais n’allez pas croire non plus que seuls les lieux un peu glauques soient touchés.

Tous les jours, alors que j’emprunte le souterrain de la Lucent Tower, je trouve toujours au niveau des escaliers un mouchoir froissé sur le sol, une canette (boite) de café vide sur la rambarde ou dans le coin et je ne parle pas des mini-flaques de crachats dont la concentration devient plus importante au fur et à mesure que l’on se rapproche de la surface. J’ai même surpris une fois un type se diriger vers l’une des sorties, non pas pour prendre l’air mais pour se mettre légèrement à l’écart alors qu’il glaviotait derrière, une fois de plus, une rambarde d’escalier. J’imagine que déposer son fiel ou ses ordures ainsi provoque moins de scrupules, pour peu qu’ils existent chez ces individus.

Je n’ai jamais compris ce besoin de cracher à tout va et cela m’a toujours choqué de voir des lamas en costume déglairer (copyright Ougl 2007) sur le bitume.

Obéissant sans doute aux mêmes considérations, à savoir : « je suis trop timide pour faire comme tout le monde et c’est plus facile de polluer là, ça n’embête personne », on peut apercevoir de véritables atrocités aux alentours des gares de campagne. Certes l’endroit est moche au départ, mais pourquoi diable vouloir alourdir le tableau. Comme souvent, cela ne sera jamais nettoyé.

Un autre exemple au hasard : alors que j’empruntais le Meitetsu, celui-ci s’arrêta soudainement au milieu de nulle part. De ma fenêtre, je pouvais admirer de nombreuses rizières et quelques maisonnettes sympathiques… ainsi qu’un bosquet dont la base était recouverte d’ordures sauvages.

Depuis quelques mois, je suis devenu plus attentif à ce problème et en toute objectivité, j’en suis venu à la conclusion suivante : soit l’environnement nippon s’est gravement détérioré depuis, soit je sors de plusieurs années de troubles visuels.

Publié dans Ougl

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