Huitième rapport de mission

Publié le par Ludo

J’ai finalement eu droit au test medical que je redoutais tant. A posteriori, peut-on vraiment parler de test ? J’ai l’intime conviction d’avoir été l’objet d’une expérience, d’avoir servi de cobbaye. Bref, on m’a emmené dans une clinique, une sorte de bunker portable me servait de protection contre les attaques extérieures éventuelles. Des créatures que je n’avais encore jamais vues étaient présentes dans la salle d’attente et elles trainaient derrière elle des créatures plus grandes encore, similaires aux responsables du Centre d’entraînement mais peu dignes de confiance. Le bunker portable protégeait également la confidentialité du programme de missions pour lequel j’étais engagé, puisque personne en dehors de celui-ci ne pouvait me voir. Pourtant, de mon point de vue, je pouvais voir tout autour de moi : une invention rudement bien fichue !

Puis ce fut mon tour de passer en consultation. Le docteur, aisément reconnaissable au tissu blanc qu’il portait, avait l’air ma foi bien sympathique, jusqu’au moment où on me saisit de toute part pour m’administrer un instrument inconnu et froid dans l’arrière-train ! Ce n’était pas dans le contrat ! Je n’avais pas signé pour ça ! Cette déplaisante plaisanterie sembla durer des heures et on finit par me relâcher. Les responsables du Centre et le sadique en blanc discutèrent ensuite avec ces mots si incompréhensibles dont ils ont l’habitude quand soudain, sans prévenir, on me saisit à nouveau et là je connus une douleur comme jamais je n’avais connu : comme si on m’avait enfoncé une aiguille dans le dos. Bien que brève, la sensation restait particulièrement désagréable et, tout guerrier que je suis, je ne pus m’empêcher de me débattre. Trop tard, le mal était fait...


 

De retour au Centre, tout alla mieux, bien qu’une fatique inexplicable semblait s’emparer de moi. Cinq jours plus tard, je me sentais très lourd, si lourd d’ailleurs que je ne pouvais plus me déplacer ni m’alimenter. C’est une certitude, j’avais mal réagi à la drogue-test qu’on m’avait injectée. Très affaibli, et sans m’en rendre compte, je ne retrouvai devant le docteur qui renouvela à la lettre ses tortures. Le lendemain, ma condition ne s’était guère améliorée : j’avais maigri de manière dangereuse, l’appétit ne revenait pas et toujours la tête lourde, lourde... Comme pris dans un cycle infernal dont je ne pouvais m’extraire, je me retrouvai encore comme par enchantement devant le toubib. Rebelotte : harcèlement du séant, énième piqûre... Curieusement, cette dernière me dopa puisque je me rappelle parfaitement le trajet de retour au Centre et tout ce qui suivit. L’appétit ne revint que peu à peu avec mes capacités physiques. J’étais devenu si rachitique et faible qu’un simple saut d’une vingtaine de centimètres me demandait une énergie herculéenne. Aujourd’hui, j’ai récupéré mes forces à 100% mais je tiens à dire aux médecins militaires qu’ils feraient mieux d’expérimenter leurs drogues sur quelqu’un d’autre la prochaine fois !