Ougl III

Publié le par Ludo

Comme l’atteste l’article précédent, nous sommes bien arrivés au Japon. L’opération s’effectua sans problème début août après un vol Paris/Taipei/Nagoya plutôt agréable (oui, nous avons encore eu droit à des places au niveau des issues de secours, niark niark niark).

Le jour-même de notre débarquement commençaient les véritables épreuves. Il fallait s’assurer que chaque élément constitutif de notre stress allait être éliminé un à un tel un pigeon bruyant (pléonasme) sur un balcon (ou n’importe où d’ailleurs). J’ai choisi de les résumer à la façon d’une FAQ.

-J’ai un certificat d’élégibilité et un visa mais mon entrée sur le territoire japonais va t’elle être autorisée ?

Oui aucun problème. Il faut quand même que l’entrée se fasse dans les délais impartis.

-Mon compte bancaire japonais est-il toujours fonctionnel ?

Oui aucun problème. Il semblerait que cinq années d’immobilité soit nécessaire à sa cloture. Heureusement contrairement aux banques françaises, on ne paie aucun frais pour la gestion du compte. J’ai d’ailleurs été agréablement surpris de constater qu’il restait 13000 yens dessus. Je m’attendais à dix fois moins.

-La chaleur estivale japonaise est-elle surmontable ?

Non, oh que non. Nous nous y étions préparés mais rien à faire, on sent toujours ce mur de chaleur vous frapper de plein fouet à la sortie de l’aéroport, suivi d’un raz de marée de sueur sur toute portion du corps. Pire : nous sommes arrivés en pleine canicule avec des températures de l’ordre de 37 degrés. Il faisait incroyablement chaud à la sortie de l’aéroport, infernalement chaud en arrivant à notre destination à la sortie du train et tout simplement inhumainement bouillant en sortant de cette même gare. Imaginez la pub Perrier avec les voitures et les bâtiments qui fondent : ici c’est pareil, sauf que c’est vous le bâtiment. Je me souviens très clairement que chaque pas qui nous rapprochait de l’extérieur s’accompagnait d’une hausse de température ressentie de 2 degrés, j’exagère à peine. On a l’impression de revêtir la combinaison d’un vulcanologue à l’approche d’un cratère.

Nous passâmes une dizaine de jours chez les parents de Naoko qui vivent en pleine campagne dans une vieille maison avec une climatisation déficiente et une isolation inexistante. Le premier jour fut le plus pénible car, le manque de sommeil aidant, cette fournaise me mit KO jusqu’au soir. La seule pièce où la clim’ fonctionnait était notre chambre à coucher provisoire. Manque de bol, celle-ci se coupa sans prévenir pendant ma sieste et se mit à souffler comme un sèche-cheveux. Réveillé trop tard par ce coup de sirocco, j’éteignis l’odieux appareil. J’ignore quelle température avait atteint la pièce mais il faisait rudement meilleur à l’extérieur ! Les jours suivants, malgré des nuits difficiles passées dans son propre bain de sueur et un futon qui vous colle à la peau, le climat devint légèrement plus supportable mais nous en reparlerons.



-Est-il possible d’obtenir sa carte de séjour, le jour de son arrivée si on se rend à la mairie à temps ?

J’avais oublié que trois semaines étaient nécessaires avant d’obtenir cette carte à moins que ma mémoire me joue des tours et que la procédure prenne désormais du temps. Il m’avait semblé que j’avais pu avoir cette carte  de suite dans le passé... En attendant, on reçoit un simple récépissé. Fait intéressant : la carte de séjour va être abandonnée en juillet 2012 puisque tous les étrangers vont pouvoir obtenir un acte civil comme les citoyens japonais.

-Mon ancienne entreprise me réembauche t’elle vraiment ?

Après tout, je n’avais eu qu’une confirmation officieuse... Mais tout se déroula sans heurt une fois sur place. Je signais le contrat le lendemain de notre arrivée.

-Peut-on trouver rapidement un logement ?

Oui !!! Rien à voir avec la France. Il nous fallut une seule journée pour trouver notre bonheur. Nous avions pris rendez-vous sur internet avec une agence pour visiter un premier appartement. C’était un F1 mal fichu avec la chambre à coucher côté balcon et un semblant de salon trop étroit collé à la cuisine. Pas fonctionnel pour un sou. Déçu nous rendîmes visite à une autre agence qui nous proposa de nous rendre à trois appartements (tous des F2). Le premier était génial, possédait de nombreuses fenêtres dans un quartier très calme. Le deuxième, très rutilant, avait l’air très attractif aussi mais s’avérait beaucoup plus sombre. Ce n’est qu’en entendant le train passé à proximité que nous choisîmes d’un commun accord, Naoko et moi, de refuser l’offre. Personnellement, plus jamais je ne vivrai près d’une voie ferrée ! Nous nous rendîmes ensuite au dernier logement proposé. Notre choix semblait bien fixé et pourtant un vrai coup de foudre pour les lieux nous fit changer d’avis. De retour à l’agence, nous signions les papiers. Le déménagement s’effectuait une semaine plus tard. Nous vous présenterons notre home sweet home prochainement.

-Quel est le délai entre l’inscription à un fournisseur d’accès internet et le premier surf ?

Il y a 10 ans (comme il y a 7 ans), il fallait compter un mois. Il ne m’a fallu cette fois-ci que deux semaines pour bénéficier d’une connexion à 120MB dite « hybride câble/fibre optique » avec téléphone compris (aucun abonnement à l’opérateur historique NTT nécessaire).

 

Nous ne sommes pas encore tout à fait installés : bien qu’ayant démarré en septembre, mon premier salaire n’arrive qu’à la fin octobre (conformément à la politique de mon entreprise), Naoko n’a pas encore d’emploi fixe (cela devrait se faire avant la fin de l’année), nous attendons les cartons que nous avons envoyés de France (ceux-là même que nous avions expédiés du Japon il y a deux ans) pour enfin décider comment agencer notre logis et j’ai encore beaucoup de cours à préparer. Pour le moment et jusqu’à la fin octobre, nous nous serrons la ceinture.

Le blog devrait reprendre du poil de la bête au fur et à mesure de notre réacclimatation. Stay tuned !

 

PS : Ougl I (des débuts du blog jusqu’à avril 2009), Ougl II (avril 2009 à juillet 2011), Ougl III (juillet 2011...).

PPS : encore une fois un grand merci à tous les messages d’amitié que nous avons reçu. Sans vous, Ougl n’aurait sans doute jamais repris.

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