Commentaires

Pour info

Oui d'accord, c'est écrit tout petit mais ce n'est pas une raison pour l'ignorer. Tout commentaire lié à ces critères, au rap, à Michel Drucker et à la défense des pigeons ne sera pas publié.
Une idée? Un conseil? Rendez-vous dans la
boite à idées ! Pour une explication des différentes rubriques, rendez-vous ici.




582.765
visiteurs et
2.415.337
pages parcourues
depuis le 8 mars 2005
8  personne(s) exceptionnelle(s) actuellement en ligne.

  1106 articles parus ou en attente de parution
164 en préparation


Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Jeudi 17 avril 2008

A l’âge de sept ans, poussé par l’autorité parentale, j’assistais à mes premiers cours de solfège. Tout se passa plutôt bien pendant cette première année et je pus commencer l’apprentissage d’un instrument l’année suivante. Sans doute influencé par une correspondante allemande de mes soeurs qui le maîtrisait parfaitement, je décidais de me mettre au violon. En y réfléchissant bien, j’ai bien l’impression que c’est plus la beauté visuelle de l’instrument à corde, dont j’avais toujours voué une certaine fascination, qui m’a le plus inspiré. Quoi qu’il en soit, mon emploi du temps se corsa considérablement, comme je vous l’avais déjà décrit.

Les cours de violon avaient lieu une fois par semaine pendant une heure en tête à tête avec un jeune professeur. Mes premiers contacts avec la bête (le violon) s’avérèrent plutôt traumatisants. J’ignorais qu’il fallait coincer une des extrémités entre le haut de la clavicule gauche et le menton d’une manière aussi ferme que douloureuse, et s’écarteler l’index, le majeur, l’annulaire et l’auriculaire sur les cordes en essayant de ne pas se plaindre des crampes. La main droite de son côté devait tenir l’archet, un objet qui fut surnommé plus tard « baguette de massacre » puisqu’il ne pouvait produire que des sons de personnes que l’on torture. La position des doigts semblable à celle d’un épileptique pris dans la glace, n’était guère plus confortable que celle de la main gauche. Toutes ces contorsions me faisaient inconsciemment courber le dos si bien qu’un observateur extérieur myope, m’aurait sans doute pris pour Quasimodo. Mon professeur ne manquait jamais de me dire de me tenir droit et avec l’habitude je me mis à compenser en creusant mes reins et en bombant le ventre tout en gardant les épaules dans une posture adéquate pour jouer. Je soupçonne cet exercice d’avoir contribué à aggraver la scoliose naissante provoquée par un cartable trop lourd mais mes détracteurs vous diront que ce n’est certainement pas à cause des heures passées à répéter. Ils n’auront pas entièrement tort mais je tiens à dire que j’adoptais cette posture à chaque fois que l’on me disait « mais tiens toi droit bon sang ! ».


Image Hosted by ImageShack.us


Le violon demande beaucoup de patience (j’en manquais énormément quand j’étais enfant) et de masochisme (une chose dont j’ai toujours fait défaut). Il me fallut quatre ans pour qu’enfin je puisse produire des mélodies qui ne s’apparentent pas au remix d’un DJ fou d’enregistrements de craie qui crisse sur un tableau, de papier de verre sur du métal, et de scie sur du polystirène. Si j’allais en cours en faisant la moue, je me rendais par contre à l’orchestre à cordes avec un grand sourire. J’y retrouvais chaque semaine pendant deux heures d’autres violonistes mais aussi quelques rares violoncellistes de tout niveau et de tout âge. Je m’entendais très bien avec toute la troupe et l’ambiance y était très joviale. Nous préparions chaque année deux concerts : celui propre à notre orchestre et le grand concert de fin d’année qui regroupait différentes chorales, la fanfare, les bois etc. Lors du grand concert, toujours devant 1500 personnes dont nos proches, la tension était à son comble. Nous n’avions bien sûr pas droit à l’erreur mais grâce aux nombreuses répétitions, nous nous en sortions avec brio. Il y eut cependant une fois où je dus m’interrompre en plein milieu d’un morceau : mon auriculaire gauche fut pris d’une crampe inopinée et je dus attendre quelques mesures avant de reprendre sous l’oeil accusateur du chef d’orchestre (mon professeur). Je connus également un grand moment de honte quand ma voisine de pupitre et moi-même prîmes notre souffle avant d’entamer un nouveau morceau. Afin de bien me recaler sur ma chaise, j’avais pris appui sur mes pieds en oubliant que le pied du pupitre le touchait. Résultat : le pupitre par terre dans un grand fracas avec toutes les partitions répandus dans un rayon de deux mètres autour de nous pendant la toute première note jouée par l’orchestre. Paniqués, nous nous pressâmes de tout remettre en place alors que nos collègues jouaient l’air de rien, tout en essayant de contenir un fou rire atroce.

Et puis il y avait le solfège, une incroyable corvée dont je ne garde aucun bon souvenir. Je devais sacrifier mon mercredi après-midi pour deux heures et demi interminables d’ennui alors que mes copains regardaient Récré A2 et parlaient le lendemain du dernier épisode des Mystérieuses Cités d’or d’un ton complice… A l’époque arriver à l’avance était une obsession (et ça l’est toujours un peu aujourd’hui) et je me rendais à l’école de musique au moins trois quart d’heure avant la leçon. Bien sûr, il n’y avait personne d’autre et je m’amusais à parcourir les couloirs déserts animés par les mélodies qui s’échappaient des différentes salles de classe. Quinze minutes avant le début de l’heure, j’étais rejoint par mes « camarades » : une majorité de lycéens et d’adultes. J’ai toujours été le plus jeune au solfège, à mon grand dam, du moins au début. Pendant 150 minutes, nous faisions des dictées musicales, rythmiques, du chant et de la théorie. J’ai toujours éprouvé une haine viscérale pour cette dernière.

Une question dans cette branche tombait irrémédiablement à l’examen final : « Quel est la tonalité de ce morceau ? ». Jamais, au grand jamais, je n’ai compris comment la déterminer. Pendant toute l’année qui précédait chaque examen, j’aurais eu de multiples occasions de demander au prof mais ma timidité maladive m’en empêchait. Je me rappelle avoir osé demander à trois élèves pendant mes huit ans de solfège comment s’y prendre et aucun n’a su me répondre. Cela reste encore aujourd’hui l’une des grandes énigmes de ma vie. Mon manque d’intérêt colossal pour ces cours ne produisit guère de bons résultats et j’enchaînais les échecs. Au final, je ne sais plus si j’en étais à un retriplement ou à un requadruplement. Heureusement je m’en sortais un peu mieux en violon malgré un désintérêt croissant pour son apprentissage.

Las et sans regret, je décidai de tout laisser tomber à 14 ans. Je n’ai plus jamais touché à un violon depuis. Je ne désespère pas cependant de me remettre à la musique un jour (à la guitare ?).

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
ajouter un commentaire commentaires (5)   
Jeudi 10 avril 2008

Lors de mon deuxième séjour en Angleterre en août 1988, j’avais sympathisé avec plusieurs jeunes Français qui participaient comme moi à ce séjour linguistique de trois semaines dans la petite bourgade de Bexhill-on-sea, peuplée en grande majorité par des retraités. Je n’avais d’ailleurs jamais vu autant de voiturettes électriques. Après les cours du matin au collège, nous rentrions à pied chez nos familles d’accueil respectives pour ensuite repartir l’après-midi faire du tourisme. Un jour, nous visitâmes Brighton et nous bénéficiâmes de quelques heures de quartier libre. Nous prîmes donc le bus pour nous rendre sur la promenade (des Anglais forcément) au bord de mer. Assis devant moi se tenait un homme avec un magazine dans les mains qu’il venait d’ouvrir. J’avais reconnu du premier coup d’œil la couverture du Sun et je ne pus que pouffer de rire à l’idée de ce qui allait arriver. Comme chacun le sait, la deuxième page est toujours consacrée à la photo d’une playmate peu vêtue. J’avais pris l’habitude de ranger ma discrétion au placard, sachant que nous autres Français pouvions parler des moindres choses dans ce pays sans être compris et qu’à 14 ans on est bon public.


Image Hosted by ImageShack.us


Je me tournai alors vers mes camarades et leur criai : « Hé les mecs ! Il va tourner la page ! Avec la nana à poil ! Regardez bien ! », chaque mot étant entrecoupé par mes rires gras.

L’homme tourna effectivement la page mais contre toute attente, il se tourna vers moi et avec un phlegme si britannique et un accent qui ne l’était pas moins, me demanda en français : « C’est ça qui t’intéresse ? ».

Cet instant demeura le pire moment de honte de ma vie. J’appris plus tard que les habitants de la Perfide Albion apprenaient tous la langue de Molière à l’école et que beaucoup la maîtrisaient parfaitement.

Au Japon, l’usage du français est plus sûr mais je reste néanmoins sur mes gardes.

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
ajouter un commentaire commentaires (6)   
Jeudi 3 avril 2008

C’est à l’âge de treize ans que je me rendis Outre-manche pour la première fois. Elève de cinquième à l’époque, j’étais parti avec des camarades de classe et ma formidable prof d’anglais, pendant une semaine en banlieue de Londres. Les familles d’accueil nous logeaient par binôme la nuit et nous offraient breakfast et dîner ainsi qu’un léger lunch composé de sandwichs coupés en triangle et des chips au vinaigre. La journée, nous faisions du tourisme à Londres bien sûr mais aussi à Oxford, Windsor etc.

Nous débarquâmes chez les Anglois tard le soir, un jour d’avril après six heures de ferry à partir de Caen. Notre famille avait déjà dîné et notre repas nous attendait sur la table.

Le cauchemar commença. On me proposa du jus d’orange pour me désaltérer après cette épuisante journée, que j’acceptai volontiers. Dès la première gorgée, je constatai qu’on m’avait bien eu : il s’agissait d’un breuvage dont la teneur en orange devait se résumer à deux pour-cent, comme si un fou avait tenté de reproduire du Tang (la célèbre poudre qui tentait de recréer un ersatz de jus d’agrume mais sans succès, même la couleur sonnait faux) avec de l’Exomuc et du Paic citron.

 
Image Hosted by ImageShack.us


On me tendit ensuite une assiette où figuraient deux toasts. « Tiens ? On va me préparer un sandwich » songeai-je alors. Faux. La maîtresse de maison prit une casserole d’une main, une cuillère de l’autre et en versa le contenu sur les deux tranches : des pâtes de petite taille avec de la sauce tomate. Elle me dit avec le sourire : « Macaroni on toasts ! ». Notez bien que cela n’avait rien de foncièrement mauvais mais je n’avais jamais vu un tel mélange.

Puis vint le dessert : une tarte aux pommes avec une pâte feuilleté tant dessous que dessus sous la forme d’un filet. Grand amateur de pâtisserie, j’en salivais d’avance. Quelle ne fut pas ma déception de découvrir que cette tarte avait tout sauf un goût de pomme. Comme poignardé dans le dos, je me mis en pensée à hurler « Nooooon ! ». Il y avait bien quelque chose à l’intérieur de cette apple pie, un mélange de fruit pourri, de métal brûlé et un je ne sais quoi qui m’aurait fait dire, si toute retenue m’avait échappé : « Mais… Mais ! C’est de la merde ! ».

J’eus heureusement plus de chance par la suite. La famille qui m’hébergeait durant mon troisième séjour cuisinait d’ailleurs de très bons plats (avec peu de gastronomie locale, il est vrai). Ce premier repas britannique resta néanmoins inoubliable.

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
ajouter un commentaire commentaires (6)   
Mercredi 2 avril 2008

Jusque là peu habitué à boire de l’alcool, je n’y fus vraiment initié que lors de ma première venue au Japon en 1995. Deux mentors se chargèrent de ma formation : le père de ma famille d’accueil de l’époque, Monsieur T. et Paul, un étudiant américain plus âgé. Le premier me faisait endurer chaque soir un régime intensif : bière blonde, bière brune, brandy et saké. Les quantités variaient mais la barre était toujours maintenue à un niveau élevé. Le deuxième appliquait les coutumes japonaises à la lettre dès que nous nous trouvions dans une izakaya. Dès qu’un convive fait baisser ne serait-ce que d’un centimètre le contenu d’un verre de bière, il faut absolument le resservir pour en mettre jusqu’à ras bord. A ce jeu-là il était vraiment imbattable.

Lors de ma toute première hanami, nous fûmes tous deux conviés dans un parc en banlieue d’Osaka, Sôzenji, si je me souviens bien. Comme le veut la tradition, les lieux étaient déjà investis par des hordes de salarymen bourrés comme des coings, en train de chanter avec la cravate autour de la tête, des étudiants qui saisissaient la moindre occasion pour trinquer bruyamment et des vieux prêts à discuter avec n’importe qui ou n’importe quoi du moment que ce qui se trouve devant eux ait un verre.

Notre groupe, assez nombreux, était constitué d’une quinzaine de djeun’s en majorité autochtones. Certains avaient amené un réchaud sur lequel nous faisions griller de la viande. Au niveau des munitions : plusieurs seaux remplis d’eau froide, de glace et de canettes (boites) de bière. Ce fut d’ailleurs la première fois que j’ouvrai un « Big Boy », une canette de trois litres.

La fête allait bon train : nous riions, bâfrions, buvions sans vraiment nous rendre compte de l’heure. Je me souviens très précisément du moment où quelqu’un proposa à Paul et à moi-même un fond de verre de saké : j’avais calculé que j’avais englouti jusque là seize gobelets en plastique de rôteuse. Loin d’être sobre, j’avais encore parfaitement ma tête et mon camarade d’Outre-Atlantique devait être au même stade. Il me mit cependant en garde contre les dangers du saké qu’il surnommait avec insistance « evil » : le mal. Un deuxième fond de saké plus tard et c’était le black out. Seuls quelques mémoires subsistent de ce qui s’est déroulé après : un puzzle que j’avais reconstitué dans le désordre le lendemain et auquel il manquait pas mal de pièces.

 
Image Hosted by ImageShack.us


Selon mon scénario, une dizaine d’entre nous avions levé les voiles peu après pour nous rendre chez Kengo : un ami présent ce jour-là. Nous y avions beaucoup ri, malgré une curieuse douleur à la tête qui me dérangeait, avant de décoller pour atterrir chez Yuka, la copine de Paul. Selon toute vraisemblance, nous étions retournés par la suite chez Kengo puisque je m’y étais endormi à même le tatami jusqu’au lendemain à onze heures.

A l’époque, je ne savais pas en quoi consistait une gueule de bois, je ne peux hélas pas en dire autant maintenant puisque la moindre consommation d’alcool me provoque des maux de tête le lendemain. Je me réveillai frais comme un gardon, certes un peu étonné de me retrouver comme ça sur un sol inconnu. Mes camarades, qui avaient eu plus de retenue que votre serviteur me contèrent alors les événements qui étaient survenus la veille.

Nous avions effectivement quitté le parc peu après les verres de saké, et mon état ainsi que celui de Paul ne nous permettait pas de marcher normalement puisque nous étions chacun assistés. Nous commençâmes tous deux à déblatérer un flot ininterrompu d’inepties et à crier comme des gnous en rut, y compris pendant les vingt minutes de trajet en train, que j’ai semble-t-il effacées de ma mémoire. Nous avons ensuite marché pendant quinze minutes pour nous rendre chez Yuka, chez qui je me suis fracassé la tête en passant la porte d’entrée avant d’écraser sec pendant une heure. Ce n’est qu’après, que nous rejoignîmes l’appartement de Kengo après une demi-heure de marche où j’étais, cette fois-ci capable de me déplacer tout seul.

Depuis ce jour, je n’ai jamais plus mélangé le saké avec d’autres alcools. C’est mal.


PS : Bien sûr, l'article de la veille était un grossier poisson d'avril (dans son intégralité). Merci à Howard d'avoir joué le jeu et à tous ceux qui y ont cru. Toutes mes excuses également à ceux qui ne s'étaient pas laissés berner et dont je n'ai délibérément publié les commentaires qu'aujourd'hui. La photo représente non pas des excréments de tanuki mais du karintô かりんとう, une sucrerie à base de levure, de farine et de sucre roux, le tout étant frit.

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Mardi 18 mars 2008

Très exactement trois mois avant mon premier séjour au Japon en 1995, j’effectuais mon tout premier job dans le service des retours de marchandises dans une usine de cosmétiques. Comme premier emploi, c’était assez dur. La journée commençait à huit heures et le site était éloigné de mon domicile. Je devais déballer les gros cartons de produits refusés et en trier le contenu puis replacer en rayons ce qui était encore en bon état. Au bout d’une semaine, je m’habituais peu à peu à ce rythme et socialisais avec mes collègues. Les autres jeunes s’occupaient de l’expédition des commandes en plaçant sur un chariot une palette de différents produits désignés qu’il fallait chercher un à un dans les rayons de l’entrepôt. Aux retours de marchandise, j’étais seul avec mon chef, un homme calme, bourré d’humour et de bonne humeur, et assez cultivé. L’érudition dont il faisait preuve n’était pas le cas de tout le monde, chose que je pus confirmer lors du pot d’adieu aux travailleurs saisonniers qui fut organisé à l’issue de mon contrat.

Un cariste, que nous appellerons Herbert, avec lequel je discutais souvent, me demanda avec sa délicatesse habituelle comment on disait en japonais : « Je suis allé dans la forêt avec une fille et je me la suis faite ». Je lui traduisis et il me répondit par une expression qu’il avait l’habitude d’employer pour désigner tantôt « Hé ben ! », « Oh la vache ! », « Bon… » ou tout simplement pour rompre le silence. Cette expression, c’était « Bah rien ! » et je ne l’ai jamais entendue ailleurs. Je me rendis compte un mois plus tard que j’avais hérité du même tic de langage, et qu’il me hante encore aujourd’hui.

 
Image Hosted by ImageShack.us


Le pot suivait son cours et tous les employés papotaient, un verre d’alcool en main. Herbert semblait avoir la descente facile…

Notre chef à tous m’adressa alors la parole en ces termes : « J’ai entendu dire que vous partez pour un an au Japon. Vous apprenez le Japonais alors ? ». Herbert s’incrusta alors violemment à la conversation : « Hé vas-y, dis-lui ce que tu m’as dit tout à l’heure ! ». Je l’avais vu arrivé avec ses grands sabots et j’avais prié pour qu’il reste muet… Face à mon hésitation, il en remit une couche : « Allez ! Vas-y quoi ! ». A contrecoeur, je m’exécutai en espérant avoir le dernier mot… Malheureusement, le boss, sans doute intrigué par l’hilarité de son voisin, voulut assouvir sa curiosité : « Et ça veut dire ? ». Il était bien évidemment hors de question que je lui avoue tout et je me contentai de ceci : « Je suis allé dans la forêt avec une fille ». Cela produisit l’effet d’une bombe. Plié en deux par un fou rire soudain, Herbert balbutia : « Mais non hé ! C’est pas ça qu’ça veut dire hé ! C’est : Je suis allé dans la forêt avec une fille et je me la suis faite ! Arh arh arh ! ». Je baissai alors instinctivement les yeux. Le patron boucla l’affaire avec un « Ah… » et alla chercher ailleurs des interlocuteurs plus intéressants. Devenu plus calme, le traitre tira une conclusion à cette situation avec sa légendaire philosophie : « Bah rien ! ».

La conscience est souvent symbolisée par un ange et un diable. Ce dernier s’est souvent matérialisé dans mon esprit sous les traits d’Herbert et ces mots : « Vas-y hé dis-lui ! ».

par Ludo publié dans : Vieilles anecdotes
ajouter un commentaire commentaires (3)   
blogs francophones sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus