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Mercredi 19 mars 2008

Après Simon, c’est au tour d’Ian (traduit de l'anglais par mes soins).

 

Présente-toi brièvement s’il te plait.

 

31 ans, Britannique, huit ans dans ce pays, en poste dans un collège dans le trou du cul du Japon.

 

Quels sont selon toi les avantages et les inconvénients de notre profession (ALT : assistant professeur d’anglais) ?

 

Tout d’abord, travailler dans un environnement complètement japonais, c’est un moyen extraordinaire de découvrir le pays et puisque la plupart des professeurs ne parlent pas anglais, on ne peut que progresser en japonais. En même temps, on se sent un peu seul en étant l’unique étranger. La situation dans les écoles varie mais je peux me considérer comme chanceux car j’ai hérité de l’un des postes les plus avantageux qu’il soit. Cinq mois de vacances payés, pas mal non ? Une journée chargée pour moi se résume à deux cours. Si mon caractère était différent, je pourrais trouver mon travail ennuyeux et frustrant mais je préfère profiter de ce temps libre au boulot pour accomplir d’autres choses, comme euh… rêver en plein jour.

En revanche, je n’apprécie guère les professeurs japonais. Je les trouve étroits d’esprit, arrogants et en général plutôt énervant. Toute la journée, ils sont entourés de gamins qui leur hurlent « Sensei ! Sensei ! » et ça doit les rendre bizarres.  Ils peuvent être vraiment coincés et comme ils ne côtoient que des enseignants, ils se sentent obligés de regarder de haut ceux qui appartiennent à un autre univers. C’est donc une bonne chose d’avoir cinq mois de vacances.

Un des gros inconvénients de cette profession (surtout avec autant de congés), c’est qu’on ne peut pas être assistant professeur toute sa vie. Il existe une concurrence féroce entre les entreprises qui embauchent des ALTs et cela conduit à des baisses de salaire, plus de contraintes et l’érosion progressive de tous les avantages d’origine. Et bien sûr, il n’y a aucune sécurité de l’emploi puisque les contrats ne sont valables que pour un an. Vraiment dommage.

 
Quel est ton endroit préféré au Japon ?
 

Une fois, nous avons dû avec un camarade canadien passer douze heures dans un ville de Kyushu célèbre pour ses onsen : Beppu. C’est un endroit laid et déplaisant. Nous avons trouvé une minshuku (NDOugl : un gîte) pauvre et délabré à côté de la gare pauvre et délabrée, ouvert nos guides touristiques et nous nous sommes demandés comment diable nous allions tenir les longues heures avant l’arrivée du bus salvateur.

Il y avait d’abord le musée du sexe. Deux étages de bonheur. Le rez-de-chaussée était à moitié sérieux et on pouvait y admirer des objets phalliques de l’ère Yayoi, de la pornographie de l’ère Edo, une vidéo qui montrait aux visiteurs différentes positions à essayer à la maison. Le premier étage était encore plus barge. On y voyait plusieurs mannequins en cire, grandeur nature, ressemblant à des actrices d’Hollywood impliquées dans une variété de situations scabreuses, des reconstitutions toujours en cire de fantasmes de salarymen (avoir sa secrétaire sur son bureau etc.) et le clou du musée : une énorme représentation de Blanche Neige et des Sept Nains. Je dis « nains » mais ils étaient plutôt des géants. Après avoir appuyé sur un bouton, le tout se mettait à bouger sur l’air de « Hé ho, hé ho, on rentre du boulot ». Je commençai à aimer Beppu.

Nous dînâmes ensuite dans un petit restaurant de grillades. Les propriétaires étaient ravis d’accueillir des étrangers et sous l’influence de l’alcool, nous nous sommes retrouvés ensuite avec un groupe de dames d’un certain âge. Je ne me souviens plus trop de la suite mise à part quand mon ami est tombé du placard à balai tout en me demandant ce qu’il pouvait bien faire à l’intérieur. C’était une bonne soirée.

Le lendemain nous décidâmes de goûter aux bains avant l’arrivée du bus. Pendant que nous nous déshabillions, un homme s’approcha de nous, nous dit quelque chose mais comme à l’époque aucun de nous ne savait bien parler japonais, nous nous contentâmes d’acquiescer et de dire « hai » sans avoir la moindre idée de ce que nous avions accepté. Il nous quitta, et nous finîmes par comprendre ce dont il s’agissait quand il revint avec des caméras de télévision. C’était donc ça… Nous allions passer à la télé ce soir là. En train de prendre un bain.

En douze heures, Beppu nous donna tant… Nous partîmes avec un amour profond pour l’endroit et en jurant d’y retourner un jour. C’est laid et déplaisant et je suis sûr que si j’y retourne un jour, je serai déçu à coup sûr.

 
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Quels sont les plats que tu aimes le plus et le moins dans la cuisine japonaise ?

 

Je crois que la tempura arrive en tête, puisque en tant que Britannique, j’aime tout ce qui est pané.

Ce que j’aime le moins, c’est le niku-jaga, de la viande bouillie avec des patates. Cela ressemble à du vomi de chat, et ça en a d’ailleurs aussi le goût.

Si l’on peut décrire la cuisine britannique par « de la viande bouillie avec des patates jusqu’à ce que cela ressemble à du vomi de chat », c’est parce que le niku-jaga est une copie imaginée par un général japonais de l’ère Meiji qui avait vu ce que les marins britanniques ingurgitaient à bord des navires de la Royal Navy. Il nota la recette, la ramena au pays dans l’espoir que ce régime occidental prépare mieux physiquement les troupes japonaises dans leur mission pour moderniser totalement le pays (i-e envahir la Corée). Une autre raison de haïr ce plat : il constitue un argument puissant pour tous ceux qui considèrent la nourriture britannique comme de la merde.

 
Quels sont les aspects positifs de ce pays ?
 

- J’apprécie vraiment le fait de pouvoir me sortir de n’importe quelle situation juste en parlant anglais. Quand les gens entendent ça, ils s’enfuient.

- Il n’est pas rare de trouver une place assise libre dans un train pourtant bondé. Elle est située à côté d’un étranger. Certains se plaignent du racisme au Japon. Ils devraient se taire et bien s’étaler sur leur banquette.

- J’aime le mot « otsukaresama ». Ca vous donne l’impression que vous avez en fait beaucoup travaillé quand on vous le dit.

- Quand on dit d’un bâtiment de cinquante ans qu’il est « vieux », c’est très facile de se sentir fier d’être européen.

- La règle la plus importante quand on construit un nouveau bâtiment c’est de faire en sorte que celui-ci ne colle absolument pas avec les environs. Bien que le paysage urbain soit profondément laid, on y trouve beaucoup plus de vie que dans les miles de monotonie qui constituent les banlieues de mon pays. Et puis c’est beaucoup plus drôle à regarder.

- Comme j’ai toujours habité en ville, j’éprouve une aversion pour la nature. Je suis donc par conséquent rassuré par le gouvernement qui voit en une forêt intouchée un bon endroit pour construire un parking.

- Vous connaissez certainement ce cliché sur les Japonais qui respectent l’harmonie etc ? Le fait qu’il s’agisse d’un mensonge est à noter dans les aspects positifs. Le Japon, un pays calme ? Ce pays n’est jamais ennuyeux à ce point.

 

Et les négatifs ?

 

- Dans un train bondé, on dirait qu’il est indispensable d’être aussi malpoli et désagréable que possible. Si une nouvelle guerre civile a lieu, elle démarrera dans un train aux heures de pointe.

- Les distributeurs de billet ont des pouvoirs magiques. Ils sont étrangement capables de rendre les gens incompétents.

- Je déteste entendre dire que la culture traditionnelle nipponne accorde beaucoup d’importance à la paix et au silence quand on est bombardé des sempiternels haut-parleurs pendants les élections. Ou quand les abrutis d’extrême-droite viennent se relaxer un dimanche en conduisant leurs bruyants camions. Ou encore quand les pompiers sont de sortie et qu’ils informent les habitants du quartier en beuglant de faire attention aux incendies. Ou encore quand c’est la police qui demande de faire attention aux voleurs. Bien sûr tout ça a lieu le dimanche à sept heures du mat’. Je n’aime pas du tout ça.

- Les Japonais vivent en harmonie avec les saisons et leur culture célèbre les changements qui ont lieu dans la nature toute l’année. Au printemps, on profite des cerisiers en fleur. En été, ce sont les lucioles. En automne, le rituel consiste a aller admirer les feuilles qui tournent au rouge. En hiver par contre, on doit porter un manteau dans son appartement parce que le chauffage est nul et que le papier peint est la seule isolation disponible.

- La télévision japonaise était jadis un concentré de seins et de sadisme. Ces jours-là me manquent.

- Ah, ces sacrés Japonais n’ont rien compris à la culture occidentale ! Au Royaume-Uni, j’ai déjà vu plusieurs fois des cartes de Noël qui jouait sur la confusion sur qui était Jésus et qui était le Père Noël. En fait, il s’agissait de cartes avec un Père Noël crucifié. En huit ans au Japon, je n’ai jamais vu quoi que ce soit qui joue sur la dérision et ça, c’est vraiment un aspect négatif.

 

Qu’est-ce qui te manque le plus à propos de ton pays ?

 

L’ironie.

 

Donne-moi dix mots qui décrivent le mieux le Japon selon toi.

 

Béton, béton, béton, béton, béton, béton, béton, béton, béton et … béton.

par Ludo publié dans : Entrevues
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Lundi 25 juin 2007

Après mes parents, c’est au tour de Simon (traduit de l'anglais par mes soins).

 

Simon, bonjour.

Bonjour.

 

Pourrais-tu te présenter brièvement aux lecteurs d’Ougl ?

Je suis né en Nouvelle-Zélande, j’ai 32 ans et j’y vis à nouveau depuis peu. Je travaille à la bibliothèque municipale de Nelson à mi-temps et j’étudie en parallèle pour devenir prof de collège. Je mesure 1.82m et je suis blond aux yeux bleus.

 

Raconte nous ton aventure japonaise. Qu’est-ce qui t’a amené dans ce pays ? Combien de temps y as-tu passé et qu’y faisais-tu ?

Je suis d’abord venu par le programme JET après la fac. J’étais assistant professeur d’anglais dans des écoles publiques japonaises pendant cinq ans puis j’ai passé mes deux dernières années à enseigner dans une juku (cours du soir).

 

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Comment résumerais-tu tes années en tant qu’ALT (assistant professeur d’anglais) ?

J’ai passé trois années fantastiques en tant que JET dans une petite bourgade où l’on me faisait participer à tous les échelons de la communauté. Je passais plus de temps aux activités annexes qu’à enseigner.

Les deux dernières années en tant qu’ALT dans une autre municipalité manquaient d’intérêt à cause de l’attitude du rectorat et de leur vision de l’enseignement de l’anglais. Travailler dans une juku était vraiment gratifiant car c’était des classes plus petites et j’étais le principal professeur. Les enfants étaient motivés et c’était très agréable.

En ce qui concerne les anecdotes, je n’ai jamais aimé l’espèce de salut nazi que les élèves font au principal quand ils marchent au pas durant les événements sportifs. Je sais que cela n’a rien à voir avec Hitler mais c’est quand même bizarre.

Quand j’étais JET, j’allais dans toutes les écoles de la ville, y compris dans les jardins d’enfants. En été, quand il fait vraiment chaud, ils y font la sieste l’après-midi dans la classe. J’ai toujours adoré retrouvé mon futon pour taper un roupillon.

 

Maintenant que tu vis en Nouvelle-Zélande, regrettes-tu certains aspects du Japon ?

Je me suis rendu compte que mon travail au Japon était très simple. Enseigner ici nécessite beaucoup plus de labeur et de préparation. Mon ancien boulot me manque donc ainsi que quelques restaurants (ah les ailes de poulet !).

 

En parallèle, quelles sont les choses que tu te réjouis de ne plus voir ou connaître ?

Mis à part ce qui concerne mon travail, je suis vraiment ravi d’être de retour en Nouvelle Zélande. Ici il ne me prend qu’une dizaine de minutes pour aller à la plage ou dans la forêt etc. à partir de mon domicile. On peut se retrouver dans un lieu avec personne dans un rayon de plusieurs miles au bout de vingt minutes. Au Japon, il faut beaucoup plus de temps pour se déplacer et quand on arrive à destination, c’est noir de monde. J’en avais assez de la pollution, de la foule, et du manque de confort.

Ensuite, j’en avais marre que l’on me prenne pour une bête curieuse. Ici en Nouvelle Zélande, personne ne me dévisage ni me pose des questions stupides. On peut aussi avoir des conversations normales à propos de choses intéressantes. Au Japon, toutes se basaient sur les différences du genre : « Nous, on fait ça et vous, vous faîtes quoi ? ».

Enfin, tout est plus simple ici. Vous voulez Internet ? La connexion prend une matinée à mettre en place. Au Japon, je crois que j’ai dû attendre quatre semaines (NDLudo : cinq dans mon cas) ! C’est toujours compliqué pour un étranger au Japon et tout met beaucoup de temps.

 

Comment ton amie Heather s’acclimate-t-elle à ton pays ?

Heather a vécu aux Etats-Unis avant de partir au Japon dans le cadre du programme JET. Nous y avons fait connaissance et ne nous sommes plus quittés depuis. Nous avons tous les deux déménagé en Nouvelle Zélande l’année dernière. Elle s’y plait beaucoup. Elle a dans un premier temps travaillé dans un hôpital et elle bosse maintenant pour la fonction publique. Je crois qu’elle apprécie beaucoup mon pays car elle aime ses habitants, leur façon de vivre et leur humour etc. Quand elle rentre aux Etats-Unis, elle n’aime pas la manière superficielle dont les gens se traitent.

 

Quels sont tes loisirs ?

J’aime les jeux de cartes, la photo, les sports aquatiques, le tennis et le rugby.

 

Un message aux ouglonautes ?

A tous les Français : ne nous envoyez pas une équipe de troisième zone pour jouer contre les All Blacks, ils vont se faire massacrer (NDLudo : à l’heure où Simon m’a fait parvenir ses réponses, fin mai, les deux test matchs n’avaient pas encore eu lieu. Il avait vu juste) !!!


Prochaine entrevue avec Ian.
par Ludo publié dans : Entrevues
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Jeudi 31 mai 2007

 

Après Géraldine, c’est au tour de mes parents !

Pourriez-vous vous présenter brièvement?

Nous sommes tous deux nés en 1938, Pa est né à Annecy (il n'en n'est pas peu fier!!) dans cette région magnifique qu'est la Savoie...Nous la ferons découvrir à Naoko et à sa famille!!!), quand à moi, Ma, je suis franc-comtoise, née à Vesoul. Et même si Pa ricane, j'aime ma région, les gens y sont simples, travailleurs et chaleureux, (et il y a la cancoillotte)!

Pa était ingénieur en informatique. Quand à moi, mon parcours est atypique, institutrice au début, puis éducatrice spécialisée. J'ai suivi, en bonne épouse mon mari dans ses séjours professionnels en Afrique pour le plus grand bonheur de la famille (NDLudo : étant né onze ans après mes sœurs, je n’ai pas pu profiter de cette expérience). Pour finir commerçante avec la création d'un magasin de cadeaux à Orléans.

Pa : caractère fort, voire intransigeant, éducation bourgeoise très rigide. C'est un homme solide mentalement exigeant avec les autres mais aussi avec lui-même. Fou, passionné d'informatique. Ses « dadas » sont nombreux : la marche (Il a fait Saint Jacques de Compostelle avec le sac à dos), il collectionne tout ce qui est appareils photos anciens, boîtes magiques, projecteurs (la maison ne suffit plus pour ranger tous ses trésors). Il collectionne les pièces de monnaie anciennes. Il lit beaucoup... Il joue beaucoup au bridge...Mais il a aussi des intérêts qui ne durent pas : les vieilles voitures (une Renault Torpédo qui encombre le garage en attendant d'être remontée, les timbres, dont il ne parle plus depuis longtemps....

Une qualité que j'aime particulièrement : il me fait des cadeaux somptueux...

Ma : plus cool. D'une fratrie de 5 enfants (j'aime beaucoup mes frères) j'ai eu l'habitude d'une grande gaîté en famille, j'ai besoin d'eux et de mes amis... Je suis active dans une association internationale caritative, et au sein de la municipalité (mais l'année prochaine, cette dernière activité s'arrêtera (usée). Je verrai un peu plus souvent nos enfants et petits enfants de France. Nous ne les voyons pas assez, tout le monde travaille et les distances limitent les rencontres. J'aime aussi beaucoup le bridge, mais je n'ai pas assez de temps pour l'instant (NDLudo : et notez bien que j’avais demandé une présentation brève !).

 

Avec trois séjours au Japon, dont le dernier remonte à quelques semaines, vous avez pu vivre trois expériences radicalement différentes. Pourriez-vous nous en parler dans les grandes lignes ?

En effet nous avons déjà fait 3 voyages au Japon. La première fois, tu étais à l'université à Osaka. Nous sommes allés au Japon pour te voir, nous n'étions pas forcément attirés par ce pays. Et pourtant, quel bonheur, Ta famille d'accueil que nous n'oublierons jamais a été extraordinaire pour nous. Nous avions réservé dans 2 hôtels différents, et dès notre arrivée ils ont déchiré nos billets de réservation et téléphoné pour les annuler. Un très bel appartement était mis à notre disposition. Chaque jour un membre de ta famille d'accueil nous organisait une sortie. Un accueil incroyable, même maintenant en y repensant nous sommes émus. Nous découvrions le sens de l'accueil dont ils sont capables. En fait, tous les Japonais que nous connaissons sont comme ça. Ils ne savent pas quoi faire pour être aimables. Nous apprécions au plus haut point leur politesse, leur prévenance. Lors de notre dernier séjour, nous avons circuler seuls un peu plus que les autres fois : (nous sommes de vieux habitués du Japon à présent !) et chaque fois que nous semblions hésiter, quelqu'un s'approchait et essayait de communiquer pour nous renseigner!!

La deuxième fois, tu ne connaissais pas encore Naoko, et tu nous a fait visiter de nombreux sites intéressants (Inuyama, Toyohashi, etc.). Nous avons aussi écumer les restos de Nagoya, tu es très fort sur le sujet.. Ah les ailes de poulets!!!

Enfin ce dernier séjour en avril-mai de cette année. Nous sommes reçus par vous deux. Un vrai bonheur!! Ca transpire de partout !! Ludo, aidant à plier le linge... c'est bien, Naoko était tellement surprise de voir les hommes en France aider à la maison!!

 

 


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Quels aspects positifs dégagez-vous de ce pays ?
On comprend vite qu'il est beaucoup plus important que le négatif : Nous aimons le Japon pour les « gens »: la courtoisie, la politesse, la gentillesse, la sécurité du pays. Je pourrais raconter plusieurs aventures d'objets importants (une caméra par ex.) que nous avons perdus ou oubliés dans le train ou le métro et que nous avons toujours retrouvés.

 


Et les négatifs ?

Les dépôts de sacs poubelles dans des emplacements spéciaux, mais bien visibles, dans les rues. Les paiements par carte bleue, quasiment nuls- les distributeurs d'argent trop rares – le peu d'indications en anglais (comme si les touristes n'existaient pas). Sans connaissance au Japon, un touriste doit avoir du mal à circuler seul. Un truc me surprend !!! Les hommes Japonais, contrairement à nous, ne laissent jamais passer une dame avant eux!! Ce n'est pas dans leur savoir vivre ?
 


Parmi tous les pays que vous avez visités, quel est le plus proche du Japon ?

Franchement aucun n'est comparable au Japon. Pour l'accueil, je pencherais pour le Canada : là-bas aussi on aime énormément les Français, mais c'est le seul point comparable. Chaque pays a son histoire, ses coutumes, c'est pour cela que nous aimons voyager.
 


Vous avez revu les parents de Naoko lors de votre dernière escapade. Comment cela s’est-il déroulé ?

C'est vrai, nous avons revu les parents de Naoko avec un immense plaisir, nos premiers contacts lors de votre mariage étaient merveilleux. Ils ont tellement impressionné l'assemblée avec leurs kimonos de cérémonies. C'était vraiment un jour magique. (Sa maman est d'une grande beauté) Nous avons souvent reparlé de leur gentillesse le lendemain avec les enfants qui les assaillaient de questions... Nous les avons rencontrés deux fois lors de ce séjour, et bien entendu, nous avons été reçus comme des rois (comme savent le faire les Japonais) : Ce superbe restaurant de carpes était une pause presque irréelle. Et l'accueil dans leur jolie maison traditionnelle, cette avancée de toit en tuiles vernissées bleues, son jardin japonais, comme sur les cartes postales!! Et cette sortie à Shirakawago, village de montagne classé par l'UNESCO!! Nous avons vraiment conscience de faire des voyages au Japon comme peu de touristes peuvent se vanter de faire. Nous avons toujours eu la grande chance d'être en contact avec des Japonais.
Nous attendons leur visite quand ils voudront, et nous leur ferons découvrir la grande diversité des paysages français!!
 


Un petit mot à propos de Naoko et de moi-même ?

Nous avons trouvé un jeune couple épanoui, en parfaite symbiose. Et nous sommes heureux. L'éloignement de la branche française est compensé par la gentillesse de la branche Japonaise. Nous espérons que vos projets se préciseront, et que vous pourrez avancer.

 


Un message aux lecteurs d’Ougl ?

Nous regardons quotidiennement ton blog et nos amis également, le Japon intrigue, étonne mais intéresse tout le monde. Nous ne nous lassons pas de tes anecdotes. Un grand bonjour aux habitués de « La Clanure des Pythostomiens ne s’enarquit pas de préduques ».

Prochaine entrevue avec Simon.

par Ludo publié dans : Entrevues
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Vendredi 16 février 2007

Après Léa, c’est au tour de Géraldine.

 

Géraldine, bonjour.

Konnichiwa Ludo-san !

 
Pourrais-tu te présenter brièvement ?

J’ai 33 ans, j’habite depuis un an et demi dans le quartier de Sakae à Nagoya. Je suis mariée à un homme formidable qui s’appelle David avec qui j’ai deux beaux enfants, Louise 2 ans et demi et Maxime qui vient de fêter son premier anniversaire. Actuellement je suis une shufu 主婦 (femme au foyer) et ça m’occupe à 100 %. Avant de suivre mon mari au Japon, je travaillais dans un laboratoire d’empreintes génétiques spécialisé dans la criminalistique, voilà vous savez tout ou presque !

 

Raconte-nous de quelle manière tu t’es retrouvée au Japon la première fois, puis à Nagoya.

La première fois que j’ai posé le pied sur le sol nippon, je devais avoir 8 ans. A l’époque je suivais mes parents, mon père avait été envoyé en poste à Tokyo pour 2 ans. Aujourd’hui, je me retrouve à Nagoya dans les mêmes circonstances mais cette fois ci pour y suivre mon mari ! Je ne pensais pas revenir vivre un jour au Japon, quel concours de circonstances …

 

As-tu remarqué de quelconques différences entre ces deux séjours ?

En 25 ans, pas beaucoup de différence à mes yeux. On retrouve toujours le Japon traditionnel qui côtoie l’ultra modernité ! Par contre il y a beaucoup plus d’occidentaux qu’en 1981, à l’époque on était un peu des bêtes curieuses !

 

Tu as mis au monde un petit garçon l’année dernière. Quelles sont les différences entre une grossesse au Japon et une grossesse en France ?

En France le suivi de la grossesse est un peu plus médicalisé et les analyses plus nombreuses. Ici c’est moins approfondi, je trouve ça un peu léger ! Par contre pour le séjour à la maternité, on est vraiment aux petits soins pour vous. Il dure environ une semaine alors qu’en France c’est l’usine et on vous met dehors au bout de 3 jours !

 

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Quels sont selon toi les aspects positifs de ce pays ?

Le Japon est un pays où il y fait bon vivre, où l’on s’y sent en sécurité. Les japonais sont en général très aimables et serviables, ce qui n’existe plus en France ! Et puis le pays compte des endroits magnifiques et très pittoresques comme Kamakura, Nikko ou Kyoto.

 

Et les négatifs ?

Pays de l’ultra consommation, beaucoup de bruit aussi (difficile de faire ses courses dans un endroit calme !). Mais le pire de tout est le gâchis qu’ils font de l’énergie, quand vont-ils se préoccuper de l’environnement ??? Sinon, je trouve la condition sociale de la femme japonaise très dure, j’espère de tout cœur qu’elles auront un jour le courage de faire un « mai 68 » …

 
Comment et surtout où vois-tu l’avenir pour tes enfants ?

Oh, c’est encore bien loin tout ça ! Mais avant même de parler de leur avenir, on essaye de les ouvrir le plus possible au monde qui les entoure, leur faire découvrir des cultures différentes. Louise et Maxime vont de temps en temps à la crèche japonaise, Louise parle de mieux en mieux japonais et je trouve ça génial ! J’espère qu’après le Japon on ira vivre dans d’autres pays car je trouve ça très enrichissant pour eux. Mais notre terre c’est bien la France !

 
Quels sont tes loisirs ?

Avec deux enfants en bas âge, les loisirs sont rares ! Mais j’arrive tout de même à trouver un peu de temps pour suivre un cours de couture traditionnelle et m’initier à l’ikebana. J’échange aussi des recettes de cuisine avec mes amies japonaises et nous prenons le temps de partager nos cultures respectives. Sinon ma grande passion : les marchés aux puces. Vous me trouverez tous les 18 et 28 de chaque mois à la brocante d’Osu. Il m’arrive aussi d’aller à Tokyo ou Kyoto pour chiner !

 
Un message aux lecteurs d’Ougl ?

Venez vite découvrir ce beau pays aux multiples facettes, moi j’en suis amoureuse et j’espère y rester le plus longtemps possible…

Prochaine entrevue avec mes parents.

par Ludo publié dans : Entrevues
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Mercredi 17 janvier 2007

Après Julian, c’est au tour de Léa.

 

Bonjour Léa.

Salut Ludo!

 

Pourrais-tu te présenter brièvement aux lecteurs d’Ougl ?

J’ai 26 ans et suis d’origine alsacienne avec tout ce que cela implique : caractère occasionnellement (souvent selon certains) exubérant et passion (démesurée) pour la gastronomie et le vin. Mon clan comprend entre autre un frère viticulteur, deux petites sœurs jumelles étudiantes, un papa retraité, une maman prof et des mamies marrantes qui me manquent énormément. Sinon je suis mariée à un Parisien depuis le 8 avril 2006. Il s’appelle Jérôme et nous nous sommes rencontrés en Australie il y a tout juste deux ans.    

 

Pourrais-tu résumer ton parcours avant ta venue au Japon ?

Donc je suis née le 26 Mars 1980 dans un petit village de campagne ...ah non vous ne voulez pas tout savoir depuis le début? Pourtant si je décide d’enclencher le mode moulin à paroles, ça peut prendre des heures .... Ce matin j’ai d’ailleurs lu qu’une femme prononçait en moyenne 20 000 mots par jour contre 7000 pour un homme (NDLudo : l’étude ne dit pas s’il s’agit de 7000 mots en présence d’une femme). Bon alors brièvement, après une maîtrise de Linguistique Appliquée en Australie, j’ai intégré un Master à Strasbourg. Sitôt diplômée je repars en Australie pour un VIA à l’ambassade de France. Je passe deux années inoubliables. Je rencontre mon mari vers le terme de mon contrat. On me propose Shanghai, Chine, lui prévoit Nagoya, Japon.

 

Quelles sont les choses qui t’ont le plus étonné lors de ton arrivée dans ce pays ?

Une nouvelle planète. Je ne sais pas quoi choisir.

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Quels sont pour toi les aspects positifs du Japon ?

Ils se sont réellement révélés après mon séjour en France (NDLudo : cet été ?). On se sent relaxé ici. Les imprévus sont quasi inexistants. Une journée type se déroule avec la précision du papier a musique. Les trains sont extrêmement ponctuels. Au travail le rythme est constant. Les collègues sont polis. Les rues sûres le soir et calmes la nuit.

 

Et les négatifs ?

Les imprévus sont quasi inexistants. Parfois je voudrais qu’un type zinzin chante fort dans la rue (non en fait mon mari fait déjà ça) ou que quelqu’un me vole mon vélo (ah ça aussi c’est fait, même deux fois !), bon alors que les gens soient moins méfiants (NDLudo : en particulier à Nagoya).

 

Tu as commencé à enseigner l’anglais en avril dernier. Que penses-tu de ce travail ?

Eh bien, disons qu’il m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement d’un Japonais. Globalement je me sens triste pour les enfants. On ne leur apprend pas à exprimer leur originalité. Je « m’éclate » (si je puis dire !) uniquement avec les classes dites spéciales. Les enfants handicapés n’ont pas assimilé cette retenue exacerbée enseignée à leurs pairs.

 

Quels sont tes loisirs ?

Je m’intéresse à l’apprentissage des langues. Je vais actuellement suivre des cours de Japonais dans deux écoles différentes. De plus mon vieux collègue de Math m’enseigne un peu chaque jour.

Naturellement j’aime cuisiner et par chance j’ai fait la connaissance d’un cuisinier japonais polyglotte. Bientôt tofu, tempura et autres merveilles japonaises n’auront plus de secret pour moi. Je ne suis pas trop malheureuse puisque le plat à nabé (nourriture favorite des sumos) est idéal pour cuisiner la choucroute.

Le week-end, avec mon GG de mari on va à la piscine municipale (ça vaut le détour), on aime courir dans la forêt de Nagoya (NDLudo : Heiwa kôen, je présume), partir en randonnée avec le club de l’université et depuis ce week-end on va skier à Gifu. 

Aussi, j’ai des périodes de peinture. En ce moment, je me suis mise à l’acrylique. Notre vaisselle blanche en fait les frais. Mon mari a obtenu que je me limite aux petites assiettes et aux tasses...

 

Que rêvais-tu de devenir quand tu étais petite ?

Ce n’est pas une blague, je voulais réellement devenir stripteaseuse. Je me rappelle ma mamie qui essayait de me convaincre que maîtresse d’école serait plus convenable.

 

Que rêves-tu de devenir quand tu seras plus grande ?

Stripteaseuse ?

 

Non, en vrai, mon rêve secret est d’ouvrir un bar-restau de gyoza à Paris.

 

Un message aux ouglonautes ?

Certaines personnes disent qu’écrire un blog satisfait un besoin égocentrique de se raconter. En ce qui me concerne, je l’envisage comme un excellent fil de communication avec la famille et les amis. A ce titre, je me permets de faire de la pub pour mon propre blog inspiré par le célèbre Ougl.

 

Prochaine entrevue avec Géraldine.

par Ludo publié dans : Entrevues
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