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Publié le par Ludo

Après avoir trouvé l’âme sœur en la personne de Naoko, la chose ne me préoccupe plus mais il fut une époque où je n’avais du succès qu’auprès des vieilles dames et des collégiennes. Certes j’apprécie la compagnie de personnes du troisième âge mais de là à éprouver de la gérontophilie… De même, je n’oserais tenter quoi que ce soit avec des mineurs pour plusieurs raisons : c’est illégal, je ne fricotte pas avec des gens qui voue un culte à Winny (l’ourson sans slip), je refuse de ramener mon travail à la maison et je préfère encore boire un bidon d’essence cul sec.

Malgré mon absence d’intérêt pour leurs parades de séductions, de nombreuses (en toute humilité) collégiennes m’ont ainsi ouvertement fait des avances. Si cela vous choque tout autant que moi, sachez que les liaisons professeurs/étudiants au Japon demeurent assez fréquentes.

Ces séances de drague démarrent souvent par un kakkoi かっこい (beau, cool) clamé par quelques jeunes filles, lorsque vous mettez pour la première fois les pieds dans une classe. Si vous n’entendez pas ce mot, vous avez pénétré dans une salle vide ou alors dénuée d’éléments du beau sexe.

Au fur et à mesure de vos apparitions, les groupies vont tenter d’attirer votre attention en vous fixant des yeux avec un grand sourire. La plupart en restent là, et rient bêtement quand vous leur adressez la parole.

Certaines n’hésitent pas à s’exprimer : « vous avez des yeux super euh », « vous sentez bon m’sieur » ou encore « vous êtes trop cool hé ». Et une fois la machine en route elle ne s’arrête plus. C’est l’escalade : « Je t’aime (en français) hihihi » ou bien « Genre, tu es si séduisant que tous les autres mecs passent pour des moins que rien ». D’autres vont dessiner votre portrait… Ma réaction habituelle consiste à lever les yeux au plafond et à sourire tout en soupirant.

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Puis arrive le 14 février. Véritable institution dont nous reparlerons à l’occasion, la Saint Valentin ne fonctionne pas de la même manière qu’en France. Les femmes offrent deux types de chocolats aux hommes, selon qu’ils appartiennent au même milieu professionnel ou qu’elles éprouvent quelque chose à leur égard. Les chocolats que je reçois chaque année restent sans équivoque. Ils sont faits maison, en forme de cœur et accompagnés d’un petit message rempli de « palpitants » et d’autres dessins mignons.

Jusque là aucune ne s’est amusée à aller plus loin, Dieu merci, à l’exception d’une : une écolière de 6ème (je rappelle que l’école primaire dure un an de plus qu’en France) un peu spéciale. Pour la résumer, on peut dire qu’il s’agissait d’une Forrest Gump du style « stalker ». J’appelle « Forrest Gump » les enfants qui ne possèdent pas toutes leurs facultés mentales mais dont l’handicap léger leur permet d’assister à des cours « normaux ». Pour simplifier, elle n’appartenait pas à la catégorie de « ceux qui se mettent un verre d’eau dans l’œil à chaque fois qu’ils veulent boire » mais à celle de « ceux qui ont un grain quand même ». A chaque fois qu’elle me voyait, elle osait à peine me regarder. Après quelques mois, sa timidité disparut assez rapidement et elle commença à me rédiger des lettres d’amour. Au début cela ressemblait à « Ludo sensei, hihihi, je t’aime depuis la première fois que je t’ai vu, hihihi. Je me sens toute chose à chaque fois que tu viens dans notre école. Hihihi.». A la fin, cela prenait une tournure bien plus inquiétante : « Quand j’aurais atteint 18 ans, voudras-tu m’épouser ? Hihihi.» etc.

Je commençai à l’éviter comme la peste quand son attitude devint proche du harcèlement (d’où le mot « stalker » utilisé également en japonais et qui signifie « rôdeur » ou « harceleur »). Un jour, vers la fin de l’année scolaire, elle m’avoua : « J’ai ouvert ton placard à chaussures (voir photo), je les ai senties et ça sentait bon. ». Terrifiant, non ? D’une part, cela prouve qu’elle était prête à tout, et d’autre, qu’elle souffre de troubles graves de l’odorat.

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Publié dans Ecoles

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