フランス館
Vivre en terre étrangère a fait naître en moi un patriotisme qui n’existait pour ainsi dire pas auparavant. Loin de chanter chaque matin l’hymne national au saut du lit, la main droite sur le cœur et la larme à l’œil, je défends mes couleurs sans relâche, tout en restant rationnel, quand un Japonais me fait part le plus sérieusement du monde des idées reçues qu’il a de notre beau pays :
« Je sais que les enfants français boivent du vin tous les jours, mais combien de verres boivent-ils ? » ou « Y a-t-il de la mayonnaise en France ? » ou encore « La France c’est à côté de la Russie donc il doit y faire très froid l’hiver non ? ». Je précise que ces questions (les deux premières notamment) me sont posées régulièrement chaque année par des adultes. Notez bien que si ces derniers croient aux fantômes, cela laisse la porte ouverte à toute sorte de bêtises.
Pourtant, pour une raison qui m’échappe, il m’a fallu attendre ma troisième journée à l’Expo pour me rendre au pavillon français. J’avais privilégié jusque là les autres pays en oubliant qu’il serait bon de donner un avant goût de notre belle contrée à Naoko avant notre séjour pour les fêtes de fin d’année.
Nous attendîmes une demi-heure à l’extérieur dans une moiteur insupportable malgré la nuit tombée. Les murs du bâtiment ne proposait que des photos de personnalités à se mettre sous la dent : Monsieur l’Ambassadeur de France, le PDG de Toyota, bref une multitude dont le nom signifie plus que le visage.
J’en ressortis secoué. Parmi tous les pavillons visités, la France était celle qui avait le mieux respecté le thème de l’Expo, c’est-à-dire l’environnement. Ce film proposait une réflexion profonde sur le sujet, de manière directe, par un constat de la situation écologique mondiale et offrait les solutions à adopter pour enrayer le réchauffement de la planète sans jamais jouer la corde du « cocorico, nous sommes les meilleurs ». Chapeau bas, ce fut une très agréable surprise.