24 heures III. 15h15
15h15
Je reprends le petit train de campagne. A cette heure-ci, on n’y trouve que trois petits vieux. Plusieurs minutes plus tard, j’effectue un changement et prends place dans un express digne de ce nom.
15h35
La fatigue me tombe dessus d’un coup. J’avoue ne pas trop la ressentir à l’issue d’une journée normale de cours (ce qui n’arrive jamais dans la mauvaise école du lot) mais après avoir passé un certain temps dans un transport en commun et sachant que je n’ai pas encore dépassé la moitié du trajet, mes paupières deviennent subitement très lourdes.
15h55
Le train s’arrête à la station Truc et un flot de passagers annonçant le retour à la civilisation pénètre subitement dans la rame et me sort de la léthargie profonde qui me fait plutôt mal au cou. Sans m’en rendre compte, ma tête subit les lois de la pesanteur mais résiste bravement. Quelques moments d’absence et elle sombre en avant mais un réflexe un peu tardif la remet en place. Ce mouvement de balancier doit être assez hilarant aux yeux des usagers puisqu’il n’est pas rare que certains sourient dès que je me réveille pour de bon. Un peu hagard, je sais que je dois impérativement garder l’œil ouvert pendant les cinq minutes qui vont suivre.
16h00
Comme toujours, Il est là, fidèle au poste, le doigt pointé en avant. Je croyais qu’il montrait de l’index le train mais après avoir vu la scène de la dernière voiture, il apparaît qu’il garde la pose même après le passage de l’express. Je ne me lasse jamais de ce spectacle et c’est toujours avec beaucoup de mal que je tempère mes rires.
16h35
Je suis enfin rentré à la maison. Contrairement à l’année dernière, Naoko m’attend. Il n’y a pas à dire, c’est le meilleur moment de la journée.