Des gens et des ampoules
Comme chaque année à partir de novembre, les deux tours jumelles qui surplombent la gare centrale de Nagoya se parent de décorations pour les fêtes de fin d’année. Pendant trois années consécutives, des guirlandes de lumière égayaient les escaliers au sommet desquels on pouvait admirer un impressionnant train statique en suspension au-dessus d’un couloir de scintillements.
Le budget 2005 a semble-t-il été revu à la baisse mais le résultat n’en est pas devenu décevant pour autant. Sur la façade, apparaissent à tour de rôle, les constellations du zodiaque tandis que l’esplanade accueille des personnages illuminés : des bonhommes de neige, des oursons, des pingouins, Gaspard et Lisa (apparemment d’origine française et que l’on retrouve dispatchés sur une large gamme de produits de papeterie)… La foule de familles, de gamins et d’ossan (bardés ou non d’appareils photo dernier cri) tentait de se frayer un chemin dans l’allée centrale.
Vous n’imaginez pas à quel point il me fut délicat de prendre ces clichés. Vous avez toujours une armada de vieilles en bob prêtes à vous démettre une épaule quand elles vous bousculent, des grands-pères qui mettent trois heures pour passer devant votre objectif et des gamins qui ne remarquent pas que vous prenez une photo de votre amie en se plaçant à côté.
Un peu en retrait, on pouvait admirer une exposition en plein air d’œuvres de qualités diverses où l’éclairage jouait un rôle primordial.
Dommage que le reste de la ville n’ait pas droit à autant de faste. A quelques mètres de la gare, on croirait survoler la Corée du Nord tellement il y fait sombre.
