Happiness is
Mes parents possèdent deux créatures à quatre pattes élancées, au corps maigre sur lequel tient une tête en forme de selle à vélo, aux oreilles aussi compactes que molles et affublées d’un pif humide et d’un fouet en guise de queue. Ils appellent le tout « chien ». Les journées de ces « chiens » sont bâtis sur le même rythme : suivre dans les moindres mouvements Dieu, dormir quand Il ne bouge pas et guetter la moindre occasion de récupérer quelque chose à avaler tout rond. Dieu, c’est mon père, ce pauvre homme qui ne peut plus aller aux toilettes sans être suivi par la meute. Une fois par jour (à moins que ce ne soit deux), Il nourrit ses fanatiques de denrées faites de bonnes choses que l’on ne peut pas comprendre, nous humains. Au petit-déjeuner, Il leur confectionne une petite tartine avec du beurre et avant de dormir, leur remet un biscuit en forme d’os de bande dessinée en leur demandant de rester stoïques avant de leur donner la permission d’engloutir la friandise. Toutes ces délicatesses ne suffisent parfois pas, puisque les bêtes complotent en permanence pour subtiliser la moindre miette, le moindre aliment interdit qui se trouverait à portée de museau. Etant munis de dispositifs olfactifs de longue portée, ils n’hésitent pas à pousser le culot jusqu’à s’aventurer dans des endroits inattendus. Je me souviens du foie gras déposé dans huit assiettes pour l’entrée d’un repas avec des amis, volatilisé en un temps record par l’une des crapules prise en flagrant délit, trop tard, debout sur la table. Un autre talent qui les caractérise : la course.
Ces deux bestioles demeurent au repos parfaitement symétriques, sans doute parce qu’elles proviennent de la même portée.
Si vous vous posez encore la question, sachez que ces lévriers vivent heureux. D’ailleurs qui en douterait ? Un petit clic sur l’image pour découvrir le bonheur d’une caresse réalisée par Naoko.
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