Mais que fait la police ?
Les sentai ne peuvent pas être partout à la fois. Il faut bien de temps en temps que les forces de l’ordre les secondent pour lutter contre la criminalité. Pourtant, et je ne sais si c’est le message que désire faire passer les médias lorsqu’ils relatent un fait divers, on a l’impression que la police manque d’agents compétents et de chance. Dans la pratique, j’ai le sentiment qu’elle fait souvent mine de n’avoir rien vu.
Il n’est donc ainsi pas étonnant de voir les camions noirs de l’extrême droite vociférer leur haine par leurs haut-parleurs et gêner le trafic sans être dérangés. Les grandes berlines noires où figure un autocollant d’étendard japonais sur le pare-brise (celles des yakuza), peuvent stationner où bon leur semble etc. Si la « souplesse » des policiers s’arrêtait aux actions de la pègre, cela irait encore mais hélas ce n’est pas le cas.
Depuis presque un an, certaines rues de Nagoya ainsi que les alentours de la gare centrale ont été déclarés zone non-fumeur. Plusieurs pancartes (dont certaines annonçant la couleur, à savoir 2000 yen d’amende pour tout contrevenant), ont été placardées et on trouve plusieurs dalles au sol portant ces inscriptions. Le plus drôle c’est que sur le parvis de la gare centrale de Nagoya, se tient un petit poste de police. Six mois plus tard, on trouve toujours des fumeurs en train de terminer tranquillement leur cigarette à moins de dix mètres du poste !
Beaucoup plus grave, en début d’année, un handicapé mental sur un pont avait pris un enfant à bout de bras et l’avait fait mortellement tomber sur les rails en contrebas. Il fut arrêté et on comprit qu’il n’avait vraiment pas toute sa tête puisqu’il en était à sa cinquième récidive !
Toujours dans la série « il serait peut-être temps », quatre Brésiliens qui avaient réalisé, tenez-vous bien, 302 hold-up ont été appréhendés (deux sont toujours en cavale).
Et puis n’oublions pas la secte Aum qui se fit connaître par l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995. Le gourou et quelques autres ont été arrêtés mais la secte existe toujours. Rassurez-vous, ils sont gentils maintenant hein.
A leur décharge, il faut bien avouer que le travail des enquêteurs n’est guère facilité par la description des malfaiteurs faite par les témoins oculaires. Comme s’il s’agissait du même type depuis des années, on voit apparaître le même portrait-robot : homme de 30 à 50 ans (notez la précision), 1.70m, un survêtement noir, un bob sur la tête et un masque (du genre de ceux qu’on utilise lorsqu’on est enrhumé). Il y a quelques mois, je fus abasourdi en entendant dans les informations locales la description d’un suspect. Outre la classique panoplie, le reporter, qui se cantonnait sans doute à répéter les dires d’un témoin, avait ajouté un détail incroyable. On recherchait donc un homme de 30 à 50 ans, de 1.70m, avec un survêtement noir, un bob sur la tête et un masque, et de type « étranger » (gaikokujinppoi hito 外国人っぽい人). Je me suis longtemps posé la question (et je continue encore aujourd’hui) : comment définit-on un type étranger ? S’agit-il d’abord d’un blanc, d’un noir ou d’un asiatique non-japonais ? C’est sûr qu’avec des renseignements aussi clair, le crime va disparaître !