Dix expressions "djeunes"
L’une des rares qualités (l’unique ?) de la jeunesse nipponne réside dans son habilité à faire évoluer la langue japonaise continuellement. Si la plupart des expressions disparaissent assez rapidement, d’autres subsistent et parviennent même à être utiliser dans les médias.
Kimoi/kishoi キモい/キショい
Ultra répandus aujourd’hui, en particulier le premier, ces deux mots dérivent de l’expression kimochi warui 気持ち悪い (répugnant, écoeurant). Les lycéennes en ont fait une véritable arme verbale à l’encontre de tout être qu’elles ont décidé de mépriser de manière ponctuelle ou non.
uzai/uzee ウザい/ウゼぇ
Contraction de urusai うるさい (bruyant), on l’emploi pour faire part de son agacement vis-à-vis d’une source sonore... agaçante ou tout simplement d’une personne dont le discours énerve.
arienai ありえない
Signifiant à la base « impossible », il a pris petit à petit le sens de « j’le crois pas » ou de « c’est pas vrai ».
KY
Devenu à la mode l’année dernière, ce sont les initiales de l’expression kûki ga yomenai 空気が読めない (« qui ne comprend pas la situation », « qui ne capte rien ») et que l’on prononce à l’anglaise kay waï. Le premier ministre Taro Aso avait vite été qualifié de « double KY ». Pourquoi double ? D’abord parce qu’il ne comprenait jamais la situation actuelle et ensuite parce qu’il avait fait plusieurs bourdes monumentales de lectures de kanji (kanji ga yomenai 漢字が読めない, « qui ne sait pas lire les kanji »).
kunai くない
Ce suffixe sert de négation mais chez les jeunes, il s’apparente à « tu ne trouves pas ? » et tant pis s’il se rajoute à une négation déjà présente. Ex : oishikunakunai 美味しくなくない (« tu ne trouves pas que c’est pas bon ? »). Voir ici pour d’autres exemples.
teyukasaa/tsukasaa てゆかさあ/つかさあ
Intégrant 100% des conversations de lycéennes (et pas des lycéens), il se place en début de phrase et sert à atttirer l’attention sur ce qui va être dit. Il s’apparente à « en fait », « j’veux dire »...
yabai/yabee ヤバい/ヤベぇ
Plusieurs expressions françaises s’en rapprochent : « ça craint », « on est mal barré », etc.
zakennayo ざけんなよ
Abbréviation de fuzakennayo ふざけんなよ, je le traduirais par « arrête de jouer au con ». Il sert toujours d’entrée en matière à un début de dispute ou de bagarre.
bimyô 微妙
Je vous renvoie ici pour plus de détails.
chô 超
Complètement intégré au langage familier, il est synonyme de « super », « vachement », « trop » et se place en tête de phrase ou devant un adjectif.
Exemple : chô mukatsuku 超ムカつく (ça m’énerve trop). Il peut se coupler entre autres avec kimoi, arienai, yabai etc.
A suivre...
PS : voici les résultats de l'exercice de lecture du katakana de la semaine dernière. Il fallait lire dans l'ordre : hanbâgâ (hamburger), konpyutâ (ordinateur), herikoputâ (hélicoptère), kechappu (ketchup), wesutan (western), cherî (cerise).