La main à la pâte
Dans une précédente aventure, nous avions évoqué la cuisson et la succulence des gyoza. Ces délicatesses d’origine chinoise se trouvent dans n’importe quel supermarché, toute belle, toute prête. Or, leur apparence parfaite dans un joli emballage n’est pas le fruit du Saint Esprit. Je n’espère avoir choqué aucun lecteur avec cette révélation incroyable. Oui, les gyozas, comme les frites, le poulet grillé ou les sashimi n’existent pas à l’état naturel et ne poussent donc pas sur les arbres.
Vous l’avez compris, la recette du jour est à réserver aux experts. Il m’a fallu beaucoup de courage et de patience pour en déjouer les pièges mais grâce au concours de ma bien-aimée, veni, vidi, vici.
Commencez par réunir les ingrédients : de la chair à saucisse, du chou et du chou chinois coupés en fines tranches, des nira (mon dictionnaire définit la chose comme un « ail odorant » cousin du poireau) qui auront subi le même sort, du gingembre, du sel, du poivre, de l’huile de sésame, et de la pâte à gyoza (bonne chance pour en trouver en France, mais je suppose que de la pâte à lasagne fraîche peut faire l’affaire). Flanquez brutalement le tout dans un saladier en poussant un rire satanique. Je précise que les émotions fortes demeurent une composante essentielle de ce plat.
Si vos mains sont couvertes de verrues purulentes, faites appel à quelqu’un qui vient de se laver les mains ou bien risquez vous à la confection de gyoza surprise, une autre recette que je déconseille.
Plongez vos mimines éclatantes de propreté dans le récipient et malaxez comme un forcené. Les spécialistes recommandent plusieurs méthodes de malaxage, mais se mettent d’accord sur un point : bougez vos doigts comme un système digestif de bovin agirait sur de la nourriture, réfléchissez comme un estomac. Evitez toute pensée liée aux larves d’insectes et aux vers (sauf dans le cas des gyoza surprise).
Apres de longues minutes de massage, vous devriez obtenir une espèce de blob moucheté de verdure.
Munissez vous ensuite d’un petit verre d’eau. A l’aide d’une cuillère à café, piochez une petite boule de farce et placez la au centre d’une tranche de pâte circulaire. Trempez votre index dans le verre et humidifiez légèrement la moitié de la périphérie. Refermez l’ouvrage tout en pliant un côté sur lui-même à intervalles réguliers (tous les centimètres à peu près, de façon tellement inexplicable qu’un coup d’œil à cette photo s’avère indispensable.
Voila, il ne vous reste plus qu’à les cuire (voir ici).
Note : les gyoza surprise peuvent, quant à elle se déguster crues. Ougl décline par ailleurs toute responsabilité quant à d’éventuels problèmes gastriques liés à l’ingestion de ces dernières.