Au cou raz

Publié le par Ludo

Réjouissez vous : je vous propose, aujourd’hui encore, une recette quasiment irréalisable en France (à moins que... voir les commentaires) mais qui se dévore jusqu'à plus faim (d’où le titre). Sous des faux airs de piment vert d’une dizaine de centimètres, l’okura オクラ(qu’est-ce qu’on rigole!), ou okra ne pousse pas en Europe et tirerait ses origines d’Afrique. Sa section représente un parfait pentagone et renferme cinq petites boules blanches.

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Commencez par nettoyer ces curiosités, puis découpez les en rondelles, ou plutôt en pentagonelles, de 0.75mm d’épaisseur. La précision ça compte, munissez vous d’un pied à coulisse au besoin.

Apres quelques morceaux réalisés, vous allez remarquer la présence d’un étrange liquide visqueux sur le couteau. A moins que vous ne souffriez de sinusite chronique, cette bave épaisse demeure incolore et provient bien de l’aliment.

Précipitez le tout dans l’eau bouillante et faites mijoter quelques minutes. Placez le légume meurtri dans une petite assiette, coiffez le de katsuobushi (bonite séchée en copeaux) et couvrez le d’une rasade de sauce de soja. C’est prêt.

Dégustez à l’aide de baguettes, en vous efforçant de ne pas laisser maladroitement couler de blob sur votre bouche et votre menton, à moins que vous ne vouliez faire le coup de l’éternuement manqué ou du pervers qui salive de bonheur, à votre entourage. L’okura se mange aussi froid, de la même manière. J’en profite pour innocenter ce plat, fruit de moqueries faciles et totalement fausses dont la plus célèbre reste souvent mal racontée. Voici donc la véritable histoire :

« Un lapin aveugle se promène dans la forêt. Un serpent aveugle fait de même à quelques mètres de là. Ils se rapprochent l’un de l’autre et se percutent violemment. Ignorant ce que l’un et l’autre ont bousculé, ils décident d’en avoir le cœur net. Le serpent se love autour du lapin et après quelques secondes lui dit : « voyons, tu as de petites pattes, de longues incisives et de grandes oreilles… Tu es un lapin ». Le rongeur commence alors à tâter le reptile : « tu es froid, tu es visqueux, tu n’as pas de couilles… Tu es un énarque (NDOugl : et pas un okura)! ».

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